70 troubles primaires · Texte de julespeter dorval

60. Troubles d’identité

Manuscrit · pages 62–64

60. Troubles d’identité

Le principal défi de l’AS réside dans l'absence d'une identité propre, clairement définie et référencée, qui donnerait à chaque information un sens et une place. La majorité des AS évitent de fixer le visage, car cela impliquerait d'entrer dans un espace intime qu'ils préfèrent ne pas franchir, bien qu'une minorité le fasse malgré tout. De plus, l’AS interprète mal les expressions faciales et les retient très peu, car tous ces visages lui sont inconnus : il ne s'investit pas et les oublie aussitôt. En conclusion, bien que l’AS capte une multitude d’informations, leur gestion demeure complexe, et peu d’AS parviennent à construire une identité propre et à optimiser la communication.

L'identité, un vrai problème pour l’AS,

Exemples :

Le type de question qui ne fonctionne pas pour l'AS :

« Qu'en penses-tu ? » (l'AS ne donne généralement pas de réponse) « Que veux-tu ? » ne convient pas pour l’AS, car l’AS ne se sent pas concernée par le concept allestique d'identité. Ces questions doivent être reformulées de manière ouverte, non liée à l’identité. Par exemple : « Quel est le meilleur repas, la meilleure destination, la meilleure musique du moment ? » Le tutoiement est à proscrire si l’on souhaite instaurer un véritable dialogue.

Source : Véra Helleman

Le refuge de l’AS

L’identité de l’AS se situe dans ses passions : elles sont son refuge, son point fixe, son but et son échappatoire. « Je suis la somme de mes passions, je suis le désir de connaissance de mon cœur et de ma tête. » Certaines passions sont éphémères, tandis que d’autres perdurent, parfois toute une vie.

La construction de l’identité des allistiques est différente. Elle repose sur une série d’automatismes liés à des opinions, des convictions, à des projections d’images de soi ainsi qu’à des émotions et des souvenirs, le tout se répétant selon les circonstances. On y trouve également des centres de pensée communs, ainsi que des attitudes et des mimiques d’adaptation aux situations.

L’AS, en revanche, n’est pas doté de ces automatismes. Ses atouts majeurs résident dans sa capacité à produire des pensées originales et autonomes, ainsi qu’à créer de manière inédite. Une identité AS, si tant est qu’elle existe, se caractérise alors par son originalité et son autonomie. Pour illustrer ce propos, citons Jacob Barnett…

Jacob Barnett (AS) :

« Oublie ce que tu sais déjà, regarde les choses de ta perspective unique, arrête d’apprendre, ne cesse de penser, suis tes passions et crée quelque chose. »

Dans sa jeunesse, son extrême attention aux détails freinait l’apprentissage de Jacob : il éprouvait de lourdes difficultés à communiquer et même à fonctionner normalement. Il a été inscrit à l'université d'Indiana à l'âge de 10 ans, sans passer par l'école, ayant réussi à intégrer la grande majorité du programme de mathématiques de son institution en seulement deux semaines.