Manuscrit complet · 268 pages

Observations du cœur et de l’Esprit
au travers du Quantum Spectre

Lecture continue · Texte de julespeter dorval

LIVRE différent

Observations du cœur et de l’Esprit au travers du Quantum Spectre

hypersensibilité, autisme, dyslexie, dyspraxie, syndrome de Gilles de la Tourette, bipolarité, TDAH (trouble d’attention avec hyperactivité).

Liste des troubles du spectre autistique Un

hommage à l'autonomie AS

« Tu dois devenir l'homme que tu es. » Fais ce que toi seul peux faire. « Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même. » Friedrich Nietzsche, AS lui aussi.

« Oublie ce que tu sais déjà, regarde les choses de ton unique perspective, arrête d’apprendre dans le système, suis tes passions, crée quelque chose (deviens autonome). » Ce que Jacob Barnett, mathématicien et astrophysicien américain, a dit à l'âge de 11 ans (TED talks), AS lui aussi.

« Ne plus devenir, tu es depuis longtemps déjà. » Elisa Mijn, sur notre faire-part de mariage, pour notre famille AS, il y a longtemps déjà.

La part la plus importante de ton être t’attend depuis l'éternité. Pour la rencontrer, il faut juste faire le pas. » Julespeter

Quelques indications positives sur l’AS/ASD

1. Hyperconcentration

2. Capacités analytiques hors normes

3. Comprends la société dans sa globalité.

4. Hyperintelligence

5. Tunnel focusing (concentration en excluant le superflu)

6. Souvent doté de la musicalité

7. Très doué pour les chiffres et les maths.

8. Polyglotte, capacité d’apprendre plusieurs langues.

9. Capacité linguistique

10. Excellent gestionnaire et logisticien,

11. Très doué pour l'informatique.

12. Cuisinier hors normes (les AS ont les papilles + l’envie d’inventer)

13. Excellent en présentation (conférencier).

14. Des bons acteurs/bonnes actrices

15. Musiciens, compositeurs

16. Chorégraphes

17. Vision ergonomique hors normes

18. Excellent Trouble Shooter (savoir solutionner des problèmes).

19. Maîtrise des multiples techniques avec finesse.

20. Cuisiniers, pâtissiers hors pair

21. Extra en sciences

22. Management

Les troubles du spectre

1. Dépression

2. Cycles d’insomnie

3. Hypersensibilité

4. Manque de concentration

5. Épuisement

6. Isolement

7. Stress

8. Tachycardie, arythmie cardiaque

9. Bowel syndrome

10. Hyperintelligence / impatience / ennui

11. Dysfonctionnement mental

12. Problèmes nerveux

13. Déséquilibre des neurotransmetteurs…

14. Problèmes atypiques des hauts potentiels

15. Comportement psychopathique (voire asocial, égocentrique)

16. Vampirisme énergétique

17. Troubles de volition (application de la volonté dans des gestes)

18. Apragmatisme dans certaines situations

19. Compulsions obsessionnelles

20. Troubles de la pensée

21. Idées obsessionnelles et envahissantes

22. Cycles obsessionnels

23. Méfiance, schizophrénie positive

24. Troubles de la perception

25. Une perception différente de la norme

26. Déréalisation

27. Misophonie

28. Troubles de la communication

29. Troubles de la forme et du contenu du langage

30. Logorrhée

31. Préciosité

32. Troubles fonctionnels

33. Mutisme

34. Repli autistique

35. Troubles du comportement

36. Agitation

37. Comportements phobiques

38. Troubles de l'humeur

39. État de dépression régulière

40. Euphoria

41. Troubles d’humeur, états de perturbation, excitation, dépression.

42. Troubles de la vigilance

43. Légère diminution permanente de la vigilance

44. Troubles émotionnels et affectifs

45. Anxiété, angoisse

46. Doute

47. Indifférence affective

48. Discordance affective

49. Troubles modérés

50. Anxiété ou crises d’angoisse maîtrisées mais néfastes pour la concentration

51. Irritabilité

52. Agoraphobie

53. Troubles de gestion d’information

54. Troubles de gestion d’information sur d’autres personnes

55. Troubles de gestion d’information sur soi-même

56. Troubles de gestion d’information non sociale

57. Déficits des compétences sociales

58. Déficits dans les activités de la vie quotidienne

59. L'alexithymie

60. Troubles d’identité

61. Troubles de la personnalité

62. Troubles obsessionnels

63. Troubles de l'hyperconcentration

64. Troubles de perception corporelle

65. Troubles alimentaires

66. Conséquences des produits contenant du gluten

67. Conséquences du sucre

68. Conséquences des produits laitiers

69. Rejets de certaines textures

70. Rejets de l’amertume et des aliments riches en soufre et en minéraux

Désordres du traitement temporo-spatial : 27 troubles spécifiques

Le DTTS est considéré comme des désordres neuropsychologiques précoces et nodaux, desquels résultent en cascade de nombreux maux développementaux, c’est-à-dire les manifestations comportementales, motrices et cognitives des personnes autistes. Source : Bruno Gepner

1. Désordres de traitement de mouvement visuel

2. Désordres de perception des mouvements labiaux (les mouvements des lèvres)

3. Désordres perceptifs des émotions faciales/corporelles

4. Déficit d’empathisation

5. Malvoyance de l’E-motion

6. Cécité mentale (zones d'aveuglement mental)

7. Dysfonction exécutive et désordres moteurs (volition)

8. Désordres d'intégration visuo-motrice

9. Désordres proprioceptifs visuels (la perception de son corps et des objets dans l’espace)

10. Désordres de cognition (le non-enregistrement de perception, mémorisation, raisonnement, émotions : origine physiologique/neurologique)

11. Déficits imitatives

12. Ralentissement du traitement sensori-moteur et cognitif

13. Troubles du langage

14. Déficit d'anticipation motrice (volition)

15. Déficits de représentation d’un modèle interne

16. Déficit de traitement du flux proprioceptif (ne pas enregistrer les informations de son corps et de ses mouvements dans l’espace)

17. Déficit d’attention conjointe (l’observation non synthétisée des situations)

18. Désordres du contact oculaire

19. Déficit de détection de la direction de regard

20. Déficit de perception des mouvements oculaires

21. Attention statique sur-focalisée (déconnection oculaire)

22. Perception locale accrue

23. Faiblesse de cohérence centrale

24. Capacités graphiques et mémoire spatiale accrues

25. Désordres de catégorisation des phonèmes

Mention complémentaire : Déficit du traitement du flux verbal

26. Hallucinations

27. Discours désorganisé

Désordres psychotiques de courte durée, 1 à 3 jours observés chez des AS :

1. Schizophrénie

2. Bipolarité

3. Névroses

4. Psychose

5. Dépression psychotique

6. Idées délirantes

7. Troubles de la personnalité

ASD Description des troubles du spectre autistique

1. Dépression

L’enfant est parfait, mais son parcours dans le monde est difficile.

Je pars du principe qu’un enfant AS venu au monde est parfait, mais différent de la norme. Théoriquement, dit-il, “si l’environnement réagit bien et l’accompagne bien”, au bout de 18 ans un être humain complet et harmonieux est prêt pour la vie. Il y a un compas incorporé en lui qui l’amène au bon port ; seul le mauvais temps et trop d’obstacles le font dériver de plus en plus loin de ce cap d’un bel être plein de potentiel. Un bel exemple d’un parcours qui fonctionne est Iris Grace : “La petite fille qui s'ouvre au monde grâce à un chat”. Les parents ont trouvé la meilleure manière de l’accompagner. Un livre à lire pour les parents des AS.

Quand notre "enfant autiste de cœur" déprime

(AS = autisme spectre)

L'environnement sociétal n'est pas conçu pour accueillir les personnes atteintes d'autisme, les parents se retrouvent souvent démunis quant à la manière de gérer la situation, le système éducatif n'est pas ajusté et le cadre environnant peut générer du stress chez l'enfant.

Dans de nombreux cas, l'enfant est traumatisé et isolé. Je ne dis pas que le système est responsable, simplement que la manière de faire actuelle n'est pas adaptée pour les personnes autistes et que le résultat est souvent désastreux. Des mots un peu forts peut-être pour vous, mais vous allez progressivement prendre conscience d'une réalité différente et trouver des solutions pour changer cela.

Selon le schéma Figure 1.1.01 de Valérie Gaus, Ph. D. (et psychologue clinicienne à New York), une série d'éléments amènent l'enfant et aussi l'adulte étape par étape vers l'anxiété et la dépression.

Figure du manuscrit, page 10.
Figure originale · page 10

figure 1.1.01 Cognitive-Behavioral Therapy for Adults with Autism Spectrum Valerie Gaus, PhD, novembre 2018.

Ce jour-là, il rentra chez lui, le cœur lourd et l'esprit embrouillé. En classe, il se sentait mal à l'aise, incapable de répondre avec justesse aux questions du professeur, tandis que les rires fusaient autour de lui. Dans sa tête, il errait ailleurs, et sa réponse s’avérait complètement décalée, malgré une parfaite connaissance du sujet. Un voile gris sembla s’abattre sur lui, étouffant toute envie, dans le cadre d’un quotidien où cette situation se répétait inlassablement. Les moqueries et les brimades de ses camarades devenaient insupportables, tandis que le vacarme, les odeurs et la multitude d’impressions l’empêchaient de se concentrer. Chaque matin, il se rendait en classe avec une boule au ventre. Depuis bien trop longtemps, il ne parvenait plus à trouver le sommeil ni à éclaircir ses pensées. Se réfugier dans sa bulle devenait un combat, et il n’aspirait qu’à fuir, à échapper à ce sentiment d’impuissance, à courir sans jamais se retourner, à mettre un terme définitif à cette souffrance.

Le schéma de Valérie Gaus illustre globalement le dysfonctionnement dans la gestion et l’interprétation des informations, c’est-à-dire un processus qui déraille. À chaque étape de la vie, l’impact sur l’AS varie, mais au final, le résultat reste identique : la dépression et l’anxiété s’installent.

On observe également l’influence de facteurs physiologiques et génétiques. Ainsi, je distingue plusieurs formes de dépression : la dépression sociale, la dépression physiologique, la dépression digestive, ainsi que la dépression innée et génétique.

On retrouve par ailleurs la dépression liée au métabolisme et à la digestion, la dépression cyclique résultant de l’épuisement et d’un manque d’exposition à la lumière, et enfin la dépression sociale associée aux circonstances. Les facteurs étant multiples, nous allons définir les principes de base et proposer quelques solutions.

La comorbidité

La combinaison de troubles génère des réactions spécifiques qui s'exacerbent mutuellement. De multiples manifestations apparaissent, nécessitant des soins et une attention particulière. La classification des symptômes en psychiatrie et en psychologie s'avère parfois complexe.

Le besoin de notre AS de rester dans sa bulle est souvent associé à un comportement obsessionnel. Celui-ci se traduit par un engouement pour les jeux vidéo, des activités répétitives, une lecture excessive et diverses addictions, menant à l'épuisement. Par ailleurs, la surconsommation de nourriture, de sucre et de produits industriels, le manque de sommeil, les problèmes de concentration et l'irritabilité dans les interactions sociales peuvent conduire à la dépression.

Il est essentiel de noter que la comorbidité – c’est-à-dire la présence simultanée de plusieurs troubles mentaux ou physiques – peut rendre plus complexes le diagnostic et le traitement des troubles psychiques.

Dans le cas de l'autisme, il n'est pas rare que se manifestent des troubles tels que la dépression, l'anxiété et des comportements obsessionnels.

Selon le Dr Bruno Donatini, spécialiste reconnu de l’intestin, la dépression et l'anxiété peuvent altérer la flore digestive, entraînant ainsi une malabsorption intestinale et des dysbioses, c'est-à-dire un déséquilibre de la biodiversité de la flore intestinale. Ce déséquilibre se traduit par une diminution des bactéries bénéfiques et une prolifération de celles qui sont nuisibles, ce qui peut favoriser l'apparition de syndromes dépressifs. Il apparaît donc primordial que les personnes autistes apprennent à gérer et à maîtriser leur dépression ainsi que leur anxiété afin d'améliorer leur qualité de vie.

Méthodes

Développer la volonté dans tous ses aspects (psychosynthèse, Roberto Assagioli et Piero Ferrucci) pour tenir bon et s'en sortir.

Apprendre

La méditation pour se connecter à son intuition, pour trouver le calme. La respiration technique (pranayama) pour stabiliser le flux d’énergie dans son corps. Le yoga, la salutation au soleil, pour trouver des repères dans son mental et son corps.

Fixer des buts dans la vie

Apprendre à assumer toute forme d'obstacles, même les plus difficiles, se transformer au service des autres et des proches, et trouver ainsi le Dharma, tout en organisant des buts dans la vie et en créant une chaîne de valeurs. Source : Dr K. (Alok Kanojia), Healthy Gamer, psychiatre et addictologue. Travaillant dans Harvard Medical School, McLean Hospital and Massachusetts General Hospital et aussi directement en ligne sur Twitch channel, son projet de santé mentale touche actuellement plus de 200 000 personnes.

Plantes médicinales : le safran et le millepertuis (prudence avec l’interférence avec d’autres médicaments), l’ashwagandha et la curcumine. Le dosage adapté à la personne et au moment est la clé du succès.

Dans les pays où c’est légal, la psilocybine en microdose est un bon remède de choc pour la dépression grave (aussi un bon remède contre diverses addictions), car « l'abus des substances est très connu chez les AS » pour échapper à la dépression et à l'anxiété.

2. Cycles d’insomnie

Il n’a jamais bien dormi. Quand il était encore bébé, son père l’avait bercé pendant des heures en faisant des danses indiennes : « hahi héhéhé, héhéhé », toute la nuit jusqu'à l'épuisement des parents, mais au moins il ne criait pas. Plus tard, quand il était plus âgé, dès 4 ans, le sommeil devenait un facteur important pour arriver trop tard en classe, un facteur important pour être mal vu à l'école : « les profs n'étaient pas contents du tout », ils ne comprenaient pas, Pas de justification, pas de réaction agréable du côté des profs. Pour rester en bons termes, les parents étaient obligés d’inventer toutes sortes d’excuses, ce qui a beaucoup aidé : ‘l’élève était brillant’.

L’insomnie a perduré, est devenue une des causes principales d’un vrai handicap, la mélatonine l’a aidée, par moment “beaucoup”, mais à d’autres moments, c’était le stress, l’énervement des jeux vidéo et l'anxiété qui ont gagné et le sommeil ne venait pas. Après trois jours de surveillance à l'hôpital par des spécialistes, ils ont conclu : tout est normal, il n'y a aucun problème pour rentrer chez soi ! Merci ! « Cela pourrait également vous arriver, restez fort. » Il y a des méthodes qui fonctionnent et, après tout, ça va mieux en partant de 18 ans et sinon : “hahi héhé, hahi héhé”.

Quelques idées pour mieux dormir :

Le sport intensif, la diététique adaptée, manger dans un cycle raccourci, ne pas manger après 18 h, la lumière filtrée dans les écrans LED après 19 h, des lampes plus douces sans UV, des sons de la nature dans la chambre à coucher la nuit : de l'eau qui coule, le vent dans les feuilles, etc. Créer une nette différence jour/nuit avec la lumière.

Une couette alourdie avec des billes de verre, qui est une solution psychiatrique permettant de maintenir le corps, a été mise au point par Temple Grandin, une scientifique américaine autiste.

Produits naturels : la mélatonine (le dosage est très important).

3. Hypersensibilité

L’hypersensibilité connaît différents niveaux chez l’AS.

Le niveau un :

La plus connue est celle des sens très développés. La description la plus facile est de parler d'une sensibilité “hors normes”. Il y a des conséquences positives et négatives. Vous pouvez vous l'imaginer. positifs : des observations intenses sont possibles, des sensations fortes et très fines, tous les sens sont tellement sensibles que ça nous amène à des dimensions inconnues, l’écoute des sons environnementaux avec tous ces sens. Le négatif : être bombardé et envahi par des sons, des odeurs, la lumière, des textures, des goûts trop forts. L’AS a souvent l’obligation de porter des protections, des lunettes, un casque antibruit, des habits doux, spéciaux, près du corps pour régulariser la température (un sujet très compliqué). Entendre des conversations très loin dans la maison, les suivre mot par mot, entendre des petits bruits, le craquement du plancher deux pièces plus loin, entendre tout micro-bruit que les autres font avec la bouche, ça peut terminer dans une « misophonie », s’énerver et sentir la haine et la colère monter, hors de proportion.

J'ai entendu le son de battements d'ailes d’une luciole et le crépitement des pattes d'une fourmi qui monte dans un arbre.

C’est la gestion d’information sonore et l'ultraconcentration, discerner des choses indétectables pour l’oreille normale, qui rendent l’AS exceptionnel.

« Un jour, quand il regardait le ciel étoilé, l’impression des profondeurs de l’univers dans toutes ses dimensions et mouvements rentrait en lui par tous ses sens et dans sa conscience et il se sentait un avec l'univers. » Il n'avait que 7 ans. »

Le deuxième niveau :

sentir les émotions des autres, être enveloppé et débordé par les émotions, désirs, frustrations, affects et humeurs des autres. Lire l’inconscient des autres, les strates des rêves des autres.

Il avait une façon plutôt scientifique de voir les choses ; au collège, c'était les mathématiques et les sciences d’ingénieur qui le branchaient vraiment. Que faire avec tous ces sentiments et émotions des autres qui lui rentraient dedans ? Ça n'avait pas trouvé sa place dans son univers. Il lisait les problématiques émotionnelles de presque tous ses profs sur leurs visages. Il les sentait sur sa peau et partout comme une pollution des sens. « Rien à faire avec ce bordel d’impressions et d’informations envahissantes », il préférait encore ne pas regarder du tout, ne rien savoir, ne pas les connaître et claquer la porte, s'enfuir, effacer, oublier, jeter toutes ces impressions dans le puits le plus profond. »

Le troisième niveau :

Le troisième niveau est mental, impliquant la capacité de lire et de sentir des pensées ainsi que des intentions.

Un foutu paquet d’informations qui occupe l’espace de vie de l’AS et qu’il n’arrive pas à gérer. Parce qu'il doit d’abord penser et sentir ses propres pensées et émotions avant de donner une place aux images et aux nuages mentaux des autres, d’en sortir des données correctes.

Les pensées des autres étaient troublantes pour lui, mettaient ses propres pensées en péril, un débordement d’opinions, de visions, d'idées floues. « Si simplement ils pouvaient penser un peu plus clair, plus organisé et précis, ça aurait causé moins de troubles, mais pas ce bouilli de pensées qui allait dans tous les sens, comme une discussion interrompue par des paroles sans raison… » Si difficile de se concentrer, d’avoir ses propres pensées au clair.

4. Manque de concentration

Pour avoir une tête dégagée, il faut des circonstances adaptées, mais surtout avoir assez d'énergie. Si ton énergie est absorbée par des facteurs forts et dérangeants, l’énergie est déjà consommée. Les facteurs dérangeants principaux : l'anxiété, les bruits, le stress, la dépression, la gestion d’information intérieure et extérieure, le stress, la gestion d’information sociale.

5. Épuisement

L'épuisement est fréquent, la manière de fonctionner du cerveau de l'AS et DU TDAH est particulière. Ça ressemble à un ordinateur qui tourne à 3000 tours par minute. Le moteur chauffe et utilise beaucoup de carburant, la tête devient très chaude au niveau du cortex en haut et à l'arrière du crâne. Le système nerveux est sollicité au maximum en raison de l'excès d'impressions, du bruit, de la gestion des complications sociales et de la façon obsessionnelle de traiter les sujets et centres d'intérêt, ce qui coûte trop d'énergie ; par conséquent, le métabolisme, ainsi que la gestion et la transformation des carburants en énergie, sont incapables de répondre à cette demande.

Conseil : un autre rythme de vie avec plus de repos et une nourriture adaptée sont d’un grand besoin ; il faut éviter les sucres, les aliments industriels et le gluten. Plus de Le régime alimentaire se compose d'un tiers de protéines végétales, d'un tiers de légumes et de fruits, et d'un tiers de féculents. Du yoga pour la circulation, ça peut commencer très jeune : la respiration et la méditation pour rééquilibrer corps et esprit.

6. Isolement

L’isolement est une conséquence d’exclusion par la société et de manque de références sociales avec l’entourage. Ce qui est différent dans l’AS devient un vrai handicap qu’on peut décrire comme un trouble envahissant, car ça s'installe étape par étape et le contact social devient quasi impossible. L'AS souffre de cette solitude. Les difficultés sociales sont un stéréotype des AS que je peux confirmer pour une fois. Ça devient de plus en plus difficile d’aller vers les autres quand les traumatismes des communications ratées s’entassent. Dans certains cas, ça ressemble au hikikomori des Japonais : l'AS s'enferme dans sa chambre, ne sort plus, quelquefois un membre de la famille est accepté pour amener de la nourriture.

Sortir d’isolement et reprendre des contacts sociaux contre le courant des angoisses, trouver des centres d'intérêt communs avec les autres, et progressivement, construire à nouveau la confiance. La thérapie comportementale (TCC) est une aide précieuse, mais il vaut mieux trouver une thérapeute à laquelle on peut faire confiance et avec qui on s'entend bien.

7. Stress

Le stress a de multiples facteurs qui provoquent un état augmenté de vigilance et qui réduisent l’expression d’un nombre de signaux positifs et négatifs. C’est un état modifié de conscience (EMC) de l'hyperconcentration. Pour certains, ça stimule la créativité, l'intuition pratique, la force corporelle et la force de volonté, mais ça a un prix en énergie.

J'ai connu quelqu'un, un AS qui carburait au stress dans toutes sortes de domaines, le matin quand il se levait et que l'angoisse le prenait au ventre. Toutes les hormones nécessaires pour un bon état de stress commençaient à être distribuées. Il devenait Superman. Ça lui permettait de prendre sa douche en vitesse, de déjeuner, de conduire très vite au travail, d'accomplir des tâches énormes, d’être créative, productive et de diriger son entreprise simultanément que de faire plein d’autres choses. Au moment où il était dans une sorte de transe de bonheur, son stress était nourri par l'ocytocine ; au moment où ça allait mal psychologiquement, son stress était alimenté par l'adrénaline. Il était rarement malade, car son système immunitaire était boosté par l’ocytocine et l'adrénaline. Il était très fort, très rapide et très costaud, obsessif et concentré, mais finalement, l'adrénaline a pris le dessus ; sur le long terme, l'adrénaline n'est pas bénéfique, et le stress, associé à d'autres troubles de l'autisme, lui a coûté des années de sa vie. La leçon, c'est qu'il faut beaucoup apprendre quand nous sommes AS pour trouver l’équilibre.

8. Tachycardie, arythmie cardiaque

Avec une sensibilité accrue, l'AS perçoit rapidement le fonctionnement de différents organes. Il en ressent l'activité, notamment celle du cœur, du foie, des reins et de l'estomac. Il fait également beaucoup plus d'observations. Cela peut rapidement provoquer des arythmies cardiaques et susciter beaucoup d'angoisse. Finalement, ça passe.

9. Bowel-syndrome, intestins

Il y a diverses raisons pour lesquelles le syndrome du côlon irritable (Bowel) est un facteur très présent dans la vie d’un AS : la tête et l'intestin sont directement liés et ont une influence cruciale l’un sur l’autre. La dysfonction de l’intestin, y compris sa flore, ses parois poreuses, le taux des cytokines, la production des neurotransmetteurs, l’évacuation des toxines et le fonctionnement des mitochondries, est essentielle à comprendre. Les intestins ont un rôle central dans divers aspects physiologiques de l’AS, l’autisme tout court. Un dysfonctionnement de l'intestin entraîne une irritation ; il est donc essentiel d'apprendre à le soigner en respectant les do's and don'ts de la diététique pour le soutenir.

Glycémie

Pour équilibrer la glycémie, il est recommandé de consommer moins de blé et de fruits en fin de journée, de réduire le gluten et le lactose, d'augmenter la consommation de légumes (ce qui peut être compliqué avec l’autisme) et de privilégier de meilleures protéines. Tout en bio, éviter les bonbons et la nourriture industrielle. Préparer soi-même les repas de préférence.

Le gluten et l’AS

Le gluten est une bombe de glucosides qui provoque une surdose d'insuline et a pour effet d'ouvrir les parois des intestins. Une des conséquences est des troubles de développement ; ceci n’est pour l’instant pas encore très connu. Dans le cas des troubles du spectre autistique, il est recommandé d'adopter un régime sans gluten, sans lactose, sans caséine, tout en supplémentant le lait végétal avec du calcium et du magnésium. Ce régime a pour effet de réduire considérablement ces troubles. Tout produit inflammatoire (pour les intestins) doit être évité !

L'intestin doit être mis en état avant d'avoir des résultats. Il y a suffisamment de témoignages en France qui pointent vers cette piste. Des témoins citent des traitements complémentaires, quelquefois une cure d'antibiotiques ciblée pour l'intestin, d'autres, des injections de vitamine B12.

Nathalie Champoux a écrit deux livres sur ce sujet : le 1ᵉʳ est un livre de recettes (Santé, le guide pour toute la famille) et le livret (Être ou ne plus être autiste).

Les intestins sont la clé et la caisse de résonance du cerveau.

Le système "glymphatique" (la connexion lymphatique entre cerveau et intestins) doit être désintoxiqué, et c'est également le cas pour les intestins.

Les intestins sont l'endroit où la sérotonine et la dopamine sont produites. Des recherches scientifiques à l’université de Virginie a prouvé que c’est la clé pour réduire des troubles mentaux (aussi connus en médecine ayurvédique).

Pendant le sommeil, de nombreux processus de désintoxication se déroulent et des neurotransmetteurs sont produits. Même la position du corps durant le sommeil est importante pour une désintoxication plus efficace : 25 % de personnes dorment sur le côté plutôt que sur le dos ou le ventre.

Chaque matin, il se levait à 7 heures pour se rendre au collège. Son anxiété sociale l'empêchait de voir l'école comme un lieu accueillant d'apprentissage, alors même qu'il aimait découvrir de nouvelles choses et qu'il figurait parmi les meilleurs de sa classe. Avant même qu'il puisse se diriger vers les toilettes, les crampes commençaient déjà à le tourmenter. Dès qu'il prenait place dans ces lieux, tout se bloquait : rien ne pouvait être fait, c'était fini, fichu, fini. Il ne pouvait être à l'heure et l'idée de passer une journée entière avec ces douleurs lui était insupportable. Hélas, les toilettes de l'école étaient devenues le théâtre d'un véritable terrorisme social : un autre camarade s'était déjà retrouvé, la tête plongée dans la cuvette par les petits démons de la classe, et des livres y avaient été jetés avant que la chasse ne soit tirée. Ainsi, il n'arrivait qu'après 11 heures du matin, et presque chaque jour, ses parents se retrouvaient dans un désarroi complet.

10. Hyperintelligence / impatience / ennui / dégoût

Nous avons assez vite compris que, quand nous sommes normaux, avec un QI d'environ '90', la société nous accepte et tout se passe relativement bien, mais dès que nous sommes plus intelligents, disons avec un QI de '130'', nous sommes perçus comme des extraterrestres. Ne me parle pas de celles qui font sauter tous les paramètres.

Le QI et le QE se développent naturellement quand nous sommes curieux. Ainsi, on lit beaucoup de livres de toute sorte, car on observe beaucoup la société et son fonctionnement, car on s'intéresse à la philosophie, à l'art, à la musique, au physique, à la chimie et même au sport, car nous avons une envie naturelle de communiquer et d'apprendre des langues, car les mots et les jeux de mots nous font jouir, surtout car nous commençons à voir des structures dans différentes langues.

Les choses se compliquent dès lors que, dès notre plus tendre enfance, notre intuition, notre intelligence et notre esprit de déduction nous révèlent les mystères de la vie et de la société. Tout devient alors limpide, et les mensonges, qu'ils soient insignifiants ou colossaux, finissent par nous répugner sans cesse. Nous en venons ainsi à nous détourner du monde.

11. Dysfonctionnement mental

Le cerveau peut être dysfonctionnel quand le système biochimique est perturbé. En termes scientifiques, nous dirons que des désordres du traitement temporo-spatial (DTTS) sont arrivés. Il faut bien comprendre que beaucoup de ces désordres ont à faire avec le temps et l’espace dans lesquels nous faisons des observations et qui sont mal interprétés. Je donnerai ici quelques exemples et plus loin je donnerai la description de toute la liste de 27 désordres que j’ai observée chez des AS. Un article dans Cairn info de Bruno Gepner de l’université d'Aix-en-Provence m'a aidé à achever ces observations.

Quelques exemples : désordres de traitement de mouvement visuel, perception des mouvements labiaux (les mouvements des lèvres), des émotions faciales/corporelles. Là, nous sommes déjà bien dans la problématique de l’ASD.

Désordres proprioceptifs visuels (la perception de son corps et des objets dans l’espace). Désordres de cognition (le non-enregistrement de perception, mémorisation, raisonnement, émotions : origine physiologique/neurologique). Désordres du contact oculaire et discours désorganisé.

Ce n’est pas toujours quelque chose de durable, ça peut être de courte durée.

Je présente ici un exemple récent en neurobiologie. Le mythe selon lequel la dopamine ne procurerait du plaisir qu’après un effort est aujourd’hui l’objet de nombreux débats. Grâce à l’attention soutenue des chercheurs, un nouveau rôle de cette molécule a été révélé. En effet, la dopamine enregistre les événements survenant dans le cerveau et opère un tri au moment Il existe de cet enregistrement. Dans le cadre de l’autisme, ce mécanisme pourrait engendrer divers troubles, tels que l’enregistrement d’informations erronées, de mauvaises interprétations, voire l’apparition de symptômes de schizophrénie positive. Ce phénomène pourrait également être lié à d’autres dysfonctionnements répertoriés dans le DTTS. Néanmoins, les observations montrent que cet effet n’est heureusement pas définitif.

12. Problèmes nerveux

Le système nerveux est extrêmement sensible chez les AS. La fatigue, le surmenage ne font pas du bien. Il faut aussi nommer les médicaments neuroleptiques, les anxiolytiques et toutes sortes de somnifères, des calmants et des stimulateurs qui ont une incidence sur le système nerveux sous la peau. L’AS peut complètement être déstabilisé et faire des crises nerveuses graves même avec des médicaments antihistaminiques. Réfléchissez avant de prendre ou de prescrire des médicaments à un AS, les solutions se trouvent plutôt dans des techniques psychothérapeutiques. Le sevrage des médicaments peut durer plus d’un an ou même deux.

13. Déséquilibre des neurotransmetteurs

Nous avons observé depuis une dizaine d’années les troubles causés par la distribution et la réception des neurotransmetteurs. D'abord, nous avons pris connaissance des données de neurosciences pour comprendre la vision. Cette approche scientifique actuelle et évolutive vise à la comparer avec notre réalité familiale 24 heures sur 24.

Beaucoup d’AS ont des systèmes métaboliques en déséquilibre cyclique : la thyroïde, le système immunitaire, le système digestif, le système neuronal. Les niveaux hormonaux sont en désordre permanent, provoquant divers troubles.

Une des conséquences, une distribution perturbée de

● Sérotonine

● Noradrénaline

● Inhibiteurs (comme le GABA)

● Dopamine (régule, entre autres, l'émotion, les réactions au stress, le sommeil, l'appétit)

● Mélatonine (sommeil, système immunitaire)

● Les cytokines actives dans le système digestif

● l'adrénaline (donne le punch, mais aussi de l’agressivité), une vision limitée des choses (système de défense naturel) ;

● Le cortisol (l’hormone du stress qui stabilise des réactions intenses Le cortisol, l’hormone du stress qui stabilise des réactions intenses au niveau des sens, nous empêche de dormir pour rester vigilants. Une des origines du manque de sommeil.

14. Problèmes atypiques chez les hauts potentiels (zèbres)

Les hauts potentiels ont un mental très performant qui est mis en avant dans leur développement émotionnel et social. Ceci donne des champs de tension, des frustrations et des affects. Dans leur jeunesse, les AS sont souvent confondus avec des hauts potentiels ou des zèbres, car ils partagent de nombreuses caractéristiques communes. Comme chez les AS, l’identité du zèbre est un problème authentique. “Qui suis-je ?” Ces enfants se retrouvent régulièrement à sauter des classes et sont entourés d'enfants plus matures au niveau émotionnel/social. Le manque d’identité, illustré par la question « qui suis-je ? », semble être l'une des origines du problème, comme le fait d'être différent qui suscite des instincts de rejet chez les allistiques. En fin de compte, quand les autres se construisent leur identité, le zèbre ne peut pas suffisamment investir dans son identité ni lister des références pertinentes. Le cerveau du zèbre est arborescent et fonctionne avec des images. Une fois ce mode de fonctionnement bien compris, il devient un atout pour structurer ses idées, faciliter l’apprentissage, fixer des objectifs et fonder son monde sur des valeurs.

Personnellement, je ne crois pas à la construction d’identité en faisant des tests IQ. Je crois qu’il faut grandir en se fixant des objectifs et en créant des valeurs, c’est un travail, surmonter des obstacles, développer sa volonté, du « bon vouloir », la bienveillance, et trouver confiance dans la communauté des zèbres et des AS en étudiant les qualités spécifiques.

15. Comportement psychopathique (perçu comme asocial, égocentrique)

Les enfants désignés par les termes « AS » et « zèbre » sont souvent perçus comme nombrilistes et égocentriques. Je n’avais jamais observé d’enfants présentant une telle intensité de concentration et des obsessions aussi marquées. Ils semblent exclure autrui, se repliant sur eux-mêmes dans chacun de leurs gestes, à l’instar d’un cheval dont le regard, fixé de manière unidirectionnelle, paraît encore plus sensible et attentif à ce qui se déroule autour.

Leur cerveau et leur perception sont tellement absorbés par les impératifs de la survie et du fonctionnement quotidien que la présence de l’autre en devient quasi inexistante. Ainsi, chaque interaction sociale se heurte à la grande frustration de celui qui fait l’effort de communiquer.

Sans une identité explicitement établie, ils s’accrochent à la moindre opportunité de révéler leur talent, celui-ci, tout comme leurs passions, finissant par constituer l’essence même de leur être. La gestion de l’information sociale et le partage s’avèrent être une montagne difficile à gravir, un apprentissage qui se fait avec le temps. Néanmoins, la multiplicité des affects émotionnels, exacerbés par un climat hostile d’exclusion envers la différence, conduit souvent à l’émergence de comportements empreints de cruauté et de domination.

Accompagner ces enfants devient alors une nécessité absolue.

Quand j'ai senti mon intégrité menacée – que ce soit par la maladie ou par un traumatisme – et face à mon impuissance à affronter cette épreuve, j'ai constaté en moi un dysfonctionnement total de mon être. Cette expérience était accompagnée d'une panique extrême, véritable réaction de catastrophe.

Source : Pierre-Alain JOSEPH, Université de Bordeaux

Dans l’ensemble, une manifestation de psychose régulière sous différentes formes et gravités est possible.

Définition : psychose/névrose

Altération profonde de la conscience du sujet (désorganisation de la pensée) et de son rapport avec la réalité.

En neurobiologie, on a découvert récemment que les origines peuvent venir de la dopamine de même que de la sur- et sous-méthylation.

16. Vampirisme énergétique

J’ai observé que le vampirisme énergétique se manifeste aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Exemple : création d’un conflit, provoquant une irritation avec réaction émotionnelle forte, le sujet provocateur absorbe l’énergie libérée (vampirisme).

Ce genre de problèmes peut devenir un comportement compulsif répétitif et pervers chez l’AS et une orientation vers une approche négative permanente des situations. La solution est d'expliquer ce qui se passe d'une façon claire et d’envoyer un message de "soi" (dire ce que l'on ressent dans cette situation) que ce comportement vous fait du mal et aussi à la famille. Si nous n'intervenons pas assez vite dans ce genre de situations, celui qui souffre va se tourner de plus en plus vers le négatif et un comportement de plus en plus sombre.

La TCC (thérapie cognitive comportementale) nous demande toujours de démontrer la situation négative et de montrer ce qu’on peut faire ou dire de positif à la place, une forme de rééducation, qui dure trois semaines pour marquer le changement de comportement. Ça marche mieux en famille où nous sommes beaucoup plus présents qu’un thérapeute extérieur.

17. Troubles de volition (application de la volonté dans des gestes)

Les troubles de volition se manifestent par des difficultés à maîtriser son corps pour effectuer des gestes voulus.

Dans ce passage, je mets en lumière plusieurs points clés de la psychosynthèse :

1. L'entraînement de la volonté

La psychosynthèse insiste sur l’éducation et entraîner la volonté, considérée comme le meilleur atout pour harmoniser la relation entre la pensée et le geste. Autrement dit, même si l’intention est présente (« la tête ordonne »), de temps en temps, les gestes ne suivent pas de manière fluide à cause de perturbations physiologiques.

2. Les perturbations du lien pensée – gestes –

Chez l’AS, certains gestes peuvent être "minés" par des dysfonctionnements au niveau du circuit qui connecte la pensée au mouvement. Bien que ce ne soit pas un problème permanent, ces perturbations peuvent avoir un impact considérable dans la vie quotidienne.

3. L'effet de l'entraînement intentionnel

En entraînant la volonté avec plus d’intention, la biochimie du corps et du cerveau s’ajuste pour générer des réactions plus fiables, permettant ainsi de mieux contrôler les gestes.

4. L'influence du système digestif

Je pense que de nombreux problèmes de coordination ou de fonctionnement des gestes peuvent trouver leur origine dans un dysfonctionnement du système digestif. Les neurotransmetteurs nécessaires pour faire des gestes sont produits dans le système digestif, les intestins.

5. Adapter sa diète devient alors une composante nécessaire pour restaurer l'équilibre global.

18. L'apragmatisme dans certaines situations

Pour faire des choses, faire la cuisine, faire sa toilette, tous les gestes de la vie, il faut beaucoup de paramètres fonctionnels et, hélas, les différents facteurs ne sont pas toujours au top. Les troubles causés par la maldistribution des neurotransmetteurs, ainsi que l'organisation et la compréhension de l'information interne et externe de soi, ne permettent pas toujours de donner une réaction adéquate. Le spectre des faits et gestes est un peu trop large pour être décrit ici. Cependant, en général, on peut dire que, dans des gestes fins ou l'application de la volonté dans des situations plus complexes, c'est toujours l’éducation de la volonté en combinaison avec une mise en état du système digestif qui peuvent donner une optimisation de la situation. Concernant l'apragmatisme dans l’interprétation de l'information, c’est la thérapie comportementale et cognitive (TCC) qui va aider à mieux comprendre et réagir.

19. Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

C’est là où l’AS ressent une pression permanente qui dit : « Il faut que je fasse ceci et cela. » Ça tourne en boucle. Beaucoup d'AS fonctionnent toute leur vie avec des TOC. Ils arrivent cependant à maîtriser et à se contrôler, à garder leurs obsessions sous contrôle avec la volonté et le raisonnement. L'AS ne peut pas toujours contrôler ses pulsions, mais il peut apprendre à mieux gérer la situation. Apprendre la méditation, le “focussing” et le “mindfulness”, le “defocusing”, plus un régime adapté pour neutraliser la pression physiologique, plus de décompensation dans un sport, la musique ou l'art, peut aider beaucoup. Le TCC est important pour comprendre ses propres pulsions.

Les tocs physiques, les mouvements corporels, servent à l'équilibrage et à la restructuration du cerveau, des pensées, des impressions, des émotions.

20. Troubles de la pensée

L’AS est née avec un EMC, « un état de conscience modifié », c'est là depuis le début. L’état de conscience est différent, quelque chose qui est difficile à concevoir par des allestiques. Ça ne veut pas dire que notre état de pensées AS est troublé, mais l’information perçue est différente. Il y a beaucoup d’autres informations supplémentaires qu’on peut apprendre à interpréter durant la vie, liées à des sens de l’AS plus développés et sensibles.

C'est comme changer des lunettes avec une correction : au début, c’est bizarre, mais notre cerveau s’adapte. “Quand nous regardons avec une paire de jumelles, nous voyons les choses d’une manière différente : plus détaillée.”

Nos sens envoient des informations via des neurones vers le centre de notre cerveau. L'information est distribuée dans des zones de traitement attribuées où l'information est informatisée, comme dit la neuroscience. Le cerveau crée des algorithmes pour automatiser le processus, les neurotransmetteurs servent de transport d’information. Le processus de transport et de réception demande la présence suffisante des neurotransmetteurs adaptés à la tâche et des zones de réception active. Quand le processus est déséquilibré, la tête est troublée ou dysfonctionnelle.

Les troubles de la pensée chez l’AS sont actuellement étudiés par la neuroscience, qui se concentre sur la saillance du fonctionnement de la dopamine (neurotransmetteur) dans le cerveau. La dopamine enregistre et trie des événements d'une façon particulière : la saillance est la façon dont un événement est éclairé, hiérarchisé. Beaucoup de troubles de la pensée chez l’AS sont liés au fonctionnement et à la distribution de la dopamine. La dopamine peut nous faire mal interpréter l’information et devenir une fausse pensée. Un fichier d'enregistrement des informations mal interprété est, dans les pires des cas, classé.

La conscience modifiée donne une autre interprétation aux pensées. Les allestiques connaissent l’EMC quand ils prennent des substances dites hallucinogènes ; ces états sont comparables avec l’état de conscience naturel de l’AS, qui perçoit un autre monde, et on dit qu'il voit d'autres plans.

Je suis sincèrement désolé pour tous ceux qui sont dans l’incapacité de percevoir ces différents plans. La plupart de l’humanité ne peut pas les voir, mais cela n'implique pas leur inexistence. Vous voyez, dans beaucoup de domaines, l’AS est vraiment différente, ce n’est pas seulement une différence de perception au niveau des sept sens, mais également une gestion d’information complètement différente.

L’EMC représente un atout majeur dans le monde artistique : de nombreux artistes présentent un terrain génétique AS.

21. Obsessions et idées obsessionnelles et envahissantes

D'où vient l’obsession ? Commençons à voir l’obsession comme quelque chose de positif. L’obsession nous aide à atteindre des buts improbables, à dépasser des normes du possible. Les obsessions ne sont souvent pas en phase avec l’environnement, l’ordre et le « bon » comportement, et l’AS connaît bien ça : il y a beaucoup d’obsessions et certaines sont débordantes.

Rafael Nadal, le tennisman d’exception, présente de nombreux traits obsessionnels qui se manifestent par une véritable passion pour le jeu. Son comportement se traduit par une pratique intensive et énergique, marquée par des gestes répétitifs et puissants. Cette approche, quoique très efficace, lui confère parfois un style de jeu quelque peu dépourvu de spontanéité en raison de sa répétitivité.

Avant chaque service, il s’assure minutieusement que son T-shirt et son sous-vêtement sont parfaitement en place. Il se touche le visage de façon presque rituelle, veillant ainsi à ce qu’aucun détail ne vienne entraver sa frappe habituelle, à la fois puissante et précise. Au fil des années, ces pulsions obsessionnelles se sont muées en une force créatrice qui lui a permis d’évoluer, de remporter de nouveaux succès et de s’adapter aux adversaires qui tentaient d’imiter son jeu.

Ainsi, loin d’être un handicap, cette obsession a constitué pour lui un véritable moteur, lui permettant de surmonter blessures, contretemps et innombrables défis. Au final, on peut se demander si, finalement, ces obsessions sont autant un atout qu’un fardeau. Qu’en pensez-vous ?

Les pensées envahissantes du cerveau arborescent et associatif sont comparables à un ancien moteur de recherche Ajax. Un mot évoque de multiples sujets associés, et ce moteur de recherche peut visualiser toutes ces associations, ce qui nous permet ensuite de suivre plusieurs directions ou branches où nous découvrons de nouvelles associations. Quand quelqu'un parle, l'AS, ou zèbre, commence à être envahi par de multiples possibilités. L’effet saillance de la dopamine peut entraîner l'enregistrement intense et exagéré d'un grand nombre de sujets et d'émotions. Ces sujets lancent de nouveau le système des associations et nous nous écroulons sous des pensées intenses et envahissantes.

— Oh ma chère AS, ne te laisse pas submerger par tes idées et tes sentiments. Médite pour distinguer la vérité du mensonge afin de tempérer l'intensité de tes fixations. » C'est comme ça que tu stops cette infernale machine des pensées envahissantes.

Clefs psychologiques à méditer :

● Mes pensées sont des images que j’ai faites.

● Je n’ai pas de pensées neutres.

● Je ne vois pas de choses neutres.

● Je ne suis pas seul à éprouver les effets de ma vue.

● Je ne suis pas seul à éprouver les effets de mes pensées.

● Je suis déterminé à voir.

● Je suis déterminé à voir les choses différemment.

22. Cycles obsessionnels

J’ai observé chez les AS de cycles obsessionnels. Pendant des périodes de durée variable, l’AS trouve son épanouissement dans une activité ou un sujet particulier, répondant aux besoins du moment. Ces phases peuvent s’étendre jusqu’à trois ans – une durée que je prends en exemple, car elle reflète mon expérience personnelle. À l’issue de cette période survient une phase intermédiaire marquée par une dépression qui étouffe tout enthousiasme, jusqu’à l’émergence d’une nouvelle obsession.

En tant qu’accompagnateur, il est donc essentiel de toujours envisager de nouvelles idées pour la suite, d’autant que le temps de préparation est précieux. La transition entre ces cycles est difficile, et c’est au fil du temps que l’AS apprend à gérer la dépression.

23. Méfiance, schizophrénie positive

Il existe des aspects subtils liés au désordre biochimique du fonctionnement de l’AS, qui peuvent provenir de diverses origines et conduire à des états de micropsychoses. D'abord, sous pression, en état de stress et d'anxiété et dans un climat social compliqué, le métabolisme commence à basculer. La dopamine, la sérotonine, la noradrénaline et l'adrénaline sont mal distribuées et mal réceptionnées, comme les inhibiteurs tels que le GABA, qui peuvent normalement calmer mais qui sont également mal réceptionnés.

Après de nombreuses années d’observation des effets des médicaments, j’en suis venu à une conclusion indéniable : il faut faire preuve d’une extrême vigilance lorsqu’on administre ces traitements à un AS. Les résultats se révèlent systématiquement décevants, voire même désastreux. L’effet est comparable à celui de l’usage d’un mauvais carburant dans une voiture, engendrant un déséquilibre immédiat ou, parfois, différé. De plus, ces médicaments sont généralement métabolisés (et filtrés) en quelques jours. Le cerveau de l’AS, comme son métabolisme, étant fondamentalement différent, il est préférable d’éviter autant que possible cette pratique.

Combien de fois je n’ai pas vu cet état de micropsychose, la méfiance et la schizophrénie monter à la surface ? Le remède consiste en un bon soutien social par un proche, beaucoup de douceur, l'aménagement de l'AS dans un Un environnement rassurant inclut également le toucher et la prise de main en douceur. L’écoute.

La schizophrénie positive est l’information mémorisée légèrement déformée et des décisions basées sur des informations déformées.

24. Troubles de la perception

La perception est cruciale pour l’allistique ; accorder les perceptions dans une vision partagée est une vraie caractéristique d'une envie sociale. L’ASD n'a rarement une perception commune. L’ASD ne perçoit pas les choses comme vous, mais avec des caractéristiques différentes. Son cerveau ne permet pas d'automatismes de perception ni d'associations automatiques fonctionnelles.

Lorsque je prends en photo un mur blanc, mon cerveau me convainc, par automatisme, qu'il est immaculé et que la lumière qui l’éclaire est d’un blanc pur. Pourtant, en examinant l’image par la suite, le mur se révèle couvert de taches et la lumière apparaît teintée de jaune. Ce phénomène témoigne d’une autocorrection cérébrale, une adaptation subtile de notre perception. À l’inverse, l’AS perçoit immédiatement la température de la lumière et détecte sans faille ces imperfections. En d’autres termes, dépourvu de ses automatismes et de son autocorrection, le cerveau offrirait une vision brute, telle que celle de l’AS.

La perception troublée, c’est l’instant où le cerveau de l’AS dysfonctionne et la construction de la pensée, les souvenirs et la vision n’arrivent pas à s'harmoniser correctement.

25. Une perception différente de la norme

Les données qui constituent la perception d’un AS se distinguent par leur authenticité, leur autonomie et leur caractère non conventionnel. Il ne s’agit pas ici d’une perception perturbée, mais bien d’un imaginaire riche en strates d’informations. Ceci s'allie à un cerveau analytique d’une efficacité remarquable, à une observation d’une profondeur inégalée et à des sens d’une acuité extrême, orchestrant une gestion fine de l’information. Le tout se déploie dans un état modifié de conscience, agrémenté de variations supplémentaires dans le flux informationnel.

Une perception dans la norme est simplement impossible. “C’est comme obliger un géant à s'asseoir dans une maison de nains.”

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26. Déréalisation

Nous avons tous, à un moment donné, expérimenté ce sentiment étrange d’irréalité. Lorsqu’on prend la route, l’esprit ailleurs, il arrive que nous perdions notre orientation. Les neurosciences nous enseignent que notre cerveau s’appuie sur des schémas, des modèles, des repères fixes, que l’on peut perturber par une simple déconcentration. C’est à ce moment-là, souvent, que la panique nous envahit et nous ne reconnaissons plus ni l’endroit où nous nous trouvons ni la direction à prendre. L’AS vit la même chose ; il lui arrive qu'en pleine situation, la réalité lui échappe brutalement. Le chemin du retour est parfois interminable, parce que la panique et le stress l'amènent à perdre tous ses moyens. Selon les neurosciences, il est préférable de circuler calmement jusqu’au moment où la « carte » dans notre tête, c’est-à-dire dans notre cerveau, revient à son état normal. L’AS, comme d’autres, effectue souvent des mouvements corporels pour retrouver ses repères.

27. Misophonie

La misophonie (étymologiquement « haine du son ») est un trouble neuropsychique rarement diagnostiqué mais commun, caractérisé par des états psychiques fort désagréables (colère, haine, anxiété, rage, dégoût) déclenchés par des sons spécifiques. L'intensité des sons peut être élevée ou faible.

Grave, très embêtante, cette irritation sonore des petits bruits faits par un voisin ou un proche, un craquement de sol, un grincement de la porte, un petit son produit par la bouche, mastication, respiration sifflante. L'irritabilité se transforme en haine, en explosion émotionnelle et de colère, la rage.

L’AS peut plus facilement développer de la misophonie avec ses sens développés. La misophonie est difficile à gérer, à guérir ; l'exercice de projection d’un son ou d’une image positive et beaucoup de volonté peuvent vraiment remplacer le déclencheur. Ça prend beaucoup de temps et d'exercice.

Exemple thérapeutique : à répéter et méditer en cas de misophonie une phrase par jour.

● Je suis contrarié parce que j’entends quelque chose qui n’est pas là.

● Je ne suis pas la victime de ce que j'entends et de qui.

● Il y a une autre façon d'interpréter les sons que j'entends.

● J’entends quelque chose d'agréable à la place (un son que vous aimez).

28. Troubles de la communication

La communication n’est pas un mystère. Il s’agit d’harmoniser pensées, symboles et discours tout en s’assurant que le message est bien compris. Simple, n’est-ce pas ? Aligner seulement ses idées, de formuler clairement ses propos, de se faire comprendre, d’écouter et d’en déduire le sens.

Chez les personnes concernées par le spectre de l’autisme, de nombreux éléments peuvent venir perturber ce processus. Pourtant, une fois que l’AS est parvenue à capter l’ensemble des informations nécessaires à l’échange, elle se révèle être une communicatrice exceptionnelle : une porte-parole, une exposante d’idées, voire une commerciale hors pair.

Tant que les échanges ne s’aventurent pas dans le domaine des relations humaines et des interactions sociales, tout se passe bien. Toutefois, dans le monde professionnel, un accompagnement spécifique est nécessaire, tant pour la personne AS que pour son environnement. À ce titre, Marie Harder, de l’université de Bristol, a mis au point un ouvrage succinct que l’individu AS peut diffuser au travail afin de favoriser une meilleure compréhension mutuelle.

Ouvrage illustré de Marie K. Harder sur l’AS, destiné aux proches et aux collègues.

29. Troubles de la forme et du contenu du langage

Il y a des moments dans la jeunesse des AS où le langage peut poser des problèmes. Il y a un moment où la lacune entre l’envie de communiquer et la technique de parler n'est pas en équilibre. Produire des sons et les envoyer d'une façon adaptée, articuler, aligner les mots demande pour l’AS une compréhension de ce que l’autre peut interpréter.

Le souffle est trop faible, ou les mots ne sortent pas de la bouche, parler dans sa bouche avec la tête dirigée vers le bas, avec une voix monocorde sans nuances, tout s'apprend, soyez patient, commencez à exercer, écoutez des belles voix. Les AS peuvent facilement reproduire la prononciation et l'intonation de leur entourage ; il suffit de créer un environnement modèle pour que l’AS se forge une identité vocale.

Dès mon plus jeune âge, je m’exprimais en usant de phrases raffinées, surprenantes, empreintes de dignité. et de poésie. Pourtant, cet excès de verve ne manqua pas d’attirer les moqueries, tant de la part des enfants que des adultes, qui n’hésitaient pas à railler ce petit garçon prétentieux.

Ceci est un aspect courant chez les AS pas très souvent. cité : la préciosité, une des différentes caractéristiques. Josef Schovanec a pris un accent suisse-allemand, il a passé du temps là-bas dans sa jeunesse.

30. Logorrhée

La logorrhée, une rivière de paroles, est liée au caractère obsessif de l'AS (la part TDAH) : l'envie de communiquer ses passions du moment peut être débordante. Dans le temps, l’AS apprend à canaliser ses énergies, mais le partage des passions reste.

En breton, le terme « Téodeg » désigne une personne qui s’exprime abondamment, abordant une multitude de sujets dans un flot continu de paroles. À l’inverse, l’AS se caractérise par sa concentration sur un thème précis. Bien entendu, il existe aussi des Téodeg AS, car l’esprit, à la fois arborescent et associatif, se déplace d’un sujet à l’autre avec la vivacité d’un saut d’un pavé à l’autre ou à travers les innombrables branches d’un arbre. Beaucoup d'AS sont diagnostiqués TDAH.

« Être présent avec quelqu'un est un véritable don. » Le don d'attention est peut-être le plus précieux et le plus envié de tous, même si nous ne le réalisons pas toujours. Paroles de Piero Ferrucci

31. Préciosité

Un AS qui s’exprime avec une certaine préciosité dispose d’un vocabulaire d’une finesse remarquable. Toutefois, il semble souvent incapable de saisir les sous-entendus et de comprendre les conventions sociales. Pour certains spécialistes, cette préciosité est perçue comme un trouble. Ainsi, elle traduit une communication non élaborée – un monologue ponctué d’éléments précis qui échappent à la compréhension – et engendre ainsi réactions et moqueries.

Je pense que ce trouble ne relève pas d’une simple préciosité, mais bien d’un problème de communication. Prenez garde de ne pas interrompre cet élan si vous n’êtes pas prêt à comprendre ceux qui se distinguent. L’AS aborde les choses d’une manière quelque peu différente, que ce soit dans ses calculs mathématiques, sa façon de parler ou de penser. C’est de cette minorité d’aujourd’hui que pourrait dépendre la survie de l’humanité de demain.

32. Troubles fonctionnels

Il y a de multiples raisons pour lesquelles l’AS développe des maladies de manière somatique. Cause et effet jouent un rôle essentiel. Beaucoup de ces troubles fonctionnels sont liés au dysfonctionnement social. L'AS arrive à somatiser : stress, anxiété, isolement, rythme, pression, obligations, moqueries, incompréhension sociale, fatigue.

33. Mutisme

Lorsque l'incompréhension sociale nous prive de la parole, que ce soit par crainte ou par impossibilité, ce silence trouve souvent ses racines dans l'enfance, où de profonds traumatismes peuvent laisser des cicatrices durables.

34. Repli autistique

Un repli sur soi-même peut survenir à tous les âges chez les personnes avec l’AS, et la raison principale est une question d’énergie. L'environnement est tellement énergivore que la gestion d’information et des interactions devient trop.

35. Troubles du comportement

Dans mon expérience, ce que l'on désigne habituellement comme des « troubles du comportement autistique » est souvent interprété à travers le prisme des spécialistes allistiques. Pourtant, pour ma part, chaque comportement est une manifestation naturelle de mon être, même si, dans un environnement façonné par des standards allistiques, il peut être perçu comme perturbateur. J'ai découvert que nombre de ces manifestations traduisent en réalité une agitation intérieure, nécessitant l'expression d'un geste extérieur – à travers des rituels ou des mouvements répétitifs – pour rétablir un équilibre essentiel.

● L’autiste cherche d’abord un équilibre intérieur avant une réaction sociale.

● Traite les informations une par une sans automatismes.

● Chaque événement, impression, information demande des connexions neuronales pour placer ceci dans un contexte : d’abord la gestion de l'information et après une réaction adaptée.

● L'autiste parle un autre langage. Plutôt visuel.

● Il ne faut pas lui apprendre à être normal, les gestes corporels ont un sens.

(Source : Lise St Charles et Brigitte Harrisson)

36. Agitation

L'AS peut s'exprimer d'une manière forte : agitation, cris, pleurs, agressivité envers autrui ou envers lui-même, évitement de la situation, repli, etc.

À l’origine se trouve l’effet marteau, une grosse claque pour terminer une situation de souffrance, quitter la pièce, la situation (source : Hilde de Clercq).

37. Comportements phobiques

En effet, les réactions phobiques peuvent prendre des proportions particulières. Cela tient notamment au fonctionnement de la dopamine, à la manière dont les événements sont enregistrés dans le cerveau et à l’effet de saillance, qui peut déformer et amplifier l’objet de la phobie. On peut se trouver dans des états extrêmes d’anxiété et de stress. La façon dont l’information est enregistrée dans le cerveau, à travers un algorithme informatisé qui, dans ce cas, est déformé, entraîne des réactions fortes.

C’est la thérapie cognitive et comportementale (TCC) adaptée pour l’autisme qui propose des solutions visant à rétablir un bon algorithme et à fournir une information correcte et non déformée.

Des phrases qui aident le processus de transformation d'une fausse information coincée dans le cerveau en positive :

● Je ne suis en danger nulle part au monde.

● Je ne suis affecté que par mes propres pensées.

● Je suis vexé car je perçois quelque chose qui n'existe pas.

● Je vois quelque chose d'agréable à la place de cela.

38. Troubles de l'humeur

Dans les cycles de dépression, d'anxiété, de manque de sommeil, de stress, de pression sociale, d'incompréhension, il y a suffisamment d'éléments pour faire basculer l’état sensible de l’AS. L’humeur est régulièrement en dehors d’une certaine norme. L’AS est très consciente de cela. Les solutions ultimes sont :

Apprendre la méditation pour se connecter à son intuition et retrouver le calme. La respiration technique (pranayama) pour stabiliser le flux d’énergie dans son corps. Le yoga, la salutation au soleil, pour trouver des repères dans son mental et son corps. Fixer des buts dans la vie pour aider à sortir du tunnel. L'exercice de pleine conscience pour accepter les éléments perturbateurs de notre environnement.

39. État de dépression régulière

Des cycles de dépression longue et courte se présentent, la dépression se manifeste à nouveau, mais nous pouvons apprendre à gérer cette condition et à nous en libérer. Voir sujet 1 sur la dépression.

40. Euphorie

L'euphorie et la dépression évoquent les troubles bipolaires. J'ai remarqué et déterminé que ces deux extrêmes sont généralement moins prononcés chez les AS, mais il est impératif de consulter un professionnel spécialisé.

Lorsque nous faisons face à des difficultés quotidiennes, il y a des moments où notre état s'améliore, et à ces instants, le système hormonal et neuronal semble être en fête, tandis que le retour à la dépression peut également dépasser les normes habituelles. En observation, ça ressemble à la bipolarité, mais finalement, ce n'est pas ça (heureusement) car c’est temporaire (sauf exception). Les cycles chez une personne atteinte de bipolarité sont beaucoup plus longs que ce qui se manifeste en général chez les AS.

41. Troubles de l'humeur 02, états de perturbation, excitation, dépression

Les troubles de l’humeur se manifestent de multiples façons. Ce terme, en effet, est générique, car perturbations, troubles, excitations et dépressions trouvent chacun leurs déclencheurs spécifiques. Selon les rencontres, les obligations, l’intensité de la lumière, les sons, les bruits et bien d’autres facteurs, les réactions varient considérablement. Vingt ans d’observations ne m’ont jamais préparé à ces surprises, parfois négatives, mais également parfois positives.

« C'est la célèbre boîte de chocolats, on ne sait jamais quelle sera la réaction qui suit, parfois intense et parfois légère. »

L’AS est parfois très présent et lucide, d’autres fois dans le brouillard, ça ne ressemble pas à un comportement différent de la norme.

42. Troubles de la vigilance

Il m’arrive de perdre la perception de mon environnement, laissant derrière moi une traînée de désordre. J’entreprends des actions successives qui, sans jamais se mener à leur achèvement, rendent la situation particulièrement périlleuse. La solution réside dans le fait de ne pas rester seul et de bénéficier, de temps à autre, de l’aide nécessaire pour remettre les choses en ordre.

43. Une légère diminution permanente de la vigilance

Être pleinement présent et lucide à 100 % dans son environnement est impossible pour l'AS. Sa focalisation est généralement dirigée vers un objectif ou un sujet précis, tandis qu'une vision plus globale nécessite un effort conscient pour inclure tout ce qui l'entoure. On peut dire que sa vigilance est légèrement en dessous de la norme.

44. Troubles émotionnels et affectifs

Il s'agit du domaine de la gestion des informations internes et externes. Comprendre les émotions dans leur contexte et leur accorder la place qui leur revient n'est pas une des forces de l’AS, ce qui engendre de véritables problèmes affectifs et des réactions intenses et troublantes. La gentillesse, l'écoute et le pardon demeurent des clés essentielles.

45. Anxiété, angoisse

Il existe des aspects très émotionnels dans l’angoisse. Bien que celle-ci soit de nature mécanique et liée aux neurosciences, son expression se manifeste dans le domaine des émotions. Dans les troubles anxieux, de nombreux éléments déclencheurs se combinent : des situations sociales inquiétantes qui activent la réaction, et la biochimie du corps s’engage pour produire diverses réactions protectrices.

L’AS est alors prêt à fuir, à se cacher, à crier, à élever la voix, à réagir physiquement, voire à frapper sur la table. Ces réactions conduisent à des dysfonctionnements sociaux handicapants.

L'anxiété constitue la conséquence chronique des angoisses et des traumatismes. Sur le plan biochimique, la production d'hormones induit un état d'hypervigilance.

Cet état touche non seulement l’AS, mais également ses parents, eux aussi traumatisés par une succession d'incidents jour et nuit. La production chronique d’adrénaline s’avère particulièrement destructrice pour le corps, entraînant un vieillissement accéléré. Ce climat d’hypervigilance nuit aux relations sociales, tant pour l’AS que pour ses parents.

La gestion de l’angoisse et de l’anxiété relève d’un véritable exercice psychothérapeutique, nécessitant un changement de comportement profond.

● Je ne suis en danger nulle part au monde.

● Je ne suis affecté que par mes propres pensées et sentiments.

● Je suis contrarié parce que je ressens quelque chose qui n’est pas là.

● Je pourrais ressentir la paix au lieu de cela.

46. Doute

Le doute ressemble à l'angoisse, d’abord un mécanisme biochimique de défense qui s’exprime comme un sentiment. Le doute nous protège, mais lorsqu'il devient chronique, il se transforme en véritable handicap pour l’AS, l'empêchant de faire confiance à la vie et aux autres. Chez les AS, cet état est une conséquence d'hypervigilance, de stress et d’anxiété.

47. Indifférence affective

L’ensemble de l'angoisse, du doute, du stress et des émotions intenses n’est pas un bon terrain pour l'affectivité.

D’abord l’autre devient facteur perturbateur, même ennemi, et plus tard l'indifférence affective s'instaure. Même ceux qui sont les plus proches sont tenus à l'écart et l'isolement ainsi que la solitude viennent s'ajouter à une condition pathologique. Le TCC adapté pour AS peut aider à sortir de tous ses mécanismes de défense.

● J’ai fait confiance aux autres, qui ne font qu’un avec moi.

● Je ne serai plus jamais seul.

● Je serai calme un instant et rentrerai chez moi.

● Je peux être libre de la souffrance aujourd’hui.

● Je pourrais voir la paix au lieu de cela.

48. Discordance affective

Sous la pression des angoisses et désordres sociaux et de stress, des expressions et réactions incontrôlables se mettent en place, des mimiques inadaptées, du maniérisme, la déformation de l'expression verbale et affective. Ce trouble devient un véritable handicap. C’est plus rare chez les AS, mais ça peut dépendre du neurodéveloppement. Du Brain Gym ou des gestes archaïques peuvent aider à retrouver une situation acceptable.

49. Troubles modérés

L'AS présente des troubles sévèrement invalidants, néanmoins la majorité d'entre eux sont bénins. Heureusement, ils apparaissent et ils en font. La vie de l’AS est particulière, avec des changements tout le temps, comme des saisons. Une des raisons pour lesquelles des analyses cliniques manquent d’informations et de données.

50. Anxiété ou crises d’angoisse maîtrisées mais néfastes pour la concentration

La concentration dépend de nombreux facteurs, notamment de l’énergie. Par exemple, l’AS consomme d’importantes quantités d’énergie : l’hyperactivité du cerveau, une digestion perturbée et un état anxieux mobilisent beaucoup d’énergie, ce qui entraîne une baisse de concentration.

En revanche, lorsque l’élan et l’enthousiasme sont présents, l’ocytocine dynamise l’énergie et l’ensemble du système. Cependant, l’angoisse peut complètement interrompre cet élan, faisant basculer le cycle positif vers un état dépressif.

Au fil du temps, j’ai observé l’évolution de l’AS, qui s’adapte pour surmonter crises et perturbations tout en se fixant des objectifs donnant un sens profond à son existence. Ce cheminement m’a révélé que l’une de ses caractéristiques essentielles réside dans le développement d’une conscience de soi, une faculté d’observer mon être au-delà des contours de la simple personnalité. Les chercheurs ont d’ailleurs identifié ce trait comme un marqueur diagnostique fondamental de l’AS. Pour ma part, cette conscience de soi s’est révélée être la clé de la psychosynthèse, une approche que j’ai trouvée particulièrement bénéfique.

51. Irritabilité

L'irritabilité constitue l'une des conséquences de la comorbidité de l'ensemble des troubles. Il s'agit d'un trouble modéré et régulier. Conseil : accorde de l'espace à l'AS et traite-le (ou la) avec douceur et gentillesse, car la réponse obtenue est surprenante.

52. Agoraphobie

L’agoraphobie résulte d’une sensibilité exacerbée de l’AS, associée à une observation attentive et à la rapidité avec laquelle celui-ci détecte les moindres changements et mouvements. Ainsi, chaque détail devient perceptible. La dopamine et la notion de saillance peuvent altérer l’enregistrement mnésique dans le cerveau, faisant paraître l’araignée de plus en plus imposante et angoissante. La psychothérapie peut contribuer à atténuer cet effet anxiogène et à corriger le processus de mémorisation.

53. Troubles de gestion d’information

Il faut beaucoup de temps à l’AS pour comprendre toutes sortes d’informations extérieures et sociales, et en pleine action, elles arrivent très vite, trop vite. Dans les rencontres, en ville, dans les transports, au travail, à l’école. La gestion de l’information chez les neurotypiques est automatique. Chez l'AS, tout est manuel. Rien n'est automatique, tout se prépare.

À l'image d'une voiture automatique, il te suffit d'appuyer sur l'accélérateur et ça roule ; les capteurs des véhicules modernes mesurent la distance, facilitent le stationnement sans effort et repèrent aussi les piétons qui nous surprennent en traversant. Voici la description de l'allestique.

« Et maintenant, l’AS, c’est la voiture manuelle vintage : tout doit être fait à la main — la boîte de vitesses, l’embrayage, une direction non assistée donc très lourde, un rétroviseur à gauche au lieu des trois que l'on trouve dans les voitures modernes, et un moteur qui démarre difficilement. »

Comprendre le monde social s’avère être une entreprise complexe qui, parfois, mobilise toute mon énergie et mes capacités en tant qu’AS. L’information sociale se présente souvent avec une intensité déconcertante, trop immédiate, presque trop intime : la faculté de déceler une multitude de détails personnels se révèle déroutante. Pour ma part, je me montre naturellement réservé et je n’ai guère envie de m’attarder sur tous ces éléments. Pourtant, détrompez-vous : la plupart d’entre nous possèdent l’aptitude à lire les expressions faciales, et bien au-delà, même si, instinctivement, nous choisissons de détourner le regard. Parce que décrypter un visage ne se limite pas à en saisir les traits, c’est explorer un univers entier, découvrir une histoire complète. Nous ne sommes pas des êtres impulsifs, avides de renifler chaque parcelle d’information qui nous parvient.

54. Troubles de gestion d’information sur d’autres personnes

Beaucoup d'informations doivent être enregistrées manuellement ; la plupart du temps, les détails sont éphémères. Au fil des rencontres répétées, une personne peut acquérir de l'importance et trouver sa place. Pourtant, ces données restent limitées ou incomplètes, sans qu'aucun profil, cadre de référence structuré ou algorithme ne soit établi. Ainsi, ces interactions demandent une dépense énergétique considérable et la gestion sociale peine à fonctionner sans un objectif clair ni un cadre concret motivant un tel investissement.

55. Troubles de gestion d’information sur soi-même

Grâce à cette grande sensibilité, de nombreux signaux sont captés, mais ils ne trouvent pas leur place. Chez l’AS, l’identité ne se construit pas, ainsi, il n’existe aucune référence pour comparer des situations, des sentiments ou des préférences. Il s’agit d’une conscience ancrée dans l’instant présent, confrontée à un flot d’informations qui demeurent sans issue. Vivre dans le présent est le rêve de beaucoup, mais l’incapacité à savoir comment réagir rend la situation bien plus complexe.

56. Troubles de gestion d’information non sociale

Les informations non sociales – par exemple, trouver son chemin, s’orienter dans un bâtiment, comprendre où se situent les choses ou encore localiser son pyjama et ses chaussettes propres – peuvent rapidement devenir un véritable casse-tête. On se demande alors :

● Où suis-je ?

● Comment aller de A à B ?

● Où puis-je me réfugier ?

● Où puis-je manger ?

Les cartes mentales dans le cerveau

Chaque lieu sollicite des mécanismes d’orientation spécifiques. Nous possédons en permanence des informations sur notre environnement : sa configuration, ses dimensions, les objets qu’il contient et l’agencement de l’espace. Ces données sont traitées dans des zones précises du cerveau, où des neurotransmetteurs assurent leur transmission. Par la suite, l’information est transformée en algorithmes et enregistrée, tel un document, dans notre esprit.

Origine des troubles

Les difficultés d’orientation peuvent être liées à :

● Un déficit dans le transport de l’information

● L’absence de création d’algorithmes de soutien

● Une manière inappropriée d’enregistrer l’information

À l’inverse, certaines personnes présentant des troubles du spectre autistique (AS) disposent de capacités de navigation exceptionnelles, au point que cette surabondance d’informations peut devenir envahissante.

De nombreux chercheurs se sont penchés sur ce domaine, même si les troubles de l’autisme restent encore largement méconnus. Fort de plus de vingt ans d’observations et de connaissances en neurosciences, je suis en mesure de proposer quelques synthèses provisoires.

Auteur : jp

Source : Massachusetts Institute of Technology (MIT), The Brain, par Nancy Kanwisher.

Approches thérapeutiques

Pour traiter ces troubles, plusieurs approches sont envisageables :

● Une prise en charge biochimique et diététique

● Des exercices spécifiques

● Des thérapies visant à stimuler le processus d’orientation et la conscience de soi

57. Déficits des compétences sociales

Incapacité à réagir de manière appropriée, à interpréter correctement les situations et à manifester une empathie visible. On constate également un manque d’écoute et de prévoyance. Il s'agit de la capacité à déchiffrer les intentions d’autrui et à anticiper ce qui sera dit avant même qu’une personne ne s’exprime. On relève aussi des difficultés à interpréter la gestuelle et à communiquer convenablement.

Pour approfondir le sujet, consultez le livre de Marie Harder :

Ouvrage de Marie K. Harder sur l’AS.

Origine de ces troubles :

● Un déficit dans la transmission et la réception de l’information vers les zones cérébrales concernées.

● L’absence de mise en place d’algorithmes et de schémas de soutien au sein des zones cognitives du cerveau.

● Une altération dans la manière dont l’information est mémorisée et activée dans le processus social.

Ces désordres peuvent trouver leur origine dans divers facteurs :

● Des troubles dus à des toxines non évacuées par le cerveau.

● Des perturbations liées à des micro-inflammations cérébrales.

● Une obstruction biochimique qui entrave l’activité et la maturation des zones cognitives.

● Un manque d’alimentation adéquate des zones spécifiques.

● Un dysfonctionnement des récepteurs des neurotransmetteurs.

Les solutions proposées sont :

● Une optimisation globale du système digestif – notamment des intestins – accompagnée de suppléments alimentaires destinés à lutter contre les micro-inflammations. Système diététique appelé micronutrition.

● Des exercices de respiration (pranayama) visant à stimuler l’évacuation des toxines du cerveau vers le système lymphatique et à améliorer l’absorption des glucides et des protéines.

● La méditation et des exercices de pleine conscience pour mieux appréhender son environnement.

● Des exercices pratiques pour acquérir les bases des gestes sociaux, de manière rassurante et efficace.

58. Déficits dans les activités de la vie quotidienne

Très important et trop souvent sous-estimé, notre chère AS, personne d'une intelligence et d'une compétence remarquables, rencontre néanmoins des difficultés avec la gestuelle au quotidien. Elle éprouve des problèmes même pour trouver des objets, des vêtements, des solutions de rangement ou pour gérer son temps ; rien ne se fait automatiquement. Cependant, tout s'apprend avec le temps, grâce à beaucoup d'efforts, de volonté et d'entraînement. L'idéal serait d'avoir un compagnon ou une compagne d'un âge similaire, ou un partenaire complémentaire, qui aurait besoin d'une personne compétente dans divers domaines à ses côtés.

59. L'alexithymie

L'alexithymie se définit par une difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions, voire à comprendre celles des autres. Ce trait de personnalité est également observé chez certaines personnes présentant un trouble du spectre autistique.

60. Troubles d’identité

Le principal défi de l’AS réside dans l'absence d'une identité propre, clairement définie et référencée, qui donnerait à chaque information un sens et une place. La majorité des AS évitent de fixer le visage, car cela impliquerait d'entrer dans un espace intime qu'ils préfèrent ne pas franchir, bien qu'une minorité le fasse malgré tout. De plus, l’AS interprète mal les expressions faciales et les retient très peu, car tous ces visages lui sont inconnus : il ne s'investit pas et les oublie aussitôt. En conclusion, bien que l’AS capte une multitude d’informations, leur gestion demeure complexe, et peu d’AS parviennent à construire une identité propre et à optimiser la communication.

L'identité, un vrai problème pour l’AS,

Exemples :

Le type de question qui ne fonctionne pas pour l'AS :

« Qu'en penses-tu ? » (l'AS ne donne généralement pas de réponse) « Que veux-tu ? » ne convient pas pour l’AS, car l’AS ne se sent pas concernée par le concept allestique d'identité. Ces questions doivent être reformulées de manière ouverte, non liée à l’identité. Par exemple : « Quel est le meilleur repas, la meilleure destination, la meilleure musique du moment ? » Le tutoiement est à proscrire si l’on souhaite instaurer un véritable dialogue.

Source : Véra Helleman

Le refuge de l’AS

L’identité de l’AS se situe dans ses passions : elles sont son refuge, son point fixe, son but et son échappatoire. « Je suis la somme de mes passions, je suis le désir de connaissance de mon cœur et de ma tête. » Certaines passions sont éphémères, tandis que d’autres perdurent, parfois toute une vie.

La construction de l’identité des allistiques est différente. Elle repose sur une série d’automatismes liés à des opinions, des convictions, à des projections d’images de soi ainsi qu’à des émotions et des souvenirs, le tout se répétant selon les circonstances. On y trouve également des centres de pensée communs, ainsi que des attitudes et des mimiques d’adaptation aux situations.

L’AS, en revanche, n’est pas doté de ces automatismes. Ses atouts majeurs résident dans sa capacité à produire des pensées originales et autonomes, ainsi qu’à créer de manière inédite. Une identité AS, si tant est qu’elle existe, se caractérise alors par son originalité et son autonomie. Pour illustrer ce propos, citons Jacob Barnett…

Jacob Barnett (AS) :

« Oublie ce que tu sais déjà, regarde les choses de ta perspective unique, arrête d’apprendre, ne cesse de penser, suis tes passions et crée quelque chose. »

Dans sa jeunesse, son extrême attention aux détails freinait l’apprentissage de Jacob : il éprouvait de lourdes difficultés à communiquer et même à fonctionner normalement. Il a été inscrit à l'université d'Indiana à l'âge de 10 ans, sans passer par l'école, ayant réussi à intégrer la grande majorité du programme de mathématiques de son institution en seulement deux semaines.

61. Petits troubles de la personnalité

Types de troubles de la personnalité

Chaque trouble se distingue par des traits spécifiques. Le trouble paranoïaque se caractérise par une méfiance excessive et une suspicion constante. Le trouble schizoïde se manifeste par un désintérêt marqué pour autrui. Quant au trouble schizotypique, il se distingue par des idées et des comportements excentriques. Être excentrique n'est pas un défaut en soi, cela signifie simplement qu'on refuse le faux-semblant, ce qui peut demander beaucoup d'énergie. Par ailleurs, les origines de ces troubles sont connues et se situent dans les domaines de la biochimie et des neurosciences, le dysfonctionnement de la dopamine étant notamment impliqué dans la schizophrénie positive.

62. Troubles obsessionnels

Les troubles obsessionnels et compulsifs (TOC) chez l’AS sont généralement traités par des thérapies cognitives et comportementales. Toutefois, chez l’AS, ces TOC constituent un moyen d’organiser et de structurer l’information, tant intérieure qu’extérieure. Il serait donc une grave erreur de chercher à corriger ces comportements compulsifs : l’AS finira, le moment venu, par corriger ses TOC ou pas, mais s’il en a encore besoin pour retrouver la paix, n'intervenez pas.

63. Troubles de l'hyperconcentration

L’AS connaît l’extrême attention pour le détail, le travail et la création. C’est un don, mais également une prison sociale dans laquelle il/elle est enfermé(e) ; l'hyperconcentration permet de filtrer tout le superflu, mais exclut simultanément le contact social. L’énergie n’est pas toujours disponible. L’état peut durer jour et nuit quand c’est soutenu par la distribution d'ocytocine, on ressent une légère euphorie et notre concentration et notre force sont augmentées.

Quand il rentrait dans sa bulle de concentration, il était inaccessible, il n'entendait même pas son nom et ne voyait pas les incidents juste à côté de lui. “C'est pas juste, c'est pas cordial, c'est pas poli et c'est pas gentil”

(citation de la série Poldark), dit un proche qui se sent complètement exclu et maltraité. Ce n’est pas une situation rare, ça arrive régulièrement.

J’ai toujours porté une attention extrême aux détails, tant dans mon travail que dans mes créations. Ce don, précieux et singulier des AS, s’est révélé être aussi une sorte de prison sociale dont je me suis souvent senti enfermé. Mon hyperconcentration me permettait d’éliminer tout ce qui était superflu, mais simultanément, elle m’isolait du contact humain. Mon énergie n’était pas inépuisable ; cet état pouvait persister, jour et nuit, surtout lorsque la libération d’ocytocine m’envahissait, me procurant une légère euphorie et renforçant à la fois ma concentration et ma force.

64. Troubles de perception corporelle

La perception corporelle de l’AS est quelque chose de très particulier et méconnu. Un aspect est le fait de sentir des choses que l'on aperçoit, que quand on voit le geste, le sentiment d’être touché doit vraiment rentrer dans la conscience de manière visuelle. Toute approche corporelle doit être faite de face, sinon la réaction tardive risquerait de surprendre. Stress, panique, anxiété.

Un autre aspect méconnu de la perception corporelle est la possibilité d'entendre et de sentir l’activité des organes. Le battement du cœur, les micromouvements de pression et de décompression du foie, la rate, la vésicule biliaire, les reins, les intestins, l'état de l’épiderme.

65. Troubles alimentaires

Équilibrer la glycémie, moins de blé et de fruits en fin de journée, moins de gluten, moins de lactose, plus de légumes (ça peut être compliqué avec l’autisme), de meilleures protéines. Tout en bio, éviter les bonbons et la nourriture industrielle. Préparer soi-même les repas de préférence.

Les émulsifiants

Les émulsifiants présents dans les aliments industriels attaquent directement la muqueuse intestinale, entraînant ainsi une absorption immédiate de diverses substances nuisibles, sans aucune protection pour notre organisme. Ces toxines circulent ensuite dans tout le corps et perturbent le bon fonctionnement du cerveau.

Comment se fait-il que nous ne prêtions pas plus attention à ce que nous consommons, ainsi qu’à la santé de nos proches, de nos enfants et même de nos animaux de compagnie ?

66. Conséquences des produits contenant du gluten

Le gluten est une bombe de glucides qui provoque une hyperproduction d'insuline et a pour effet d'ouvrir les parois des intestins. La gliadine-α circule librement dans le sang, et c’est fort possible que ce soit à l'origine des troubles du neurodéveloppement.

Beaucoup de recherches portent sur l'intolérance au gluten, mais les chercheurs « ont manqué l'éléphant dans la pièce ». Le gluten a des facteurs perturbateurs tellement plus significatifs, provoquant des micro-inflammations, du surpoids et perturbant le système de neurotransmetteurs. « Je ne sais pas par moments s'il faut rire ou pleurer de l’inconscience. »

Dans le cas des troubles de l'autisme, il est recommandé d'adopter un régime sans gluten, au moins pour un temps, sans lactose et sans caséine, tout en supplémentant le lait végétal avec du calcium et du magnésium. Ce régime a pour effet de réduire considérablement les troubles de l’AS. Tout produit inflammatoire (pour les intestins) doit être Évitez !

Si nous adoptons une alimentation pauvre en glucides, nous constatons que ces derniers entraînent une répartition déséquilibrée de l’énergie. Après avoir consommé des aliments riches en glucides, un regain d’énergie se fait sentir, suivi peu de temps après par un effondrement, qui réveille à nouveau l’appétit et relance le cycle : manger, digérer, énergie en hausse, puis chute brutale. Notre organisme se retrouve ainsi surmené, victime d’un harcèlement constant qui engendre un déséquilibre quasi addictif.

Par ailleurs, le gluten semble provoquer une surproduction d’insuline, laquelle enrobe le gluten et le transforme en une forme de graisse corporelle difficile à mobiliser.

Je conseille de trouver un équilibre harmonieux entre les légumes, riches en glucides lents, les protéines végétales et les glucides rapides. Pour reprendre une image gourmande, si notre alimentation était un gâteau divisé en trois parts, il faudrait que la combinaison des légumes et des protéines représente plus de la moitié de ce gâteau.

Enfin, il est préférable de consommer les fruits en dehors des repas et d’éviter de les associer aux céréales ou aux sucres.

67. Conséquences du sucre

Au fil de mon parcours, j’ai compris combien le sucre, présent partout et d’une addiction redoutable, peut affecter notre quotidien. Ce composé, notamment sous forme de trisaccharides, est bien plus qu’un simple plaisir gustatif : il perturbe la concentration, épuise l’énergie, favorise un mauvais stockage des graisses et déséquilibre le métabolisme. Pour ceux d’entre nous qui vivent avec des troubles du spectre autistique, ainsi que pour les “zèbres”, les hyperactifs et, en réalité, pour tout un chacun, ce stimulant qui dérègle le cerveau et le système hormonal représente un véritable défi.

J’ai souvent médité sur ce cercle vicieux d’addictions qui nous maintient dans un état de consommation permanente. Le sucre, le sel, les glutamates (qui excitent le cerveau), l’alcool, le tabac, le café, sans oublier les farines et céréales raffinées ainsi que le gluten, forment un enchaînement qui, bien que paraissant anodin pour certains, engendre un dysfonctionnement profond. Ceci est particulièrement vrai pour ceux qui luttent quotidiennement pour une existence digne. Il me semble essentiel, en particulier pour les personnes concernées, de repenser ces habitudes pour envisager une vie plus équilibrée.

68. Des conséquences des produits laitiers

J’ai découvert que le lait ne renferme pas l’enzyme lactase, indispensable pour digérer son sucre naturel. Pourtant, ce qui m’a le plus surpris, c’est l’impact des caséines, qui semblent être à l’origine de nombreuses perturbations. En effet, ces protéines laitières présentent une ressemblance frappante avec la gliadine-α, l’une des composantes du gluten. Lorsque la paroi de l’intestin devient trop perméable, ces molécules se retrouvent en circulation libre dans le sang et franchissent la barrière hémato-encéphalique, cette dernière protégeant habituellement le cerveau et le système nerveux central. Ce passage anormal provoque de légères inflammations et perturbe la production des neurotransmetteurs, ce qui peut entraîner divers problèmes neurologiques, une répartition déséquilibrée des neurotransmetteurs ainsi que des troubles du développement neurologique.

69. Rejets de certaines textures

La texture des fruits et légumes peut parfois gêner l’AS. Bien que les fibres soient essentielles au bon fonctionnement des intestins, il est surprenant que ce dont l’AS a besoin pour sa santé soit si difficile à accepter. Il est primordial, dès le plus jeune âge, de ne jamais forcer l’AS à manger ; il convient plutôt de lui proposer une grande diversité de saveurs et de couleurs sans aucune contrainte.

Il y a trois mécanismes à connaître :

– L'enregistrement d'expériences dans des fichiers du cerveau,

– La déformation ou l'exagération de l'information par l'effet de saillance de la dopamine,

– Des informations négatives peuvent surgir à tout moment d'un fichier.

Par exemple, la texture et le goût du poireau, de l'oignon ou du potimarron peuvent se manifester et compromettre un repas réussi. Grâce à l'effet de saillance, les fibres peuvent acquérir une importance disproportionnée dans l'esprit de l’AS, ce qui peut compromettre ses repas pendant des années. Permettre à l’AS de découvrir librement, sans contrainte traumatisante, de nouvelles saveurs contribue, sur le long terme, à développer un véritable plaisir culinaire. Par ailleurs, il est recommandé d'éviter les viandes rouges en raison des risques bactériologiques et de la charge qu'elles représentent pour des intestins sensibles.

70. Rejet de l’amertume et des aliments riches en soufre et en minéraux

Un phénomène typiquement observé chez l’AS se manifeste : tous les goûts et produits contenant des substances naturelles essentielles au bon fonctionnement et au bien-être des organes surchargés se révèlent systématiquement difficiles à avaler. L’amertume ainsi que les légumes riches en soufre et en certains minéraux – pourtant bénéfiques pour le foie, les intestins et la circulation – sont rejetés. Ce rejet n’est pas permanent, surtout si vous suivez les conseils de ne jamais forcer ou contraindre notre « AS de cœur ».

Hors normes

Un déséquilibre cyclique des systèmes métaboliques

De nombreux AS présentent un déséquilibre cyclique de leurs systèmes métaboliques. En effet, la thyroïde, le système immunitaire, le système digestif, le système neuronal ainsi que le système hormonal se trouvent en désordre permanent, ce qui conduit au DTTS.

Parmi les conséquences, on observe une répartition perturbée des éléments suivants :

● Sérotonine

● Noradrénaline

● Adrénaline

● Inhibiteurs (comme le GABA)

● Dopamine (qui régule notamment l'émotion, les réactions au stress, le sommeil et l'appétit)

● Mélatonine (impliquée dans le sommeil et le système immunitaire)

● Cytokines dans le système digestif

● Cortisol (l'hormone du stress, qui régule le taux de sucre dans le sang et atténue également les réactions sensorielles fortes)

DTTS (désordres du traitement temporo-spatial) Bruno Gepner

Service de psychiatrie infanto-juvénile, hôpital Montperrin, Université de Provence (Aix-Marseille 1)

1. Désordres de traitement de mouvement visuel

Certains enfants autistes pourraient présenter des troubles dans la perception visuelle des mouvements, qu'il s'agisse des déplacements dans leur environnement ou des mouvements faciaux et corporels, notamment ceux liés aux émotions.

2. Désordres de perception des mouvements labiaux

Lire les mouvements des lèvres et reconnaître les expressions faciales est une compétence généralement maîtrisée par les personnes allistiques. Cependant, avec le temps, les personnes autistes peuvent également développer ces aptitudes.

3. Troubles dans la perception des émotions faciales et corporelles

La gestion des informations émotionnelles s’avère complexe. Sans un traitement automatique efficace par le cerveau, ces informations sont difficiles à intégrer. Elles pourraient pourtant être mieux appréhendées si les expressions faciales et corporelles étaient plus lentes. En effet, la partie du cerveau des personnes autistes qui traite ces informations de manière automatique est souvent sous-développée. Une aide thérapeutique, comme le Brain Gym, combinée à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), peut stimuler le neurodéveloppement et aider à mieux comprendre les émotions.

4. Déficit d’empathie

Les difficultés de communication et de sociabilité observées chez les personnes autistes s’expliquent en partie par une interprétation erronée des expressions faciales et corporelles, ainsi que par un manque d’expression empathique dans le rythme de la communication. Ces problèmes neurodéveloppementaux entravent l’interaction, la communication et le comportement.

À l’origine se trouve un état de stress, la production d'adrénaline et un état défensif. L'adrénaline entraîne une perception en noir et blanc, sans place pour la subtilité de l’empathie.

5. Malvoyance de l’E-motion

Chez les personnes allistiques, les émotions sont référencées, ce qui permet d’en identifier une en la comparant à des repères internes – un peu comme disposer d’une liste d’émoticônes (sourire, colère, clin d’œil, etc.) dont chaque référence est automatiquement validée. En revanche, chez les personnes autistes, il n’existe pas ce mécanisme automatique de construction d’identité émotionnelle, rendant la lecture des émotions très difficile, voire impossible. Avec le temps, et à l’âge adulte, les personnes autistes finissent par saisir certaines nuances dans l’expression des émotions, même si leur gestion reste relativement lente pour atteindre une communication de haut niveau. Les émoticônes peuvent grandement contribuer à identifier les émotions chez autrui.

6. Cécité mentale (zones d'aveuglement mental)

Je connais des exemples de cécité mentale. Par exemple, certains scientifiques semblent également victimes de cet aveuglement : ils se concentrent sur l’étude minutieuse d’un sujet sans chercher à en appréhender la globalité. C’est comme être blindé pour son environnement, se limitant à un focus sur des minuscules détails.

Un exemple concret : « Souvent, lorsqu’il entrait dans la cuisine où plusieurs personnes préparaient le repas, il finissait par occuper tout l’évier, sans s'apercevoir qu’il empiétait sur l’espace des autres. Il posait des questions sans réaliser qu’il les avait déjà posées. Nous en devenions alors invisibles. Plus tard, il ne se souvenait même pas de notre présence ni du fait que nous avions répondu à ses questions. »

7. Dysfonction exécutive et troubles moteurs (volition)

L’application de la volonté dans l’exécution de gestes moteurs peut être compromise par des problèmes physiologiques affectant le circuit qui relie la pensée au geste. Autrement dit, même si l’intention est présente, le mouvement ne s’exécute pas toujours comme souhaité. Les gestes exécutifs correspondent aux actions quotidiennes telles que s’asseoir, se lever, se brosser les dents, manger ou s’habiller, et ils relèvent de compétences à la fois exécutives et autonomes. En général, ces gestes ne nécessitent pas une réflexion consciente. Cependant, l’AS doit déployer des efforts particuliers, car son fonctionnement exécutif est immature.

Pour réaliser des gestes exceptionnels qui sortent de la routine, il est nécessaire de mobiliser et de planifier nos fonctions exécutives et motrices. Dans ces situations, on peut affirmer que l’AS dispose d’acquis supplémentaires.

8. Désordres d'intégration visuo-motrice

Les difficultés d'apprentissage liées au neurodéveloppement et aux processus immatures du cerveau trouvent une réponse dans le Brain Gym, une méthode destinée à stimuler ce neurodéveloppement. À l’origine, cette approche s’appuie sur les travaux de Temple Sedgwick Fay, neurologue et neurochirurgien américain, des études reprises par Harald Blomberg (RMT – Rhythmic Movement Training) et Béatriz Padovan (méthode Padovan).

« Ce n'est pas mon œil qui voit, ce n'est pas mon oreille qui entend, mais c'est mon être tout entier qui voit et qui entend. » Aristote

« Un scientifique est un aveugle qui commence à voir des choses, un AS est un voyant qui a des difficultés à expliquer tout ce qu'il voit. » jp

9. Désordres proprioceptifs visuels (la perception de son corps et des objets dans l’espace)

La proprioception est le sens qui nous permet de connaître la position de notre corps dans l’espace. Lorsqu’elle est défaillante, nous risquons de heurter des portes ouvertes, de nous prendre les genoux dans des chaises ou de nous cogner le coude contre la table.

Le système somesthésique – ou somatosensoriel – recueille les informations sensorielles provenant de tout notre corps grâce à des récepteurs cutanés, musculaires, articulaires et squelettiques, ainsi qu'à ceux situés dans le cœur, les poumons, le système digestif et le système endocrinien. Nos récepteurs se trouvent en effet partout, et chez une personne avec un AS, l’information peut être perturbée : parfois perçue de façon amplifiée, voire extrême, et d’autres fois imperceptible, retardée ou absente.

Un exemple illustratif : si nous approchons une personne AS par l’arrière et lui touchons l’épaule, elle pourrait ne pas percevoir immédiatement ce contact ou, au contraire, le ressentir de manière trop intense. Une telle situation risque de provoquer une réaction de panique et de désorientation. Il est donc préférable que votre geste soit d’abord visible, afin que le sentiment d’être touché se construise ensuite.

« La perception chez l’AS est différente. Si l’on compare la perception d’une personne allistique à celle d’une abeille, d’un chien ou d’un chat, la personne AS ressemblerait davantage à un chat, tandis que la personne allistique serait comparable à un chien. Nous considérons trop souvent la perception de la personne allistique comme la norme, alors qu’aujourd’hui nous entamons une ère de nouvelles normes perceptives, celles de l’AS. »

10. Désordres de cognition (le non-enregistrement de perception, mémorisation, raisonnement, émotions : origine physiologique/neurologique)

Les processus cognitifs regroupent l’ensemble des mécanismes mentaux permettant à un individu de recevoir, traiter, stocker et utiliser des informations ou des connaissances.

Un trouble cognitif se caractérise par un ensemble de symptômes – notamment des difficultés de mémoire et de perception – qui empêchent l’AS d’émerger et d’agir de manière appropriée au moment opportun.

Dans le cas des troubles DTTS, le fonctionnement cognitif est présent, mais il ne s’active pas normalement. Il faut être un observateur attentif pour identifier les déclencheurs et les réactions cognitives chez l’AS.

« Il faut être AS pour vraiment percevoir tous les subtils processus cognitifs de l’AS. »

11. Déficits imitatifs

Imiter est pour l’enfant une façon d’apprendre, lui permettant d'intérioriser gestes et réactions. L’AS enregistre ces comportements dans un premier temps sans les reproduire immédiatement, mais ces gestes imitatifs refont surface plus tard, voire bien plus tard : des mois, voire des années après. Au moment opportun, ils sont appliqués. Pendant ce temps, les chercheurs se méprennent, car l’apprentissage par imitation est bel et bien présent.

« Il faut être AS pour observer véritablement un autre AS et retenir cette observation afin de le reconnaître plus tard (c'est presque magique). »

12. Ralentissement du traitement sensori-moteur et cognitif

Certains facteurs ralentissent le traitement rapide des informations chez l’AS. En revanche, d’autres processus sont au contraire accélérés dans les domaines de l’obsession et de la passion – que ce soit en sport, en mathématiques, en science, en cuisine, en musique, en chorégraphie, ou dans bien d’autres domaines.

« Mais où se trouve ce handicap, ce trouble ? » La réponse est juste à côté : c’est le syndrome du professeur. Il excelle dans le domaine de la dilection professionnelle, mais se révèle incapable de gérer les aspects banals du quotidien.

13. Troubles du langage

Les troubles du langage peuvent à la fois compromettre la capacité d'une personne à apprendre à parler, et celle de communiquer. Leurs formes et causes sont très variées. On distingue, par exemple, l'aphasie (ou mutisme), qui se traduit par une perte de la capacité à parler ou à comprendre le langage, qu'il soit écrit ou oral. On note également la dysphasie, trouble du développement du langage chez l'enfant, affectant autant l'écrit que l'oral.

Nous avons déjà exploré de nombreuses pistes concernant les origines chez l'AS. Il est crucial de comprendre que tout dépend du moment. L'attente est souvent mal placée : un AS est différent et n'exercez pas de pression excessive. Les troubles peuvent rapidement disparaître si l'on respecte certaines règles :

1. diététiques,

2. neurodéveloppementales (mouvements archaïques, brain gym et environnement stimulant),

3. Un environnement qui stimule les centres d'intérêt et favorise l'engagement.

« Les attentes allistiques représentent le plus grand obstacle au développement de l'AS », car elles créent un environnement inapproprié, contraint et tendu.

14. Déficit d'anticipation motrice (volition)

L’anticipation motrice constitue l’aspect fondamental de la volition, c’est-à-dire la capacité de mobiliser sa volonté pour exécuter des gestes. Par moments, je compare l’AS à un astronaute sur la Lune ou sur une autre planète, qui doit télécommander un geste spécifique pour actionner le bras robotique de sa combinaison, et dont le geste ne fonctionne pas. Il ne s’agit pas simplement d’un circuit isolé défaillant, mais d’un ensemble complexe de connecteurs, de récepteurs et d’ordres (hormones) qui ne s’activent pas.

Le protocole thérapeutique repose sur « beaucoup de patience » et l’utilisation de gestes neurodéveloppementaux et archaïques visant à stimuler le système neuronal.

15. Déficits de représentation d’un modèle interne

La représentation interne est liée à un modèle sécurisant offert par la mère ou le père et intervient dans la construction de l'identité fondamentale dans laquelle l’AS trouve calme et attachement. La formation de l’identité est un mécanisme typiquement observé chez les personnes neurotypiques, dont l'absence est marquante chez l’AS, tandis que l’attachement se met néanmoins en place.

16. Déficit dans le traitement du flux proprioceptif

La proprioception est le sens qui nous permet de connaître la position de notre corps dans l’espace. Elle repose à la fois sur les informations captées par les récepteurs et sur leur traitement, ce dernier pouvant être altéré chez l’AS. En effet, lorsque le flux d’informations devient trop important, des perturbations extérieures surviennent régulièrement.

17. Déficit d’attention conjointe (observation des situations sans intégration globale)

Selon l'explication de van Dalen (AS) :

Prenons l'exemple d'un marteau posé sur une table. Dans un premier temps, je ne perçois pas l'objet en tant que tel, mais uniquement des éléments séparés : un bloc de fer de forme carrée et, à proximité immédiate, un bâton en bois, présents indépendamment l'un de l'autre. Peu après, ces perceptions se réunissent pour évoquer l'image d'un marteau et, ultérieurement, je suis capable de nommer l'objet : « MARTEAU ». Plus tard encore, j'apprends que cet objet possède une fonction précise, à savoir « TAPER ».

D'après Hilde Clercq.

De même, lorsqu'un doigt est pointé vers un objet et que l'enfant se contente de fixer le doigt, c'est que l'attention conjointe n'est pas encore effective. L'enfant autiste (AS) se focalise sur ce détail, l'admirant sans parvenir à dépasser l'attraction exercée par le doigt, et il n'est pas encore en mesure d'en faire la synthèse. Ce type de difficulté peut persister à l'âge adulte chez certaines personnes autistes, se manifestant par une hyperconcentration et une obsession pour les détails.

18. Désordres du contact oculaire

Les mouvements rapides des globes oculaires ainsi que ceux d’autres éléments du visage de l’interlocuteur (paupières, sourcils, lèvres, etc.) peuvent engendrer une surcharge d’informations difficile à traiter pour l’AS.

19. Déficit de détection de la direction de regard

C'est l’attention conjointe qui ne fonctionne pas, la direction oculaire est impossible à suivre, l'œil dirigé vers une direction ne donne pas assez d’information pour une synthèse.

20. Déficit de perception des mouvements oculaires

Un trop grand nombre d'informations est difficile à gérer pour l’AS, il y a aussi des difficultés à supporter l’énergie et la tension du regard de l’autre avec en plus des émotions qui rayonnent des yeux (insupportable). Au contraire de ce qu’on pense, l'AS capture beaucoup plus d’informations que les allistiques, simplement la synthèse des informations donne un résultat différent.

21. Attention statique sur-focalisée (déconnexion oculaire)

Lorsque mon regard se fige, je remarque que mon attention se dirige vers des sphères intérieures insoupçonnées. Une tension subtile s’installe alors dans mes yeux, révélant toute l’intensité de l’observation de mon monde intérieur.

22. Perception locale accrue : l’augmentation intense, ou au contraire la diminution, de la concentration locale constitue à la fois une capacité et une faiblesse de l’AS.

23. Faiblesse de cohérence centrale

La cohérence centrale consiste à se mettre à la place d’autrui pour comprendre ses pensées, ses croyances, ses émotions et son état d’esprit. Selon l’intelligence et l’aptitude analytique de l’AS, cette capacité peut être excellente ou médiocre. Une chose est sûre : les conclusions et résultats obtenus par des conclusions allistiques sont différents chez l’AS et ne se manifestent pas de manière automatique. Néanmoins, ils sont souvent positifs, malgré l’existence de stéréotypes connus.

24. Capacités graphiques et mémoire spatiale accrues

Chez les personnes AS, presque tout fonctionne différemment. On observe à la fois des capacités supérieures et des aptitudes en deçà de la norme. Il convient de se méfier des stéréotypes.

Il est essentiel de comprendre d’abord le fonctionnement des processus au niveau des neurosciences et de réaliser qu’en matière de variations neuronales, tout et son contraire est possible.

N'oubliez pas que l’on note principalement les déficiences, tandis que les fonctionnements normaux ou supérieurs à la norme passent souvent inaperçus.

25. Dysfonctionnement de catégorisation des phonèmes

Le classement et les valeurs ont des normes différentes chez l’AS, la normalité n’existe pas, tout est unique et la valeur des événements et choses n'est forcément pas la même que la vôtre.

À réfléchir : la question de la perception et de la catégorisation des phonèmes en mettant en avant l’idée que les normes de classement – c’est-à-dire les critères qui permettent de distinguer un son d’un autre – par exemple – ne sont pas généraux. Voici quelques points clés pour éclairer ce propos :

1. Variations dans les normes de classification :

La formulation principale est considérée comme « normale » ou « correcte » dans la catégorisation des expressions, ce qui peut varier selon les références. Chaque individu peut appliquer des critères qui lui sont propres.

2. Singularité des systèmes perceptifs :

L’expression « Tout est unique et la valeur des événements ou des choses n'est pas forcément la même pour tous » insiste sur le fait que la perception et l’interprétation des sons – et expressions des choses – reposent sur des constructions mentales subjectives. Dans certains cas, comme chez des personnes présentant des troubles du langage ou des particularités neurodéveloppementales, la manière de catégoriser ces sons peut varier et n’est pas un standard.

3. Implications linguistiques et troubles du langage :

Les troubles de la catégorisation des phonèmes soulignent que l’approche allistique « normée » ou standardisée n’est pas toujours la plus adaptée pour comprendre et aider chaque individu. Les « normes » allistiques utilisées peuvent être vues comme des conventions qui ne correspondent pas à la réalité de quelqu'un de différent, de son système perceptif ou cognitif. Le fonctionnement de « L'AS » et ses références varient souvent par rapport à la norme et selon des contextes particuliers.

En somme, ce passage met en lumière la relativité des critères de catégorisation, en rappelant que l’unicité de l’expérience perceptive fait qu’il n’existe pas de normalité absolue dans l’interprétation.

26. Hallucinations

L’AS peut à tout moment voir des choses différentes. Si cette perception est mal comprise, nous l'appellerons des hallucinations, tandis que les plus grands spécialistes de l'EMC, comme Rick Doblin, affirment qu'il s'agit d'une réalité perçue sur d'autres plans.

27. Discours désorganisé

L’AS peut parfois présenter des symptômes légers de psychose, dont le discours désorganisé fait partie. Ces manifestations sont généralement de courte durée et résultent de troubles sous-jacents. Par exemple, le manque de sommeil peut, après environ cinq jours, provoquer des incohérences et des phénomènes psychotiques légers. La dépression ainsi que d’autres symptômes psychotiques modérés peuvent également apparaître, comme des épisodes d’anxiété. Il est important de souligner que la véritable psychose est nettement plus sévère et persistante. Dans ce cas précis, les symptômes légers observés sont attribuables à la distribution de dopamine et à ses effets, tels qu'ils ont été reconnus par la communauté scientifique.

Source : World Psychiatry, février 2016 « Dopamine and the aberrant salience hypothesis of schizophrenia » Oliver D. Howes et Matthew M. Nour

Le Désordres du Traitement Temporo-Spatial DTTS font partie des recherches de Bruno Gepner

Université d'Aix-en-Provence

Et si les problèmes d’interaction et de focalisation des personnes autistes étaient liés à des modes particuliers de perception ? Si leurs comportements atypiques découlent de leur façon de voir.

Les DTTS sont considérés comme des désordres neuropsychologiques précoces et nodaux, desquels résultent en cascade de nombreux maux développementaux, c’est-à-dire les manifestations comportementales, motrices et cognitives des personnes autistes ou sur le quantum spectre*.

Ce spectre génétique se manifeste par l’expression des multiples variations. Pour établir une catégorisation, le monde scientifique a attribué plusieurs étiquettes, bien qu'elles ne couvrent pas la réalité, ces idées peuvent au moins aider à formuler une hypothèse de travail.

Le vilain petit canard et son exclusion (le monde de Hans Christian Andersen, AS lui aussi)

Les autres le harcèlent et font des vilaines choses en l'excluant lorsqu'il est différent. Comme il se sent seul, il finit par se retirer dans son propre monde.

Un jour, avec beaucoup d'efforts, nous découvrons la beauté et les capacités extraordinaires du signe qui étaient cachées sous un plumage étrange.

Dans le scénario de la série coréenne It's Okay Not to Be Okay,

"C'est un drame reflétant ma personnalité avec son étroitesse d'esprit qui n'a pas réussi à reconnaître et à embrasser l’autre, et a choisi d'abandonner juste pour échapper aux préjugés."

Source : Jo Young, écrivaine coréenne

Il arrive fréquemment que des personnes sur le spectre AS développent des troubles de la personnalité, allant parfois jusqu’à devenir borderline.

Le spectre autistique peut se transmettre sur plusieurs générations. Lorsque les parents ne parviennent pas à accompagner correctement leurs enfants, cela peut mener à des trajectoires très diverses.

Dans ma propre famille proche, mon frère est devenu borderline parce que mes parents avaient décroché. Un adolescent AS peut particulièrement être difficile à gérer, et le sacrifice nécessaire pour l’aider peut être écrasant. Nous savions que mon frère possédait de grandes qualités ainsi que des capacités intellectuelles et créatives. Pourtant, il ne supportait pas le monde et la société dans lesquels il évoluait, et il a tout fait pour s’en échapper. Il a détruit son corps dans la toxicomanie. Sans accompagnement, une personne autiste ne trouve pas toujours un chemin épanouissant.

Dans ma famille, il y a de tout : des enfants AS, des TDAH, des parents souffrant de troubles de la personnalité… et le résultat n’est pas toujours heureux. Dans ces cas-là, les parents transmettent souvent leurs propres névroses et failles à leurs enfants.

Mais, il existe aussi des parcours plus lumineux, des situations heureuses qui mènent à des résultats inattendus. Parfois, le vilain petit canard finit par déployer ses ailes. jp

« Qu’un jardin plein de merveilles puisse fleurir soutenu par la force de ton âme. » jp.

Le rêve lucide, la conscience lucide savante, l’être lucide savant, ce qui est accessible pour l’AS

Le rêve lucide est le reflet de la nuit, tandis que la conscience lucide savante est celui de l’aurore. L’être lucide savant (« lucid being ») représente la manifestation de la conscience de l’âme éternelle.

La conscience lucide se manifeste par des réponses immédiates, sans temps de réflexion. La rapidité des réponses est surprenante, et la nature de cette communication est directe et instantanée.

L’état de transe du chamane se situe dans le domaine de l’inconscient collectif. L’information y est extraite et ramenée à la conscience, activant certaines capacités psychotiques telles qu’une force exceptionnelle, une résistance accrue à la douleur et une endurance décuplée. Les facultés d’autoguérison sont également stimulées, bien que leur efficacité dépende des capacités d’interprétation du chamane.

À l’inverse, la conscience lucide savante ouvre l’accès à une perception multidimensionnelle de haute intensité, tandis que le corps demeure passif. Selon les différents états de conscience modifiée, divers « clusters » physiques seraient activés.

Note : le plus grand danger pour l’humanité reste l’homme lui-même. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à étudier le fonctionnement de la psyché humaine, comme le soulignait Jung. Nous connaissons encore trop peu les mécanismes de notre propre esprit. L’homme a enfermé sa conscience dans les limites de l’espace et du temps, alors même que nous savons qu’il possède des facultés de prévoyance, la capacité de percevoir au-delà de son champ de vision immédiat, et bien d’autres aptitudes extraordinaires, bien que rares et encore mal comprises.

Une idée issue de la thérapie comportementale :

je ne suis pas mon corps, je ne suis pas mes émotions, je ne suis pas mes pensées.

En neurosciences, de nombreuses expériences ont été menées sur l'observation de soi d'une manière détachée. Observer ses états émotionnels permet de réduire les réactions qu'ils engendrent, rendant ainsi la situation plus maîtrisable.

L'objectif n'est pas de devenir un robot, mais de se libérer de certaines émotions, pensées, sensations physiques ou addictions afin de ne pas en être l'esclave. Il s'agit de s'affranchir des réactions automatiques et obsessionnelles.

L’AS se caractérise par une approche naturellement détachée et désidentifiée, car tout est lié à l’individu et à son comportement dans une situation donnée. L'AS ne construit pas d'identité de manière conventionnelle, et les réactions émotionnelles ou comportementales sont souvent différées dans le temps.

Les centres de force des pensées et des influences

Les centres de force des pensées communes sont des champs électromagnétiques où les idées partagées sur des sujets spécifiques se regroupent et se renforcent avec le temps, notamment par la répétition. Ces centres stockent des pensées, des concepts, ainsi que des algorithmes mentaux – des schémas de pensée structurés qui fonctionnent comme des programmes pouvant être reproduits. Relativement stables, ils évoluent en véritables égrégores de groupe, formant ainsi des champs de force influents.

Des champs énergétiques

Ces centres sont étroitement liés à notre esprit, à notre héritage ancestral au niveau cellulaire et génétique, ainsi qu'à notre sang, qui possède une dimension électromagnétique. Ils perpétuent également les traditions et exercent une influence sur nos pensées, en résonance avec l’environnement dans lequel nous évoluons. Nos propres pensées et perspectives contribuent à nourrir et à maintenir ces champs énergétiques.

L’AS est particulièrement sensible aux influences des pensées communes, mais il les repousse grâce à son discernement et à sa quête d’autonomie. L’allistique, en revanche, est souvent façonnée par des pensées collectives portant sur des sujets tels que la politique, les événements sociaux, la santé, l’éducation ou encore les autorités.

Les centres de force émotionnels et le désir

Les émotions sont en perpétuel mouvement. Depuis longtemps, le marketing s’appuie sur la création incessante de nouvelles émotions pour susciter des pulsions et des envies.

Nous sommes constamment poussés ou attirés, mais l’attraction est le mécanisme le plus puissant. Elle exerce un magnétisme subtil qui influence notre inconscient. Prenons un exemple : "J’ai envie d’un Coca-Cola." Cette envie est partagée par des millions de personnes. Il suffit d’apercevoir le logo, la bouteille ou un verre rempli de bulles et de glaçons pour que le désir s’intensifie.

Lorsqu’une force nous pousse, nous en avons conscience. En revanche, l’influence des émotions peut s’infiltrer en nous sans que nous nous en rendions compte.

Les centres de force émotionnels génèrent des mouvements collectifs. Leur influence s’exerce à travers tous nos sens, nous amenant à partager nos émotions, nos désirs, nos peurs, nos joies. Nous réagissons ensemble face aux événements.

Un jeune AS va affiner son discernement et identifier une par une ses émotions, les nommer afin de ne plus en être esclave.

Ces centres émotionnels forment également des égrégores, des concentrations d’énergie pouvant être lourdes ou légères selon leur nature — qu’il s’agisse de beauté, de partage ou d’un événement marquant. En tant qu’êtres humains, nous alimentons ces centres par nos émotions, leur permettant ainsi de subsister. Toujours en quête de nouvelles sources d’énergie, ces centres émotionnels ont une durée de vie plus courte que les centres liés à la pensée. Cependant, ils interagissent souvent ensemble, s’activant mutuellement dans un processus

La conscience comme un outil

L’intuition, la perception inconsciente et la perception sensorielle, combinées à la conscience de l’âme, nécessitent une certaine maîtrise de la conscience pour instaurer un ordre dans le chaos. Une personne intuitive a tendance à perdre le contact avec la réalité, vagabondant entre différents mondes jusqu’à se retrouver confrontée brutalement à la réalité.

L’AS (une personne hautement sensible) possède une perception sensorielle affinée, enrichie d’une multitude d’informations supplémentaires en fonction de ses capacités d’hypersensibilité. Avec le temps, il ou elle apprend à naviguer dans ce monde en perpétuel mouvement.

Par ailleurs, les affects – ces états émotionnels enfouis – peuvent également influencer notre perception de la réalité.

Quelques notes de C. G. Jung sur les affects (réactions émotionnelles non contrôlables)

De nombreux dieux de l’Antiquité ne sont que l’incarnation d’affects ; pensez à Mars, Vénus, Éris, Éros, et bien d’autres. Les personnifications de cette nature abondent, comme l’a souligné C. G. Jung.

L’Antiquité utilisait l’expression « coup de foudre » pour évoquer les flèches du dieu Amour. De même, la colère était symbolisée par Éris, qui jetait la pomme de discorde parmi les hommes.

Il existe un quatrième groupe : les éclairs de pensée (intuition), qui peuvent être une irruption positive et libératrice de l’inconscient ou, au contraire, une manifestation négative et angoissante.

Lorsqu’une personne ressent quelque chose de profondément désagréable, elle évite généralement d’en parler. En société, il est de bon ton de ne pas s’épancher sur ses difficultés psychiques.

L’AS a un comportement plutôt stoïcien. Ne pas parler pour éviter la confusion. JP

Des mots sont des déclencheurs d'associations et d'affects, CG Jung. Les mots qui guérissent l'âme et créent la connexion avec le monde de l'âme. JP

Jung s’est intéressé aux thérapies utilisant les mots comme déclencheurs d’associations dans l’inconscient. Il a observé que certains mots, dissimulés dans des séries de termes, provoquaient des réactions émotionnelles et révélaient des états psychiques chez les patients.

En sélectionnant des groupes de mots spécifiques en fonction de leurs associations, il a mis en évidence des psychopathologies présentes au sein des familles. Ces découvertes ont renforcé ses théories sur l’inconscient collectif et familial. Il a ainsi constaté qu’environ 30 % des états mentaux au sein des familles étudiées présentaient un fonctionnement similaire. Soucieux de rester dans une approche scientifique, il a élaboré un système rigoureux permettant d’obtenir des résultats convaincants afin de découvrir les clés ouvrant les portes de l’inconscient et d’identifier les origines de la souffrance humaine.

En tant que chercheur sur le spectre autistique, j’ai constaté que de nombreux facteurs combinés pouvaient déclencher des réactions et révéler des états émotionnels chez l’AS.

Le thérapeute doit écouter avec son cœur, son intelligence, son intuition et sa bienveillance, puis soigner par les mots. Certains mots, propres à chaque individu, ont le pouvoir de guérir les blessures de l’âme et de la personnalité. Toutefois, cette approche n’est efficace que si le thérapeute est lui-même bien orienté, équilibré dans son âme et son esprit.

Assagioli (un médecin neuropsychiatre et pionnier de la psychchosynthèse italienne) propose une vision globale et dynamique de l’être humain. Son approche cherche à intégrer les quatre dimensions fondamentales de l’être : le corps, les émotions, le mental et l’âme.

De mon côté, mon objectif est d’harmoniser l'Esprit, l'Âme et le corps au sein de la conscience humaine.

État Modifié de Conscience (EMC)

Carl Gustav Jung, tout au long de sa vie et à intervalles réguliers, a connu divers états modifiés de conscience. L’un des plus marquants fut un phénomène d’écriture automatique qui, en seulement trois jours, lui permit de rédiger Les Sept Sermons aux Morts [5], un ouvrage profondément mystique abordant la notion de plérôme. Ce terme, d'origine grecque, désigne la plénitude ou encore le monde de l'esprit pur.

Le néant est à la fois vide et plein…

La sensibilité propre au spectre autistique (AS) permet-elle un accès plus direct à ce plérôme ? Choisir d'évoluer vers une conscience plus développée est un chemin long et exigeant pour beaucoup. Je suis convaincu que l’inaccessibilité du monde tel que le perçoit l’humain lambda pousse les personnes du spectre AS à développer davantage cette dimension de l’esprit – une nécessité, peut-être, dictée par la survie.

La connexion cerveau-intestin

De nombreux troubles psychiques – dépression, manque de concentration, irritabilité, insomnie et divers désordres psychotiques – sont souvent liés à un mauvais état des intestins. La relation entre le cerveau et les intestins constitue l'une des clés essentielles d'une bonne santé mentale. En effet, les intestins fournissent de l’énergie, sont à la base de la production et de la distribution des neurotransmetteurs, interviennent dans le système glymphatique (le canal de communication entre intestins et cerveau) et participent à l’évacuation des toxines.

Il n’appartient qu’à vous de prendre en main la santé intestinale, la vôtre et celle de vos enfants, afin d’améliorer la condition autistique ainsi que celle des personnes allistiques.

C’est une démarche concrète : modifier vos habitudes alimentaires pour obtenir de réels résultats.

La volonté est moteur.

Il est également essentiel de s’informer sur le domaine de la volonté, véritable outil de changement dans divers aspects de la vie. Comprendre le fonctionnement du cerveau vous permettra de gérer vos réactions et d’apprendre à surmonter les impulsions négatives, afin de ne pas vous enfermer dans de mauvaises habitudes, mais au contraire de les transformer. Cela n’est pas impossible ; d’autres y sont parvenus, bien que cela exige un effort et une volonté considérables. Je dois admettre que je ne connais pas suffisamment votre situation pour prodiguer des conseils personnalisés, mais je peux vous indiquer quelques pistes à explorer.

La psychanalyse freudienne/lacanienne

Les mécanismes et les règles de la psychanalyse sont assez impressionnants. Je pense que l’aspect mental de cette discipline – avec ses règles strictes et son orientation dogmatique et intellectuelle – peut fermer des portes à l’évolution humaine, tant pour le thérapeute que pour le client, et je dis cela parce que nous l’avons expérimenté dans notre vie personnelle.

Dans ces dogmes psychiatriques du vingtième siècle, il y a trop peu de possibilités pour que l’âme puisse s’exprimer et permettre à la conscience d’atteindre un autre plan. Les méthodes freudiennes/lacaniennes nous orientent vers une vie vécue uniquement au niveau du Moi, sans véritablement être animée par l’âme. Freud a un jour déclaré qu’il ne traitait qu’un seul étage – le « Moi » – dans l’immeuble de la conscience (c’est ainsi qu’il se définissait).

Il est bien entendu possible d’intégrer davantage d’éléments de choc dans une thérapie, comme l’a fait Lacan, interrompant parfois la séance après des révélations significatives afin de diriger encore plus la conscience du client vers des affects cachés.

Les méthodes de choc des mouvements psycho-spirituels

Il y a toujours eu des mouvements et des leaders psycho-spirituels qui ont secoué leurs élèves, tels que Gurdjieff, Andrew Cohen ou Osho, qui imposaient des épreuves choquantes sur le chemin pour favoriser le développement d’une conscience spirituelle.

La question demeure : où nous amène réellement une thérapie ? Peut-elle donner un sens plus profond à la vie ? Construisons-nous en profondeur notre âme ou nous contentons-nous de tourner autour de notre propre nombril ?

L’amour non exprimé

L’amour non exprimé, l’amour rejeté, se transforme en maladie (selon Serguei Lazarev, dans une perspective de diagnostic karmique). Selon ma vision, la thérapeute doit s’exprimer et soutenir son client avec toute son âme, en utilisant son intellect simplement comme un outil. L’orientation du thérapeute requiert une véritable conscience de l’âme et une démarche spirituelle.

Ame à âme

La rencontre entre le thérapeute et le client est une rencontre d’âme à âme, qui permet un contact authentique, sans les effets indésirables des transferts envahissants. Cela exige beaucoup de travail sur soi-même avant que le thérapeute ne soit réellement prêt.

J’ai observé toutes sortes de thérapeutes, prisonniers de leur propre désir guidé par le mental, s’appuyant sur des mécanismes logiques et devenant ainsi des juges dogmatiques vis-à-vis de leurs clients. Comment, dans ces conditions, l’âme peut-elle réellement s’exprimer ?

La psychanalyse peut également être dirigée et enrichie par les clés de l’âme : la gentillesse, la beauté, l’harmonie, la cohérence, la paix, la sérénité, la puissance, le partage, l’empathie, l’équilibre, la modestie, la miséricorde, la compassion, le sacrifice, la guérison, l’unité, l’amour, l’humour, la libération, la liberté, la justesse, le cœur, l’intuition, la vérité, l’inspiration, la sensibilité, la finesse, la subtilité, la force, une énergie positive, constructive et honnête, un sens du devoir, la véritable intelligence, une expression solaire pleine de vie, de vitalité, de respiration, le souffle de vie, la bienveillance et le bien.

Pour moi, la thérapie doit se tourner vers l’âme. Parallèlement, elle peut aider à dégager les aspects obscurs du « Moi » – ces pulsions, désirs, attractions et troubles envahissants. La thérapie peut ainsi éclairer l’obscurité grâce à une conscience en évolution, ouvrir une porte, proposer un nouveau chemin et faire en sorte que les affects perdent de leur emprise puisqu’ils ne sont plus nourris.

Je pense que le meilleur accompagnement de l’AS est d’aider à trouver sa conscience d'âme. L'âme amène l’individu à l'harmonie, à l'équilibre, à la joie.

Pourquoi la psychanalyse ne peut-elle pas fonctionner pour les personnes autistes ?

Même la thérapeute la plus avisée se retrouve face à l'inconnu lorsqu'elle travaille avec une personne sur le spectre AS. En effet, les dogmes et mécanismes traditionnels de la psychanalyse reposent sur des suppositions erronées et des interprétations dénuées de références solides, qui ne correspondent guère à la réalité de ces individus. Les générations AS, avec leur terrain génétique distinct, ne réagissent pas comme les allistiques, et de telles interprétations ou jugements peuvent causer de grands dommages.

Par ailleurs, l'histoire familiale et l'influence parentale constituent un récit à part, transmis de génération en génération. Il ne s'agit pas d'une histoire unique, mais de milliers d'histoires différentes, chacune façonnée par les caractéristiques propres à chaque individu.

Perpétuelle évolution

Une personne autiste est un être en perpétuelle évolution, changeant chaque jour de sa vie. Pour communiquer véritablement avec elle, il faut dialoguer avec son âme, ce qui nécessite de développer une conscience profonde de celle-ci. Pourtant, une fois cette conscience acquise, l'envie de pratiquer la psychanalyse disparaît, constituant ainsi un obstacle majeur.

Il ne s'agit pas de psychanalyse, mais bien de psychosynthèse pour l’AS. Explorer l'inconscient à travers diverses techniques revient à relier l'inconscient à l'identité.

Cette dernière se présente comme un ensemble de répétitions et d'automatismes mobilisant différentes zones cérébrales et nécessitant une énergie considérable. Comme le chante Nadila dans « Parle à ta tête », c’est la boucle identitaire.

Cultiver une identité est normal pour un individu allistique.

Progressivement, les allistiques cultivent une identité façonnée par leurs ancêtres, leur expérience de vie, leurs choix, leurs goûts et leurs sentiments. L’investissement énergétique dans le « moi » est considérable : le look, les pensées, les convictions et la culture personnelle constituent une routine quotidienne.

L’AS détient également toutes ces informations, mais il ne les organise pas ni ne les relie en permanence aux enregistrements stockés dans certaines parties de son cerveau. Il y accède rarement, car cela se révèle trop énergivore et trop intime. Absorbé par ses passions, il peine à explorer son inconscient et évolue dans un monde, une conscience parallèles, où les informations parviennent autrement. Vous n’êtes pas véritablement présent pour lui, sauf lorsqu’il s’agit de l’instant présent, car votre rôle diffère de celui que vous incarnez habituellement.

Les allistiques éprouvent des difficultés à adopter une pensée autonome. En effet, ils associent leurs idées à leur identité ainsi qu’aux groupes de pensées collectives, se laissant inévitablement influencer par ces derniers, partageant ces idées et veillant à ne pas dévier de leur identité. Et qui, alors, oriente le monde vers une autre direction, voire vers un renouveau ? Ceux qui possèdent la liberté de penser en dehors des cadres habituels.

Le travail thérapeutique à effectuer avec les AS

L’AS est un penseur libre, et même son inconscient exerce moins d'influence sur lui. Mais d'où proviennent alors toutes ses peurs et angoisses ? Nombreuses sont celles des AS qui émanent directement de l'inconscient récent, c'est-à-dire du présent, des enregistrements dans l'inconscient moyen, et la limite entre le présent et l'inconscient étant infiniment ténue, elles se font d'autant plus proches. Le travail à effectuer avec les AS consiste ainsi à maîtriser l'inconscient moyen par la volonté et la visualisation dans le présent, afin de corriger l'image angoissante.

ACIM thérapie

« Je ne vois rien de réel actuellement. » « Il existe une autre façon d’observer le monde. » « Je pourrais percevoir la paix à la place. »

La taille de l'araignée

La taille exagérée d'une araignée est l'une des preuves d'un enregistrement excessif par la dopamine dans le cerveau. L'araignée peut ainsi devenir gigantesque ! Une réalité disproportionnée. De même, les souvenirs des moments vécus peuvent être déformés lors de leur enregistrement. Cet enregistrement amplifié dans la mémoire est appelé la saillance dopaminergique. Dans diverses manifestations du spectre AS et des psychopathies, la dopamine joue un rôle important.

Caractéristiques cachées de l’AS

Dans le monde, de nombreuses personnes appartenant au spectre AS restent discrètes, non par contrainte, mais parce qu'elles n'ont pas particulièrement envie de se mettre en avant. Pourtant, on les apprécie pour leur créativité exceptionnelle, leur philosophie, leur savoir, leur autonomie et leurs performances hors normes, et non pour leurs particularités liées à l’AS.

Personnellement, je suis souvent ému lorsque j'identifie une caractéristique AS : c'est comme retrouver un membre de ma famille ou un(e) ami(e) cher(e) avec qui j'ai des liens forts. On a envie de les prendre dans ses bras et de vivre pleinement ce moment. C'est avant tout une émotion affective, un puissant sentiment de ne plus être seul.

« Tu connais ce moment de solitude où la vie semble compliquée, où tu te bats seul avec toute ta volonté, sans personne pour t'épauler ? » laisse des traces, une marque indélébile qui se remarque. »

La famille du spectre AS ou QS Quantum spectre

Nous, membres de la famille du spectre AS ou QS Quantum spectre (encore plus large), sommes assez complexes : une famille qui a du mal à vivre ensemble, sauf exception. Nous sommes sensibles, dotés d’un radar qui nous permet de nous détecter inconsciemment les uns les autres. Pour certains d’entre nous, la signature AS est aussi claire que du cristal. J’adresse un salut à quelques AS dissimulés, parmi lesquels Aurora Aksnes, Lady Gaga, Taylor Swift, Kit Harington et tant d’autres !

À toute cette communauté d’âmes, avec toutes les variations possibles du spectre, qui, malgré leurs différences, forment une unité : nous sommes les AS ! Je vous porte dans mon cœur ! JP

Travailler à son propre rythme

L’AS exerce souvent une certaine pression lors d’un échange ou d’une discussion. « Restez dans votre rythme. » Ne vous laissez pas déstabiliser ! Pour obtenir des résultats, il faut parfois prendre plus de temps. Le « temps de l’AS » peut sembler lent et vous mettre sous pression, car la réponse n’arrive pas immédiatement. Soyez patient : une fois les bases établies, la gestion et la transformation peuvent s’accélérer considérablement. C’est pour cela que l’on parle du temps de l’AS !

L'idiosyncrasie

L’idiosyncrasie (c’est-à-dire un tempérament particulier) est l’un des marqueurs de l’AS. La manière de parler, de penser et de s’exprimer y est unique et sort de l’ordinaire.

La narration intérieure

De nombreuses recherches démontrent que le discours intérieur (parfois appelé « discours privé » ou « discours secret intérieur ») est essentiel pour accomplir des tâches cognitives complexes telles que la réflexion, la planification, la mémoire et la résolution de problèmes, tant chez les enfants en développement que chez les adultes. Les enfants d'âge préscolaire sont souvent observés (et entendus) se parler à haute voix, surtout lorsqu'ils sont confrontés à une tâche difficile ou tentent de résoudre un problème. Cette narration facilite l’exécution de la tâche ou la résolution du problème. On pense que ce « discours privé ouvert » est progressivement intériorisé et se transforme en discours intérieur vers l'âge de 7 ans

Source : Williams, Happé et Jarrold, 2008.

Parfois, lorsque des enfants plus âgés sont confrontés à une tâche de résolution de problèmes particulièrement complexe, ils peuvent murmurer, tirer la langue ou bouger les lèvres comme s’ils parlaient. Ce comportement disparaît en grande partie avec l’âge, bien que certaines études indiquent que le discours privé ouvert persiste chez certains adultes, notamment lors d’activités difficiles. Souvent, ils ne se rendent même pas compte qu’ils le font.

Source : Duncan et Cheyne, 2002.

Je n’ai jamais trouvé de preuve longitudinale démontrant précisément comment et quand la parole intérieure se développe chez les enfants AS. Pourtant, il apparaît clairement que ces enfants – et, par extension, les adultes AS – n’utilisent pas la parole intérieure pour exécuter des tâches cognitives avec la même aisance que leurs pairs allistiques. Ce constat m’a d’ailleurs été confirmé par diverses études (Whitehouse, Maybery & Durkin, 2006 ; Wallace et al., 2012 ; Williams, Bowler & Jarrold, 2012), et j’ai pu observer que, par conséquent, leurs performances lors de ces tâches en pâtissent. De surcroît, ceux dont les compétences verbales et de communication sont moins développées semblent être encore plus désavantagés que ceux qui maîtrisent mieux ces aptitudes.

La schizophrénie a des points communs avec l'AS.

Au fil de mes expériences, j’ai constaté que les patients atteints de schizophrénie partagent, à bien des égards, des similitudes surprenantes avec ceux présentant l’AS. J’ai notamment observé que ces deux profils rencontrent des difficultés dans le domaine de la cognition sociale, ce qui influence leur manière d’interagir. Par ailleurs, leur usage idiosyncrasique de la langue témoigne d’un tempérament à la fois particulier et unique. Enfin, leurs croyances et modes de pensée se distinguent par une originalité qui leur est propre.

La tendance à comparer les comportements liés aux troubles bipolaires ou à la schizophrénie

On observe souvent une tendance à comparer les comportements liés aux troubles bipolaires ou à la schizophrénie avec les troubles observés chez les personnes AS. Il convient de préciser que le trouble bipolaire se caractérise par de longs cycles d’une durée de deux à trois mois, durant lesquels la personne traverse soit une phase euphorique, soit une phase dépressive. La schizophrénie, quant à elle, s’installe de manière définitive chez l’individu. En revanche, l’AS peut entraîner des périodes d’oscillations émotionnelles dues à un déséquilibre dans la répartition des neurotransmetteurs et des hormones, mais ces fluctuations restent toujours de courte durée.

Information sur la bipolarité et ses cycles : Dr Alok Kanojia, psychiatre-addictologue américain (Healthy Gamer).

Je tiens à préciser que le spectre génétique de l'AS n'est pas une affection que l'on contracte ; nous sommes AS, car il s'agit d'une condition définie génétiquement. L'expression des gènes confère à la personne AS une différence par rapport à la norme allistique, avec un spectre de variations très large.

Une rencontre avec un(e) AS peut s'avérer brève.

En effet, la durée d’un échange, la quantité d’informations partagées et l’énergie investie sont limitées, ce qui explique pourquoi ces rencontres sont souvent de courte durée et rend difficile l’établissement d’amitiés durables. Les activités communes peuvent ainsi se terminer de manière assez abrupte.

Je me souviens des sorties de mon fils à vélo avec des amis qui s’interrompaient soudainement : il disait « Je rentre », avant de s’éclipser sans explication. C’est ainsi qu’il faut s’y habituer : il n’y a pas de raison particulière, et les amitiés ne se consolident pas toujours. Comme on dit : « Si tu tiens à cette personne, il faut persévérer, ce n’est pas fait exprès et cela n’a rien de personnel. »

Un regard intense

La connexion œil-cerveau intense

Certaines caractéristiques spécifiques peuvent indiquer la présence d'une personne (AS) autiste. Normalement, l'œil est relié à différentes zones du cerveau, en fonction de l'activité et de l'environnement.

L'un des aspects remarquables chez l'(AS) autiste est l'intensité de la connexion entre l'œil et certaines zones neuronales. Ainsi, un regard intense et légèrement fixe se tourne souvent vers l'intérieur, témoignant d'une activité interne très soutenue. Cette activité essentiellement mentale peut s'accompagner d'un rayonnement de l'âme, qui se manifeste au fur et à mesure que la conscience se développe.

Cette particularité se retrouve chez les personnes (AS) autistes, mais également chez certains artistes, musiciens, peintres et autres individus dotés d'une activité intense, d'une concentration remarquable, d'une écoute exceptionnelle et d'une capacité de visualisation hors du commun. Elle constituerait ainsi l'un des aspects d'un profil génétique particulier et remarquable.

À l'inverse, l'individu allistique présente un regard plutôt extériorisé et social ; toutefois, lorsqu'il se tourne vers son monde intérieur, son regard s'exprime avec une douceur et une dynamique bien différentes.

Comment le cerveau s'occupe des événements complexes ?

Le cerveau enregistre, filtre et combine des informations. Il soulève des questions telles que : où se trouvait-on, comment percevait-on les événements, de quelle manière ceux-ci étaient enregistrés et dans quelles régions du cerveau ils étaient stockés. Les neurosciences ont longuement étudié le cerveau afin de mesurer l’intensité des réactions dans les zones actives et d’identifier les lieux de stockage. Par exemple, des événements complexes survenus à proximité dans le temps et dans l’espace peuvent fournir des données prétraitées, permettant ainsi au système causal – constitué de l’hippocampe en interaction avec le cortex – de séparer et de filtrer les informations grâce à divers marqueurs, tout en indiquant le temps et l’espace. Ce système causal, résultat de l’association du cortex et de l’hippocampe en un circuit d’informations, fonctionne comme un processeur capable d’extraire, de trier et d’interpréter les données pour en tirer une conclusion.

Des messages mal adressés et mal interprétés

Un cerveau immature ou perturbé peut extraire et transformer l'information, aboutissant ainsi à l'envoi d'un message erroné et d'une conclusion fausse à la conscience. En psychiatrie, ce phénomène est désigné en anglais sous le terme « An Ill Posted Message ». Ainsi, un message défectueux est transmis.

« L’AS souffre, pour diverses raisons, de ces messages déformés. » Heureusement, nous pouvons apprendre à observer et corriger ces déformations afin de rectifier les messages au sein de notre cerveau ! Il faut dialoguer avec notre cerveau !

Le cerveau utilise de multiples zones pour stocker ces informations de manière bidimensionnelle, en enregistrant à la fois les caractéristiques d'un objet ou d'une personne et sa position dans l'espace et le temps. Le croisement de ces données génère des réponses et clarifie la conclusion. Cette dernière se transforme en un algorithme qui peut conduire à des automatismes, à l'établissement de routines et à une reconnaissance automatique.

L'espace social, un point de vue et des marqueurs de l'information originale.

Le cerveau nous impose une structure pour percevoir le monde.

L'observation se fait souvent à travers une grille directionnelle, le cerveau enregistrant les images via une structure fixe, comparable à une boîte à chaussures. L'œil capte les coins opposés par l'intermédiaire d'un trou dans la paroi principale, suivant des diagonales menant vers ces coins. Tout ce qui apparaît de travers est corrigé et aligné sur la grille. Le cerveau fonctionne comme s'il disposait d'une paire de jumelles préorientées, projetant l'information à travers cette grille. La confusion survient lorsque l'assemblage des informations est perturbé et que les données de calcul sont incomplètes, entraînant ainsi une synthèse finale défaillante et un sentiment de vide. L’AS souffre régulièrement de ce type de troubles. Paradoxalement, le cerveau AS est capable de détecter avec une grande acuité les changements ou la présence d'objets nouveaux et différents. “C’est quoi ce truc-là ?”

Appréhender intensément la beauté

La beauté exerce une influence profonde sur notre psyché et notre âme. Observer la beauté a un impact sur chacun d’entre nous. Il est essentiel de respecter la perception de l’autre, car la beauté est une notion variable et subjective.

Son influence sur notre être est remarquable : selon ce que nous contemplons, nous pouvons instantanément accéder à la paix, au calme et à la joie.

«Nous nourrissons notre corps avec des nutriments, mais notre âme se nourrit de beauté, et en retour, elle nous embrasse et nous berce dans l’amour et la paix. » L’âme est notre meilleure thérapeute.

Il est primordial de prendre conscience que savoir observer, écouter et ressentir la joie est fondamental pour nourrir son âme, apprendre à vivre en harmonie avec elle et lui réserver une place dans notre vie. Appréhender intensément la beauté, la boire avec tous ses sens, n’est pas toujours aisé. J’ai rencontré à plusieurs reprises des personnes vivant dans des lieux splendides – au bord de la mer, près d’une forêt ou à la montagne – qui prenaient rarement le temps d’admirer leur environnement.

La beauté quand nous vivons en ville

En ville, une multitude d’expressions artistiques et artisanales s’offre à nous : œuvres d’art, architecture remarquable, spectacles, danse ou musique, autant d’occasions d’apprécier la beauté au quotidien. Qui se rend compte que prendre le temps d’observer tout cela est une clé pour atteindre le bien-être et nourrir son âme ? Vivre consciemment avec cette beauté, si proche de nous, guérit nos blessures, répare nos fissures et nous restitue la splendeur.

Dans chaque scène de la vie se cache la beauté, et votre âme vous aidera à la découvrir toujours plus aisément. Attiré par ce nectar, vous volerez de fleur en fleur et partagerez votre bonheur avec autrui.

« La beauté n'est pas un caprice, mais un besoin vital. » (Piero Ferrucci)

La vie contemporaine, avec ses stimuli technologiques, sa communication incessante et ses divers moyens de transport, a rendu le monde plus petit et accessible. Nous sommes constamment bombardés d’informations, de manière intense et répétitive. Nous sommes devenus des esclaves d’une course effrénée, pris au piège dans le trafic étouffant des villes ; tels des zombies, nous errons dans des centres commerciaux déserts, devenant des fantômes dans nos relations, submergés par un flot de stimuli qui finit par nous distraire au point de nous rendre absents.

« C'est la pauvreté des riches : le douloureux manque de sens, de valeurs, de beauté. C'est le terrain vague de l’exclusion de l'âme.

« Nous pensons pouvoir tout avoir, mais, en fin de compte, nous sentons que nous ne sommes rien. » (Piero Ferrucci)

L’une des clés de l’harmonie et du bonheur réside dans l’art de percevoir la beauté qui nous entoure et dans la transmission, à nos enfants, de cette attitude d’observer toutes les formes de beauté : la lumière, la nature, mais aussi les gestes, les paroles, la musique… Tant de beautés à découvrir.

Et vous, savez-vous vous imprégner du nectar de la beauté pour nourrir votre âme ?

Apprendre à observer la beauté, à la laisser pénétrer en soi et à lui faire de la place est tout un art, c’est intégrer intensément cette beauté pour, ensuite, pouvoir la transmettre à nos enfants. La beauté représente une porte dans la conscience qu’il faut ouvrir chaque jour, dès que l’on le peut, bien que nous soyons trop souvent absorbés par mille préoccupations.

Mal conditionné

Nous ne sommes pas conditionnés à contempler la beauté : l’enfant, naturellement tourné vers un monde restreint et adulte, semble ne pas avoir le droit de rêver ou de regarder par la fenêtre, sauf exception, lorsqu’il est guidé par des adultes éclairés dans la quête de la beauté. L’enfant d’aujourd’hui n’a pas appris à honorer la beauté ni à en exprimer sa gratitude, et celle-ci est souvent considérée comme superflue.

La beauté et le nombre d’or

L'architecture de la nature se construit selon le nombre d’or, ce principe parfait et immaculé qui offre repos et apprentissage à l’œil et au cerveau. L’âme y trouve la paix grâce à une structure apaisante, tandis que les couleurs et les sons de la nature détendent l'esprit. Rendre hommage à la beauté, c’est se connecter à la structure presque invisible de notre univers et réparer nos miasmes, fissures et perturbations. La beauté nous relie à la matrice de notre être, à la mathématique de l’univers dont nous avons été séparés, mais qui demeure une part essentielle de l’architecture de notre corps et de notre esprit.

La beauté est thérapeutique.

La beauté agit jusqu’au niveau de notre ADN et peut réorienter un système perturbé. Il est vrai qu’elle suscite des émotions, souvent tellement intenses qu’elles deviennent addictives. À l’inverse, la laideur nous trouble profondément. De la même manière que la beauté soigne, la laideur perturbe, détruit et défait notre structure intérieure, entraînant disharmonie et déséquilibre. Elle s’exprime fréquemment à travers des actes de domination, d’agressivité, par l’usage de la force, la violence sexuelle ou la manipulation, plongeant ainsi l’individu dans la dépression et brisant son identité et son intimité.

La reconnaissance de la beauté constitue une forme d'intelligence qui s'est développée au fil des siècles.

Plus loin, je décris la pyramide de Maslow à l'envers. Un désir nous élève vers des valeurs et vers la beauté, ouvrant notre conscience et nous reliant à notre âme. Le cerveau est en effet programmé pour reconnaître l'esthétique parfaite. Des études en neurosciences, réalisées à l'université de Londres, ont démontré que contempler des objets et des images conçus selon le nombre d'or déclenche une activation neuronale plus intense que lorsqu’on observe les mêmes images légèrement déformées. Il existe ainsi une forte corrélation entre ce que nous percevons et notre réaction face à la beauté ou à la laideur, l’ensemble de notre système nerveux réagissant en conséquence.

La personne sensible (AS) peut trouver calme et structure en se référant à la beauté esthétique comme forme de thérapie, que ce soit en visualisant des images, en se remémorant des odeurs ou en appréciant des couleurs, entre autres. La neuroesthétique, nouvelle branche de la neuroscience, montre que l'empathie ressentie face à un objet de beauté s'explique par l'activation de nos neurones miroirs.

Comment notre intelligence esthétique s’éveille en nous ?

L'empathie se manifeste lorsque nous ressentons une affinité pour l'objet ou l'action observée. Par exemple, lors d’un match de tennis, les gestes des joueurs peuvent nous émouvoir et nous faire vivre la beauté du mouvement comme une expérience intérieure. De même, le ballet ou la musique nous fait vibrer en harmonie avec la beauté de l’instant présent. Une fois que notre intelligence esthétique s’éveille en nous, elle se déploie, nous permettant de vivre quotidiennement des moments de beauté.

Restructurants et réparateurs

Chacun de ces instants intenses peut puiser ses origines dans des sources diverses, selon nos goûts personnels. Pour l'AS, ces moments sont restructurants et réparateurs. Selon notre progression dans la pyramide de Maslow (jp 2020), nous sommes attirés par différentes expressions de beauté ou de laideur : l’objet de notre admiration peut nous élever ou nous abaisser. Les expériences, inhérentes à la vie humaine, expliquent souvent notre désir de nous rapprocher de la beauté en réaction à des épisodes sombres et négatifs. La solution réside dans l’harmonisation avec ce qui est lumineux et léger.

Rencontrer son côté obscur fait partie de la vie, tout comme en appréhender les conséquences.

La pyramide des désirs obscurs

La pyramide inversée nous relie à la laideur et à l’impuissance d’achever notre destinée dans la beauté. Nous nous engageons sur une voie autodestructrice, parfois en entraînant autrui, pour effacer les douleurs et frustrations accumulées au fil des expériences de la vie. La laideur et la négativité se muent alors en un besoin, une insatiable soif d’actes ignobles. Cette quête destructrice trouve souvent son origine dans la violence et les blessures subies dès la jeunesse – ou plus tard – ou encore dans l’inaccessibilité de désirs ardents.

Nous connaissons tous, à un moment ou à un autre, des expériences négatives ; elles font partie intégrante de l’humanité et du monde dans lequel nous évoluons. Ces épreuves, presque inévitables, nous confrontent à notre propre obscurité, nous renforcent, nous complètent et, en fin de compte, nous orientent vers un discernement qui nous permet de distinguer ce qui est véritablement lumineux et positif.

Et l’AS dans tout cela ?

Pourquoi aborder ces sujets ? Parce que l’AS doit comprendre ces dynamiques pour trouver sa place dans la vie, se repérer et reconnaître les situations afin d’en sortir indemne.

Se nourrir des émotions de toute sorte.

Notre univers émotionnel se compose de multiples strates, une véritable architecture de notre monde intérieur. Certaines émotions, issues du domaine de la beauté, nous émerveillent, tandis que d’autres, plus sombres et lourdes, nous accablent. L’être humain se nourrit d’émotions et les engendre pour se sustenter, et le monde médiatique, quant à lui, fonctionne comme une machine à susciter ces ressentis. Nous nous laissons emporter par celles qui, à l’instant même, nous apportent du bien, vibrant ainsi intensément au rythme de la vie. Cinéma, musique, télévision, réseaux sociaux, matchs de sport, jeux, voire même la politique, tous ces univers sont autant de sources d’émotions.

Être capable de dire « non, merci ! »

En apprenant à reconnaître nos ressentis, nous pouvons éviter d’être submergés et orienter notre attention vers ce qui importe vraiment pour l’AS. Nous serons alors capables, en temps utile, de dire « non, merci ! » Réfléchissons aux différentes couches d’émotions, s’étendant de la beauté suprême à la laideur absolue. Il ne s’agit pas de rejeter ce qui nous habite, mais de choisir dans quelle eau émotionnelle nous souhaitons naviguer.

Où voulons-nous aller ? Qui sommes-nous réellement ?

Je vous offre ainsi un regard sur l’architecture de notre monde émotionnel, une invitation à vous situer, à adopter une perspective un peu plus abstraite et à suivre une méthode d’orientation résolument psychologique.

Devenir l’observateur observé

Les AS, et tout particulièrement les filles AS, éprouvent une fascination pour l’observation minutieuse du monde qui les entoure. Elles se transforment ainsi en de véritables micropsychologues – comme le souligne Sarah Hendrickx (Royaume-Uni) – dans leur quête d’une identité propre. Hélas, cette démarche ne porte que rarement ses fruits pour l’AS.

Vivre sereinement dans le spectre AS

Certaines personnes du spectre AS ont régulièrement affirmé devant Valérie Gaus, psychiatre new-yorkaise, qu'elles étaient si différentes des allistiques qu'on pourrait les considérer comme une autre espèce.

Cela ne surprend pas, puisque cette description nous convient à merveille. Mais comment accueille-t-on alors ces « extraterrestres » ? Ouvre-t-on toutes les portes à leur arrivée ? Faut-il avoir peur, ériger des barrières, voire désinfecter les espaces qu'ils visitent ? Sont-ils dotés d'un cœur et de tous leurs organes regroupés en un même endroit ? Sont-ils intelligents ? Peut-être même plus intelligents que nous ? Viennent-ils nous envahir ? Devrait-on les traiter comme des animaux intelligents, voire les mettre en cage ? Et surtout, rester à distance, car on ne sait jamais !

Rechercher ce que nous avons en commun.

Pourtant, nous, membres de la communauté du spectre AS — qu’il s’agisse des professionnels ou des personnes AS — nous concentrons souvent sur la distinction de nos différences. Ainsi, nous oublions fréquemment qu’au-delà de ces contrastes, chaque personne du spectre partage avec les allistiques un point fondamental : l’appartenance à une même espèce, issue d’une même origine. Nous demeurons des êtres humains et, même si notre cerveau et notre sensibilité fonctionnent différemment, notre humanité nous guide continuellement sur le chemin de l’évolution.

Les clés qui nous aident à surmonter nos difficultés dans la société sont :

la volonté, le courage, le réalisme, la rationalité, la résilience, la capacité à vivre pleinement le bien-être et le plaisir, la compréhension, la prévoyance, l’optimisme, la responsabilité, l’acceptation de son authenticité, le fait d’avoir un but, la persévérance et la compassion.

Elles nous permettent de ne pas être perçues comme des weirdos (personnes étranges) lorsque notre entourage ne cesse de nous rappeler que nous sommes différentes, voire déficientes.

Paroles de Nirvana (groupe de musique grunge) :

Lorsque les lumières s'éteignent, tout devient moins stressant. Nous sommes enfin réunis, profitant pleinement de cet instant. Je me sens à la fois stupide et incroyablement contagieux.

Nous voilà désormais face à nous-mêmes. Un mulâtre, un albinos, un moustique (un AS).

Dans l'adversité, je fais de mon mieux. Quant à ce don, je me sens béni.

Chanteur Kurt Cobain, AS lui aussi,

Tous nos préjugés et projections, tant envers nous-mêmes qu'envers autrui, nous emprisonnent. JP

Trouver la force dans ses particularités

Il est essentiel de puiser dans nos différences pour en tirer une force unique. Nos capacités d’observation nous permettent de comprendre comment autrui projette ses attentes sur nous, de redéfinir ces perceptions et ainsi d’en ressortir gagnant.

Prenez le temps d’examiner une liste de clés personnelles. Identifiez celles que vous maîtrisez déjà et, si possible, demandez à vos proches de vous aider à reconnaître celles qui font partie intégrante de votre personnalité. Ce retour extérieur est précieux pour mieux se connaître.

◊ la volonté (construite par effort et persévérance) ◊ le courage (en surmontant ces angoisses) ◊ le réalisme (par acceptation des choses comme elles sont) ◊ la rationalité (trouver la logique, le mécanisme, la raison) ◊ la résilience (rebondir pour atteindre son but) ◊ la persévérance (tenir bon dans toutes les circonstances) ◊ la capacité de vivre pleinement le bien-être et le plaisir ◊ la compréhension (la faculté de comprendre et d’être compris, la situation, l’autre et soi-même) ◊ la prévoyance (la capacité de comprendre et de prévoir ce qui va se passer) ◊ l'optimisme (la capacité de voir les choses du bon coté et d’avoir confiance) ◊ la responsabilité (assumer son rôle et ses conséquences) ◊ l’authenticité (rester soi-même dans toutes les circonstances) ◊ avoir un but (accomplir et atteindre ses objectifs) ◊ la compassion (comprendre l’autre et ses souffrances)

Même si vous ne trouvez qu’une seule solution positive, cette découverte vous aidera à avancer. N’oubliez pas que personne ne possède toutes ces qualités, c’est le fruit d’un travail sur soi !

Pour chaque problème identifié, définissez un objectif à atteindre, repérez les obstacles et choisissez des solutions positives pour surmonter les difficultés et adapter votre vie.

Ceci est une des clefs pour surmonter la dépression, trouver son estime de soi, s’aimer.

Au travail, ça concerne tout le monde, AS et allistiques !

Note personnelle sur les difficultés de communiquer et de créer du lien.

« Souvent, je me retrouve au bord d'une rivière et j’adresse la parole à quelqu’un ou à un proche de l’autre côté. Soudain, je ne l’entends plus, et cette personne s’éloigne. » Est-ce par désintérêt ? C’est l’histoire de ma vie. Suis-je celui qui s’est éloigné, ou est-ce l’autre ? Parle-je une langue étrangère ? Ma voix ne porte-t-elle pas ?

Apprendre à solutionner des problèmes

Les stratégies pour solutionner des problèmes vous permettent d'agir de manière rationnelle, étape par étape, face à une situation qui pourrait autrement paraître accablante ou déstabilisante. En effet, lorsque vous êtes profondément bouleversé, il devient difficile de rester objectif et votre jugement peut être altéré. En suivant ces indications, vous serez capable de clarifier votre pensée et de mobiliser vos forces pour trouver des solutions pertinentes.

Solutionner des problèmes étape par étape pour améliorer votre situation :

● Reconnaître et nommer vos émotions.

● Organisez vos pensées.

● Structurer votre vie.

● Adaptez votre environnement.

● Planifiez et organisez votre temps.

● Utilisez la technique pour naviguer (smartphone)

● Créer un espace propice au bien-être et à la détente

● Apprenez à mieux comprendre les autres.

● Communiquer efficacement (utilisez un smartphone)

Mieux comprendre l'AS

Il est essentiel de connaître le fonctionnement du cerveau, des sens et des émotions, d’identifier les difficultés et de tenter de les résoudre de manière systématique, étape par étape. Il s’agit de comprendre son propre cerveau et son fonctionnement afin de transformer les faiblesses en forces.

Nous disposons de questions qui permettent de mettre en lumière les obstacles. La psychologie positive intervient pour les transformer. Toutefois, chaque AS est capable de réaliser ce travail de façon autonome. Une aide extérieure peut accélérer le processus, à condition qu’elle soit objective et neutre.

Conseils importants

L’AS a besoin d’un environnement chaleureux et non autoritaire. Il est souvent doté d’une intelligence très poussée et, dans de nombreux cas, se développe plus que ce que proposent les thérapeutes.

Ne sous-estimez pas l’AS, car cela compromet la demande d’aide dont il a réellement besoin. Posez les bonnes questions !

Ne sous-estimez pas non plus les parents de l’AS : partageant la même souche génétique, ils ont passé des milliers d’heures à observer leur enfant, 24 heures sur 24. Posez les bonnes questions !

Aux thérapeutes,

« Vous arrivez avec votre boîte à outils, que vous devez adapter individuellement à chaque cas d’AS. »

Vous ne pouvez pas vous reposer sur une méthode unique ou espérer qu’un travail aboutisse inévitablement à un résultat précis. Apprendre à agir de la sorte demande de nombreuses années d’expérience.

L’essentiel réside dans l’accueil inconditionnel de l’AS dans votre cœur, accompagné d’un engagement total. Vous apprendrez à aimer l’AS telle qu’elle est, à l’écouter pleinement, sans craindre aucun risque de transfert. Vous deviendrez ainsi une part intégrante de l’univers de l’AS, qui vous acceptera et vous adoptera, conférant un véritable sens à vos efforts.

Mise en situation

Je me posais sans cesse la question : comment lutter contre cette dépression qui m’envahit, comment gérer un temps qui m’échappe toujours ? Je partais toujours trop tard, j’arrivais invariablement en retard. L’idée même d’attendre, même une minute, m’était insupportable.

Chaque rendez-vous se transformait en une épreuve insurmontable. La présence d’inconnus me mettait mal à l’aise, et l’image d’un visage inconnu ne cessait de me hanter. Le moindre bruit, ces petits sons qui devraient rester en arrière-plan, m’agressait sans relâche. Mon casque anti-bruit, censé me protéger, se révélait bien insuffisant, et la frustration montait en moi jusqu’à me pousser à vouloir frapper quelque chose pour évacuer ma colère.

Je me surprenais à interroger le comportement des autres : « Pourquoi agissent-ils ainsi ? » Qu’ont-ils encore à faire ? » Tout semblait accentuer mon malaise, de l’odeur nauséabonde qui m’envahissait malgré mes tentatives de m’en protéger à l’étroitesse de l’espace qui m’écrasait. Je me demandais alors si quelqu’un d’autre ressentait la même détresse, s’ils étaient tristes ou en colère, ou s’ils se moquaient de moi.

Pris au dépourvu par mes propres paroles et gestes, je sentais que je n’avais plus ma place dans ce monde. Les regards étranges des autres me submergeaient, et chaque sonnerie, chaque minute qui passait m’arrachait un peu plus mon calme.

La fatigue finissait par l’emporter : une nuit blanche, cinq heures supplémentaires dans un tourbillon d’impuissance, sans barres énergétiques ni quoi que ce soit pour apaiser ma soif de répit. La crise montait en moi et j’explosais intérieurement, poussé par un besoin irrépressible de partir, de m’évader, sans savoir où aller.

Les maladies psychologiques :

une hypothèse sur leurs origines en neurosciences, neurobiochimie et psychologie

La cumulation des éléments qui forment notre perception

La perception de la perspective et de la profondeur résulte des différents points de vue offerts par nos deux yeux. Dans le cerveau, l'information est stockée dans diverses zones en fonction de sa nature. D'abord enregistrée par les neurones de l'œil, elle est ensuite triée, segmentée et analysée – par exemple pour reconnaître des détails faciaux, situer un objet dans l'espace‑temps ou identifier des contours et des couleurs – avant d'être comparée automatiquement à des algorithmes préétablis. Ainsi, chaque information, ainsi que leur combinaison, est classée selon sa profondeur et son importance, et un algorithme, avec ou sans intensité, est stocké dans un emplacement précis ou dans une combinaison d'emplacements.

Dès la phase embryonnaire

Le cerveau gère des milliers de données statiques et dynamiques portant sur toutes sortes de sujets – objets, personnes – qui confèrent à notre existence une dimension de profondeur, tant sur le plan littéraire que philosophique.

Depuis notre séjour, tel un spationaute, dans le ventre de notre mère, nous accumulons des données qui constituent les fondements, les piliers et les repères de notre santé mentale.

L’amplification biochimique

Certaines informations et sensations bénéficient d'une amplification biochimique grâce aux neurotransmetteurs, pour diverses raisons, et sont ainsi enregistrées avec une intensité variable.

Au-delà de ces piliers formant une base solide, certains événements marquants peuvent perturber l'équilibre mental. Parfois, une décharge neuronale, semblable au coup de feu d'un pistolet, vient altérer ou effacer des fichiers dans diverses zones de la mémoire.

Comment cette construction peut-elle être compromise ?

● Un mauvais enregistrement

● Un mauvais traitement de l'information

● Une construction mentale fragile et perturbée dès l'enfance

● Des informations paradoxales

● Une distribution inadéquate de neurotransmetteurs

● L'usage de drogues et de médicaments

● Des émotions fortes

● Des micro-lésions cérébrales

● Des perturbations des sens

● Un déséquilibre du métabolisme, de la digestion ou une thyroïde dysfonctionnelle

Quelques exemples qui affaiblissent la structure robuste de notre santé mentale :

● l'abus sur les enfants

● l'inceste (qui bouleverse les rôles parent‑enfant)

● la violence

● la séparation

● les pertes

● les guerres

● la famine

● l'intoxication

● le divorce

Tout ce qui choque et perturbe l'équilibre mental, ainsi que la pression sociale et mentale. Les fondations s'affaiblissent et le basculement devient imminent.

Pour évaluer la santé mentale d’un enfant ou d’un adulte, il est essentiel de vérifier la stabilité de ses piliers et de ses référents, tels que :

● l’état de l’inconscient (chargé ou vierge)

● la conscience du moment présent

● la construction de l’identité

● la place qu’occupe l’individu dans sa vie

● la confiance

● l’expression de l’amour

● la capacité à se projeter dans l’avenir

● la manifestation (ou l’absence) de joie

● la capacité à se détendre

Il convient également de mesurer les capacités exécutives ainsi que les compétences originales et les savoir-faire.

Comment restaurer cet équilibre ? Faut-il reconstruire ces piliers ? Comment l’autisme, avec sa diversité, s’inscrit-il dans cette synthèse ? Quelles différences observe-t-on ?

Qu’est-ce que ce « carré de construction » de l’équilibre en santé mentale ?

● Une vie familiale équilibrée, sous toutes ses formes possibles

● Un environnement harmonieux et adapté

● Une perspective de vie éclairée

● La liberté d'expression

Gestion journalière et mise en forme

Expression

Libérer sa voix, faire des sons, chanter, bien respirer, méditation, structurer ses pensées, faire des mouvements, améliorer sa circulation, entrainer sa volonté, adaptation diététique, faire du sport, aller au contact avec les éléments, la nature, la terre, l'eau, l'air, l'espace.

Perturbations

Où se produisent les blocages ? Où les choses se coincent ? Les émotions trop intenses et trop intimes sont systématiquement mises de côté. Du côté diététique, une mauvaise évacuation des toxines du cerveau et des intestins crée des micro-inflammations qui perturbent le cerveau, la digestion et empêchent le système nerveux de trouver le calme.

La demande d'énergie

Le transport et la production d'énergie perturbent un fonctionnement harmonieux, tant sur le plan physique que psychique.

Gestion des émotions

L'énervement, la déformation de l'information, l'obsession, la dépression, une mauvaise intégration de l'information ainsi qu'une mémoire de travail perturbée par une surcharge d'informations provenant de l'environnement.

La thyroïde

Le dysfonctionnement de ce grand régulateur de l'énergie, de la digestion, des hormones et des neurotransmetteurs – la thyroïde – cherche et perd son équilibre.

Que peut-on faire pour sortir d’un déséquilibre ?

Pour agir efficacement, il est essentiel de comprendre l’ensemble. Il convient d’abord de considérer une vision globale de l’être humain, inspirée de la médecine ayurvédique, qui prend en compte ses divers composants. L’être humain est avant tout un esprit, un soi supérieur. L’âme représente l’interface énergétique de cet esprit, tandis que le corps en constitue l’interface physique. Ces trois éléments doivent être en parfaite connexion.

Pour rétablir un fonctionnement harmonieux, chacun de ces éléments doit être traité étape par étape. Le « véhicule », c’est-à-dire le corps, doit être purifié et restructuré. Parallèlement, la capacité de communication – l’âme – doit être recâblée et reconnectée. Une fois cette communication intuitive établie entre le corps et l’âme, le grand gestionnaire de l’être peut commencer à envoyer des messages subtils.

Ainsi, plutôt que de se laisser envahir par l’angoisse générée par l’inconscient ou par des événements extérieurs, une connexion harmonieuse avec l’âme peut constituer une base stable, offrant la joie en remplacement de la peur.

Il est important de souligner que chacun de ces trois éléments exerce une influence propre et peut favoriser soit l’harmonie, soit le désordre. Pour atteindre le bien-être, ces composantes doivent se fusionner pour former un tout cohérent, une intégration des parties détachées. Bien que ce processus soit naturel, les contraintes du monde qui nous entoure en entravent parfois la réalisation.

La souffrance et la solitude nous incitent à emprunter le chemin de l’intégration, celui de la psychosynthèse. À travers les épreuves, nous pouvons ainsi atteindre les étoiles (Piero Ferrucci).

Les perturbations générées par la disharmonie entre ces trois niveaux influent fortement sur le fonctionnement du corps.

Récemment, une psychiatre et scientifique américaine a affirmé que certaines techniques spécifiques de yoga s’avèrent bien plus efficaces et accessibles que les méthodes psychiatriques conventionnelles. Ces exercices permettent de rééquilibrer naturellement les neurotransmetteurs, là où les médicaments provoquent souvent des effets secondaires indésirables.

Analyse du cerveau autistique en neurosciences

En neurosciences, on sait que le cerveau est fonctionnel dès la naissance : un vaste réseau neuronal est déjà en place, incluant des « algorithmes » dédiés à la reconnaissance faciale, à la navigation, à la perception spatio‑temporelle, à la discrimination des sons et des syllabes de toutes les langues, ainsi qu’à la distinction des couleurs, et ce, durant au moins les six premiers mois de la vie de l’enfant.

Après la naissance, les expériences multiplient le nombre de fibres neuronales, renforcent le câblage et augmentent les connexions entre le corps et les différentes zones cérébrales. L’enfant initie alors des mouvements archaïques — reptation, rampement, etc. — qui sont les fondements de son développement moteur et de la coordination interne du cerveau.

Les couches corticales s’épaississent progressivement. Un réseau d’artères fines irrigue le cerveau en glucose, source principale d’énergie, tandis que le système lymphatique assure la nutrition, l’entretien et l’élimination des toxines. Dans chaque secteur cérébral, le traitement de l’information se met en place et de nouveaux « algorithmes cérébraux » se créent.

L’équilibre entre neurotransmetteurs et inhibiteurs s’établit lentement, et différents « processeurs » cérébraux organisent les données de façon toujours plus élaborée. Pour renforcer le lien cerveau‑corps, la glande thyroïde joue un rôle central : elle régule la production d’énergie, l’équilibre des glandes et des organes, ainsi que celui des neurotransmetteurs et des inhibiteurs.

Quels sont les éléments susceptibles de perturber ces processus de développement ?

Le cerveau est donc prêt avant la naissance. Chez la personne autiste dite « savant », ce cerveau représente en quelque sorte l’apogée de l’évolution génétique et physique : il est d’une finesse et d’une puissance considérables, mais aussi très fragile et extraordinairement gourmand en énergie. Grâce à ses connexions neuronales et à ses sens hyperdéveloppés, il peut accéder à de multiples niveaux d’information : un fonctionnement conçu pour un univers différent de celui du allistique. Ses « processeurs » ultra-rapides traitent les données en microsecondes, selon un mode arborescent et associatif : toute information déclenche la mobilisation d’un large éventail de données préstockées et présynthétisées. Cette complexité demande une énergie considérable, et l’intégration de ces informations multicouches requiert un apprentissage rigoureux.

Le développement d’un cerveau AS

La formation et la maturation d’un cerveau et d’un système neuronal aussi complexe, propre au spectre AS, exigent davantage de temps, de nutriments et d’équilibre. Les systèmes digestif, hormonal et nerveux, souvent immatures, ne sont pas encore prêts à accomplir cette tâche colossale.

Le savoir-faire de l’accueil de l’enfant (AS)

Dès la naissance, tout l’organisme est mis sous tension et bascule rapidement en déséquilibre.

Autrefois, dans de nombreuses civilisations, on possédait les connaissances et les gestes appropriés pour prendre soin du nouveau-né. L’enfant était porté contre le dos jusqu’à un certain âge, et tout était réglé : alimentation, cadre de vie, apprentissages et gestes quotidiens.

Aujourd’hui, l’enfant arrive dans un monde bruyant, une alimentation souvent déséquilibrée, un accompagnement inadapté et des méthodes d’apprentissage qui ne lui conviennent pas. La mère, portant son enfant, est elle-même dépendante des glucides et exposée aux pesticides et aux métaux lourds. Le système nerveux des parents subit une forte pression, qui se répercute sur l’enfant. Notre AS, doté d’un cerveau extrêmement fin et sensible, essuie ainsi de nombreuses perturbations dès la vie prénatale.

Pendant des siècles, les AS sont restés hors du champ de la recherche scientifique : en l’absence de troubles visibles, ils étaient ignorés, et si des difficultés se manifestaient, on les prenait souvent pour des personnes handicapées ou on les déclarait « fous ».

Les AS, nous avons accepté leurs talents. Nous avons occulté leurs difficultés.

J’ai très tôt compris que la société admire les talents des personnes AS tout en négligeant les difficultés qu’elles rencontrent. Les « AS » ont, depuis toujours, émerveillé le monde par leurs dons : Mozart, cet esprit à la fois génial et excentrique dont la musique nous bouleverse encore ; Newton, Da Vinci ou Tesla, obsédés par leurs recherches au point d’en oublier parfois le monde qui les entourait ; et, plus près de nous, Lionel Messi ou Albert Einstein, chacun prisonnier de son univers singulier, mais capable de repousser les limites du possible.

Pour aider un enfant à haut potentiel à déployer toutes ses facultés, il faut repenser l’accompagnement dès les toutes premières étapes de la vie :

● Pendant la vie prénatale, instaurer un climat de sérénité et veiller à un suivi attentif.

● À la naissance, offrir un accueil doux et sécurisant, pour consolider le sentiment de confiance.

● Aux premiers mois, respecter le rythme propre de l’enfant en adaptant chaque geste à sa sensibilité.

● Au fil de l’éducation, concevoir l’apprentissage comme une aventure passionnante, structurée autour de projets clairs.

Mais cela ne suffit pas ; il convient d’aller bien au-delà des pratiques parentales habituelles :

1. Tisser une relation complice avec l’enfant, où le dialogue est à la fois formel et empreint de douceur, comme on parle à un ami ;

2. Déployer une présence quasi permanente – être réellement disponible à 200 % ;

3. Proposer des stimulations culturelles, musicales, artistiques et philosophiques variées, sans jamais transformer la découverte en contrainte ;

4. Introduire les sports individuels (natation, vélo, escalade…) pour laisser naître une passion, non un simple exercice imposé ;

5. Enrichir l’alimentation d’expériences diététiques : cuisiner ensemble, comprendre l’effet des saveurs, des couleurs et des ingrédients ;

6. Offrir en abondance livres et matériels d’exploration ;

7. Développer la volonté positive, accompagner la découverte de soi par la méditation, la pleine conscience ou le yoga ;

8. Encourager la curiosité technique : mécanique, électronique, lois de la physique et psychologie humaine.

Un accompagnement intensif

Cet accompagnement intensif est un véritable travail quotidien, bien plus exigeant que ce que l’on propose habituellement à un enfant. Toutefois, il ne doit jamais être imposé : l’apprentissage doit rester plaisir. Les parents, avant tout, donnent l’exemple par leur comportement naturel et bienveillant.

D’ailleurs, au cours de l’écriture de ce livre, mon fils AS est venu à maintes reprises interrompre mon travail ; il m’a aussi prodigué une aide précieuse pour dénicher des informations pointues, preuve vivante que l’échange reste la plus grande richesse.

Qu’est-ce que la science ?

Je me suis souvent demandé : qu’est-ce que la science ? Pour moi, c’est d’abord un cadre théorique destiné à démontrer l’existence de ce qui nous entoure.

Pourtant, rien n’oblige à prouver l’existence d’une chose pour qu’elle produise un effet bénéfique.

La science thérapeutique, en particulier, progresse avant tout par l’observation rigoureuse de ses résultats.

Les mots : un instrument de soin

Les mots sont des fonctions de l’esprit. Ils génèrent des émotions et engendrent des vibrations qui touchent l’espace alentour. Grâce à eux, des concepts et des idées peuvent vivre en dehors de notre pensée, prendre forme et, une fois prononcés et mis en vibration, accomplir mille actions : ils peuvent nous toucher, nous apaiser, nous guérir… ou, parfois, nous blesser.

En somme, les mots constituent la boîte à outils de tout thérapeute.

Informations et impressions : par où elles pénètrent dans le cerveau et comment elles sont traitées.

Le cerveau allistique présente une structure carrée et limitée, tandis que le cerveau AS évolue dans une orbite infinie, sans cesse alimentée d’informations.

Dès notre vie embryonnaire, nous sommes programmés avec un ensemble de principes fondamentaux qui nous procurent stabilité et confiance. Dans notre prime enfance, nous cherchons à reconstruire, à l’extérieur, ces repères et ces fondations intérieures.

Certains éléments relèvent de la période prénatale, lorsque nous flottions dans la paix et le calme de l’utérus maternel. Bercés par l’amour, nous y étions nourris, en pleine croissance évolutive et protégés par ce cocon clos. À la naissance et durant la période postnatale, d’autres facteurs viennent renforcer l’équilibre de ces bases.

C’est comparable à l’édification d’une maison, qu’elle soit carrée ou ronde, sur le terrain de notre génétique.

Le cerveau AS se construit selon une capacité d’observation multidimensionnelle (sphérique).

Le cerveau allistique, quant à lui, est plus « un cube » : son regard sur le monde est limité et structuré. Cela n’en est pas un défaut : l’information y parvient selon des axes fixes, grâce à une structure simple mais solide. Dans cette métaphore, la maison allistique compte quatre fenêtres — est, ouest, nord et sud — par lesquelles filtrent les informations, qu’elles émanent du sol (la terre) ou du ciel (le plafond).

L’AS se développe au sein d’une sphère, d’une orbite : l’information y afflue de tous côtés, constituant un flux multidimensionnel d’intensité variable. Ce flux d’information non structuré est compliqué au début.

Le cerveau doit d’abord établir une structure avant de trouver son équilibre ; cette phase est à la fois précieuse et fragile.

On y trouve d’abord des repères prénataux, à l’intérieur de l’utérus : un lien protégé avec le monde extérieur. Après la naissance, viennent les repères externes – les parents, la famille, les amis – puis ceux issus de la société. Toute information pénètre notre conscience par une impression directe, nous sommes envahies par ces informations.

Les référents, fondements de l’enfance

Toute forme de disharmonie pousse l’enfant à développer des réflexes protecteurs qui l’éloignent de son modèle originel, parfait et harmonieux. À côté de ce modèle de base existe une version adaptée et déformée : les agressions et micro-agressions, par leur accumulation, font basculer très facilement le système neurobiologique de ce petit être sensible.

Les référents – notamment les parents – occupent alors une place cruciale : ils sont les piliers d’un champ protecteur stable et constant. En formant, avec eux, un microcosme familial, chaque membre trouve sa juste place et contribue à maintenir l’équilibre global. Ces figures de référence nous servent de modèle pour devenir ce que nous sommes.

Le cerveau, le corps et les émotions de l’enfant réclament un accompagnement intensif et précieux. Il suffit de penser à certaines réalités de notre société actuelle, souvent loin d’être idéales, pour mesurer à quel point elles peuvent perturber l’équilibre prénatal et postnatal.

C’est le rôle du thérapeute de remonter à l’origine de ces déséquilibres. Face aux menaces et perturbations, le métabolisme de l’enfant s’ajuste pour faire face au danger, et sa psyché se module pour prévenir le pire.

D’un côté, il y a le terrain génétique associé au spectre autistique ; de l’autre, un environnement et une société parfois devenus fous et toxiques pour un enfant hypersensible. Est-il étonnant que cela entraîne des conséquences durables ?

Pourtant, un parcours de restauration thérapeutique reste possible. Long et laborieux, il devient néanmoins réalisable grâce à l’engagement et aux méthodes appropriées. Avec les bonnes informations et un accompagnement adapté, on peut véritablement avancer.

Pas de guide des bonnes pratiques.

Je l’avoue : j’ai moi-même commis de nombreuses erreurs, faute d’informations et d’accompagnement adéquats. Aucun manuel ne détaille les gestes et le timing justes, adaptés à chaque âge et à chaque situation, alors qu’ils sont essentiels. Aussi, si j’ai aujourd’hui l’impression d’être précis dans mes explications, la réalité est tout autre : c’est par la pratique et l’observation directe que j’ai acquis cette expérience.

Ma femme me rappelle régulièrement : « Comment peux-tu enseigner ces principes aux autres alors que tu n’as pas réussi à décrocher ton propre fils de son écran de jeux vidéo ? » Une mise en garde qui me rappelle que le chemin vers l’équilibre reste un travail de tous les instants.

Voici une proposition de réécriture en français soigné, tout en conservant le sens initial :

Ce que nous percevons n’est pas le monde tel qu’il est, mais un modèle du monde élaboré par notre cerveau.

— Corine Sombrun, sur le fonctionnement cérébral

Le cerveau des personnes autistes construit des représentations qui ne correspondent pas toujours à la réalité. Ces constructions ont pour fonction de produire un effet positif. Le cerveau aime analyser et imaginer un univers à partir d’une combinaison d’algorithmes, d’images et de concepts. Une fois cette synthèse effectuée, il peut en mémoriser l’ensemble.

Selon la stabilité de ce fonctionnement cérébral, la synthèse et les conclusions peuvent être complètement erronées. Cela concerne chacun d’entre nous. De plus, nous sommes influençables par des idées extérieures. Chez certaines personnes autistes, cette propension peut pousser ces concepts très loin, même si beaucoup recherchent une vérité absolue, noire ou blanche, dans les moindres détails.

Sur le spectre autistique, on observe de grandes différences entre ceux dont le cerveau est très analytique, presque scientifique, et ceux dont l’esprit créatif est capable de projeter des images très détaillées, voire d’entrevoir l’avenir. Le développement de l’intuition devient alors un atout majeur.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le fonctionnement biochimique du cerveau autiste peut conférer des capacités exceptionnelles, mais aussi engendrer des troubles particulièrement handicapants. Dans tous les cas, il est essentiel de retrouver rapidement son cadre de repères et de sortir de cet état « hors norme » de manière pragmatique et apaisante. Carl Jung appelait cela « trouver son point de référence ».

Enfin, la transe — un état de grande réceptivité cérébrale — est également facilement accessible pour la plupart des personnes autistes.

EMC, un état modifié de conscience

La transe est un EMC : le cerveau passe alors sous la domination du côté droit, plus intuitif, tandis que le cortex frontal se trouve légèrement inhibé. Dans cet état, le cerveau d’AS (attention soutenue) peut entrer spontanément en transe, entraînant une implication maximale dans l’activité en cours. Il simplifie les processus de synthèse et de conclusion, et, comme le souligne Corinne Sombrun, accélère son propre fonctionnement. L’anxiété, les ruminations et les calculs mentaux sont écartés ; le cerveau devient une fusée qui va droit au but.

Avant de plonger dans cet état modifié de conscience, il est important de formuler clairement nos questions, nos intentions et nos objectifs. La transe naturelle est un outil redoutablement efficace pour AS : elle stimule la créativité, affine la compréhension sociale et même la recherche scientifique, grâce à une observation directe sur différents plans de l’existence. Accessible en plein jour, à condition de bénéficier d’un environnement calme, cet état peut être facilité par la musique, l’écoute des rythmes ou l’observation de la nature.

Pour y accéder, on commence par aménager, dans notre conscience, un lieu intérieur de tranquillité, jalonné de nos repères personnels. Ce point de référence intérieur nous offre un sentiment de sécurité, un espace où nous pouvons être pleinement nous-mêmes et heureux. La transe, finalement, nous guide vers notre vérité profonde, rapproche notre âme et nous aide à accomplir ce que nous avons à faire de manière harmonieuse.

Connexion sociale : s’intégrer dans l’univers de l’AS

Avez-vous saisi le principe de l’AS et la manière « d’entrer dans son monde » ? L’AS requiert d’abord une longue période d’observation pour identifier des centres d’intérêt communs ; ce n’est qu’ensuite qu’une véritable connexion sociale peut se nouer. L’autre personne n’a pas besoin de vous ressembler en tout point ; elle peut aussi vous compléter par ses différences.

Ce qui compromet cette relation, c’est d’imposer vos idées et votre volonté avec force, ou de tenir et d’agir de manière à faire naître des craintes quant à son avenir. Vous serez alors rejeté ou simplement non accepté : vous deviendrez quelqu’un qui met en péril sa vie et sa bulle personnelle. Votre approche déclenche des réactions instinctives, la peur s’installe, et la connexion sociale se brise en mille morceaux.

L’intelligence

La société a du mal à accueillir les personnes véritablement intelligentes ; on les perçoit comme une menace, une concurrence, trop indépendantes.

« On est éduqués dans notre société pour ne pas être intelligents ; on ne peut pas l’être sans se connaître soi-même. » Albert du Pontel

Quelques caractéristiques de l’intelligence

● Vive et créative : un cœur en mouvement, source d’intuition et d’inspiration.

● Intuitive : elle sait saisir l’essence des choses avant même leur explication.

● Au service du cœur : l’esprit travaille pour nourrir les émotions et l’empathie.

● Sens de l’humour et relativité : elle connaît la légèreté et la place de chacun dans le monde.

● Esprit de synthèse : elle relie les dynamiques sociales et culturelles pour en extraire du sens.

● Connexion avec la nature : elle perçoit et comprend l’environnement naturel, conscient de son impact.

● Conscience corporelle : veille sur la santé, la prévention et la prévoyance.

● Musicale et esthétique : la beauté est l’un de ses piliers, qu’elle admire et crée.

● Logique universelle : elle saisit la construction mathématique de l’univers.

Les formes d’intelligence (inspirées des intelligences multiples)

1. Linguistique : choisir les mots justes pour exprimer une idée.

2. Intrapersonnelle : connaître ses émotions et ses désirs, se comprendre soi-même.

3. Spatiale : visualiser le monde en trois dimensions et s’y orienter.

4. Kinesthésique : coordonner le corps avec l’esprit.

5. Interpersonnelle : percevoir les motivations et les ressentis d’autrui, développer son empathie.

6. Naturaliste : comprendre les êtres vivants et les écosystèmes.

7. Musicale : distinguer les sons, maîtriser le rythme, le timbre et la structure.

8. Logico-mathématique : quantifier, formuler des hypothèses et les vérifier.

9. Existentielle : chercher un sens à la vie et à la mort, fixer des objectifs et des valeurs.

Attitudes révélatrices d’une intelligence humaine

● Humilité

● Capacité à pardonner

● Gratitude

● Reconnaissance

● Partage

● Présence à l’instant

● Appréciation des choses simples

● Résilience : l’art de rebondir

● Maîtrise de la volonté

L’intelligence purement mentale – telle qu’on la trouve chez certains autistes savants ou les profils à haut potentiel (HPI) – est précieuse, mais il est essentiel de développer toutes ses dimensions. Le véritable travail consiste à se connecter au cœur, qui doit rester « le chef », tandis que la tête n’est qu’un outil parfois trop envahissant.

Apprendre et vivre ces neuf formes d’intelligence, ainsi que cultiver les attitudes associées, fait de nous des êtres humains sages, savants et bienveillants.

« L’homme intelligent connaît la valeur et la force de l’amour. » jp

Les fonctions exécutives chez l’enfant (allistique ou autiste)

La mémoire de travail

La mémoire de travail gère en continu un flot d’informations dans le cerveau et répartit leur stockage dans des zones spécifiques. Elle détermine ce qui est utile maintenant, ce qui pourra l’être plus tard et ce qui peut être écarté immédiatement. De plus, elle élabore des « algorithmes » internes synthétisant plusieurs données, et veille à ce que les souvenirs à long terme soient accessibles au moment opportun. Grâce à elle, nous sommes capables d’accomplir des tâches complexes, de les suivre pas à pas et de nous appuyer sur des expériences passées mémorisées. Elle nous aide également à surveiller notre propre comportement et à envisager toutes les solutions possibles avant d’en choisir une.

Lorsque la mémoire de travail est peu performante, on observe souvent des difficultés dans d’autres domaines : concentration, maintien de l’attention, inhibition insuffisante ou incapacité à élaborer un plan. Il n’est pas toujours évident de déterminer la cause exacte du problème.

Les fonctions exécutives selon Céline Alvarez

Céline Alvarez, chercheuse en neurosciences appliquées à l’éducation, regroupe les fonctions exécutives (FE) en trois grands domaines :

● Le contrôle inhibiteur (ou maîtrise de soi) englobe la discipline personnelle, la gestion des distractions, la capacité à attendre son tour pour parler ou agir, le contrôle des émotions et la persévérance.

● La flexibilité cognitive regroupe la créativité et permet de réorganiser ses idées face à de nouvelles informations, de changer de stratégie lorsqu’une approche ne fonctionne pas et de repérer ses erreurs.

● L’entraînement de la mémoire de travail correspond à la capacité à maintenir un raisonnement cohérent.

Plus concrètement, la mémoire de travail aide à retenir des consignes, à structurer ses idées et à se souvenir du sens des mots qu’on vient de lire.

Pourquoi les fonctions exécutives sont-elles essentielles ? Avant même d’aborder les apprentissages scolaires (lire, écrire, compter), c’est l’acquisition et le renforcement des fonctions exécutives qui sont primordiaux. La période de 3 à 5 ans – correspondant à la maternelle en France – est particulièrement critique : c’est durant ces années qu’un « window of opportunity » existe pour apprendre à se contrôler, à être attentif et à mémoriser consciemment des informations. Source : Céline Alvarez.

Le rôle des parents En tant que parents, nous pouvons offrir aux enfants, qu’ils soient allistiques ou autistes, les expériences et les activités nécessaires pour développer ces compétences à la maison.

Les fonctions exécutives clés pour les enfants autistes

1. Inhibition (autodiscipline)

2. Planification

○ Élaborer un plan

○ Organiser son temps et ses activités

○ Prévoir en amont

3. Flexibilité mentale

○ S’adapter à des circonstances nouvelles

○ Éviter la rigidité et développer la souplesse d’esprit

Liste des fonctions exécutives (FE)

● Attention sélective : porter son attention sur les informations pertinentes et ne pas se laisser distraire. Se centrer sur un seul élément et ignorer le reste.

● Inhibition (penser avant d’agir) : capacité de réfléchir avant d’agir, de résister aux impulsions.

● Mémoire de travail : conserver et manipuler des informations en mémoire tout en réalisant des tâches complexes.

● Autorégulation émotionnelle : gérer ses émotions pour atteindre ses objectifs, accomplir une tâche ou maîtriser son comportement.

● Attention soutenue : rester concentré malgré les distractions, la fatigue ou l’ennui.

● Initiation de la tâche : démarrer un projet sans procrastination, en temps utile et de manière efficace.

● Planification et priorisation : définir les étapes pour atteindre un objectif, décider ce qui est important et ce qui l’est moins.

● Organisation : structurer ou classer les éléments selon un système cohérent.

● Gestion du temps : estimer la durée des activités, répartir son temps et respecter les échéances.

● Persévérance : maintenir ses efforts jusqu’à l’atteinte d’un but, sans se laisser décourager par des besoins ou intérêts concurrents.

● Flexibilité cognitive : adapter ses plans face à un obstacle, un résultat inattendu ou de nouvelles informations.

● Métacognition : prendre du recul pour observer la situation et son propre fonctionnement, s’auto-évaluer et ajuster sa stratégie.

Quand les fonctions exécutives sont-elles requises ?

Don Norman et Tim Shallice ont identifié cinq types de situations où l’activation automatique des habitudes ne suffit pas et où les fonctions exécutives sont indispensables :

1. Planification et prise de décision

2. Ajustement du comportement et correction d’erreurs

3. Apprentissage de nouveaux schémas d’action

4. Contextes dangereux ou techniquement difficiles

5. Rupture d’habitudes bien ancrées

Il arrive que l’action s’interrompe faute des FE nécessaires pour résoudre un problème. Une personne « bien accompagnée » maîtrise ses fonctions exécutives, tandis que celle qui en est dépourvue vit régulièrement des moments pénibles, fragilise sa confiance en elle, génère stress et angoisse, et peut glisser vers la dépression.

Allistique vs AS : l’identité

Pour une personne AS, l’identité s’appuie exclusivement sur ses performances et ses capacités du moment. Les troubles constituent un handicap majeur : comme un acteur brillant sur scène interrompu net par un trou de mémoire, l’AS peut rester paralysé et faire une crise d’angoisse. « L’AS existe à travers ses talents et ses passions, sans projection sur un « demain » meilleur ; tout peut s’effondrer en un instant de faiblesse. »

À l’inverse, une personneallistique voit rarement son identité anéantie par un moment de doute : elle dispose de ressources automatiques et de bons souvenirs sur lesquels s’appuyer, même face à l’incapacité passagère. L’AS, lui, peut souffrir longtemps de ces effacements et de cette insécurité.

« Croyez-moi, les fonctions exécutives sont la clé d’une vie meilleure pour les AS. »

Enseigner les fonctions exécutives

Parents et éducateurs ont un rôle essentiel : plus tôt on enseigne les FE, mieux c’est. Entre 3 et 5 ans, c’est l’âge idéal ; après, c’est plus difficile, mais toujours possible. La passion fournit l’énergie pour développer chaque fonction exécutive l’une après l’autre. La volonté positive — c’est-à-dire la capacité à entretenir une motivation — reste la FE la plus importante à cultiver tout au long de la vie.

Une expérimentation aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, le ROC piloté par Silvester van Dooremaalen teste un système où les FE remplacent les notes comme critère d’évaluation. L’idée : créer un égalitarisme qui compense les handicaps et valorise la capacité de fonctionnement social et professionnel, indépendamment des diplômes.

Du handicap au « handicap »

Aujourd’hui, nos valeurs reposent sur les diplômes, masquant l’incapacité de certains à remplir une mission ou un emploi. Avec les FE appropriées, une personne peut exceller dans un domaine sans être la mieux diplômée. À l’instar du golf, où le handicap mesure la différence entre un score idéal et le résultat réel, on peut évaluer les FE nécessaires pour accomplir une tâche sans « handicap ». Ainsi, un rééquilibrage des compétences devient possible.

Enfin, rappelons que les enfants AS, les surdoués et ceux ayant subi des traumatismes précoces présentent plus souvent des difficultés exécutives : mieux les comprendre et les soutenir est essentiel.

Les fonctions exécutives jouent un rôle déterminant dans la réussite scolaire, parfois même plus que l’intelligence. Elles permettent d’adopter un comportement résolument tourné vers un objectif. Vous pouvez être brillant, mais si vous vous laissez distraire par chaque stimulus externe (bruits, mouvements en classe) ou interne (penser à autre chose), l’apprentissage devient beaucoup plus ardu pour l’AS.

Ces fonctions sont d’autant plus indispensables dans les situations nouvelles. Or, l’école est un lieu où l’on est sans cesse confronté à de nouvelles connaissances : vos fonctions exécutives y sont donc cruciales. Comme le souligne Horeweg (2021), instaurer des routines au sein de l’environnement scolaire permet de les alléger et de mieux soutenir les apprentissages.

Faibles fonctions exécutives : comment agir en classe

Les fonctions exécutives jouent un rôle majeur dans la réussite scolaire. Lorsqu’un élève présente des difficultés à ce niveau, il est essentiel de lui offrir un soutien adapté. Beaucoup de pratiques pédagogiques contribuent déjà au développement de ces compétences ; comprendre leur utilité vous permettra d’en maximiser les effets.

1. Adapter la tâche et l’environnement

○ Proposez des exercices courts, explicites et dénués d’ambiguïté.

○ Donnez des consignes détaillées, accompagnez-les d’une présentation orale ou visuelle de la tâche, puis vérifiez rapidement la bonne compréhension.

○ Utilisez des « feuilles de route » ou des schémas pour appuyer le déroulement des activités.

2. Instaurer une structure stable

○ Mettez en place une routine fixe : emploi du temps visible, rituels clairs en début et en fin de séance.

○ Organisez la classe en rangées face au tableau ; cela limite les distractions et favorise l’attention (Barkley, 2013 ; Dovis et al., 2016 ; Gremmen et al., 2016).

3. Réduire les sources de distraction

○ Favorisez un cadre calme : moins de stimuli dans l’espace de travail aide les élèves à se concentrer (Schmeier & Horeweg, 2018).

4. Clarifier les objectifs

○ Exposez clairement le but de chaque leçon pour orienter l’attention des élèves vers ce qui doit être acquis.

5. Anticiper le comportement attendu

○ Discutez avec la classe, avant de commencer, des attitudes et règles de travail que vous souhaitez observer (Horeweg, 2020 ; 2021).

6. Activer les connaissances antérieures

○ Sollicitez ce que les élèves savent déjà sur le sujet pour mobiliser leur mémoire de travail (Didau & Rose, 2019).

7. Enseigner la planification

○ Initiez-les à la réflexion préalable en utilisant, par exemple, des listes de vérification : ces outils facilitent l’organisation et préviennent les oublis.

8. Analyser les erreurs et trouver des solutions.

○ Après un écueil (comme un devoir laissé à la maison), échangez pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné et co-construisez des stratégies d’évitement plutôt que de réprimander.

9. Utiliser des supports dédiés

○ Des « cartes de conversation » sur les fonctions exécutives peuvent guider les échanges et renforcer la métacognition.

En appliquant ces principes, vous offrez aux élèves à faibles fonctions exécutives un environnement favorable à leur développement et à leur réussite.

Le « bon » moment, c’est toujours celui où nous sommes en bonne disposition : il dépend entièrement de l’état présent de la personne autiste (AS). En effet, nous pouvons nous tromper en évaluant notre propre niveau de fonctionnement. Lors d’une période de dépression, d’anxiété, de déconcentration ou de fatigue, une personne AS peut être temporairement incapable de mobiliser ses fonctions exécutives. À l’avenir, forte de son expérience, elle apprendra à repérer et à choisir les moments où elle se sent vraiment bien pour engager ses ressources dans une activité.

Gestion de l’attention

Certaines personnes AS rencontrent des difficultés à passer d’une tâche à l’autre de façon fluide : elles peuvent rester bloquées sur un point au détriment d’autres éléments importants. Là où les cerveaux allistiques disposent d’un « bouton rotatif » pour ajuster finement leur niveau d’attention, les personnes autistes semblent parfois fonctionner sur un interrupteur marche/arrêt.

Organisation de l’information

D’autres personnes AS ont du mal à trier et à catégoriser les données, ce qui se traduit par des espaces de vie souvent désorganisés : portefeuille, sac à main ou à dos, voiture, bureau, voire une pièce entière de la maison peuvent en pâtir.

Cognition sociale

Les chercheurs en cognition sociale ont identifié quatre étapes pour un comportement social réussi :

1. Collecter les informations pertinentes

2. Analyser ces informations

3. Porter un jugement sur la conduite à tenir

4. Mettre en œuvre la réponse appropriée

Fonctionnement en « pilote manuel »

La personne AS réalise chacune de ces étapes en « pilote manuel ». Lorsqu’elle est aguerrie, elle peut entrer dans un léger état de transe pour réduire l’activité mentale et laisser davantage de place à l’intuition : l’hémisphère droit (intuitif) prend le pas sur l’hémisphère gauche (rationnel), grâce à une inhibition modérée du cortex frontal. Pour accéder à cet état de transe, il s’agit d’abord de retrouver un calme intérieur – ou, parfois, un état de réjouissance – similaire à celui que connaissent les personnes non autistes (allistiques) lorsqu’elles passent naturellement en pilote automatique intuitif.

La mauvaise interprétation des signaux et des propos est fréquente. Les personnes concernées (AS) savent qu’elles commettent des maladresses sociales car elles perçoivent les réactions défavorables de leur entourage et peinent à atteindre leurs objectifs sociaux personnels.

Parmi les indices les plus courants :

● Être ignoré.

● Recevoir des remarques vagues ou indirectes (par exemple : « Vous êtes insensible » ou « C’était inapproprié ») sans aucun détail concret.

● Essuyer des réactions régulières de colère ou d’hostilité.

On observe également un manque d’amitiés satisfaisantes et peu d’occasions de rencontres, alors même que ces retours constituent des signaux utiles pour identifier les erreurs sociales. Toutefois, ils n’apportent pas les informations nécessaires pour progresser et réussir socialement. L’amélioration est possible, mais nous restons des personnes AS.

Enfin, être ignoré demeure très difficile à vivre : obtenir des réponses et vérifier sa compréhension exige beaucoup d’énergie.

Différences sociales : mes indices

Cochez les affirmations qui correspondent à vos propres expériences et qui vous ont été signalées comme indices de vos différences sociales :

● J’ai souvent l’impression d’être ignoré au sein d’un groupe ; les autres se comportent comme si je n’existais pas.

● Je peine à m’intégrer dans un groupe.

● On m’a dit que j’étais trop silencieux, qu’il fallait que je parle davantage.

● On m’a reproché de trop parler.

● On m’a dit que j’avais trop d’opinions.

● Les autres semblent frustrés par mon comportement, et je ne comprends pas pourquoi.

● On m’a qualifié d’arrogant.

● On m’a dit que je manquais d’émotion.

● J’ai des difficultés à m’entendre avec les autres ; je me dispute fréquemment.

● On m’a souvent reproché un comportement inapproprié.

● À plusieurs reprises, on m’a confié que je mettais les gens mal à l’aise.

● Il m’arrive de dire la mauvaise chose au mauvais moment.

● On m’a conseillé d’être plus attentif aux autres.

● Je n’ai pas autant d’amitiés — ni d’amitiés de qualité — que je le souhaiterais.

● Je n’ai pas de partenaire sentimental, alors que j’en voudrais un.

Problèmes de jugement dans une situation sociale

Les personnes du spectre autistique (AS) rencontrent souvent des difficultés pour collecter et analyser les informations sociales, ce qui affecte leur capacité à décider quoi dire ou faire. Lorsqu’une réponse inadaptée survient, on l’appelle une « erreur sociale ».

Il existe de nombreux types d’erreurs sociales :

● Mauvaise gestion des informations sociales : une interprétation erronée conduit à des décisions inappropriées et à des comportements maladroits.

● Inaction ou paralysie : contrairement à une personne allistique, qui peut commettre des erreurs sans que cela ébranle son « confort identitaire », l’AS reste dans l’insécurité et peine à faire valoir son action.

● Grossièretés dites dans l’ignorance : l’AS peut proférer des propos ou adopter des gestes jugés impolis sans en percevoir les conséquences, déclenchant une spirale d’incompréhension et de malaise.

Exemple : quelqu’un qui éprouve un sentiment amoureux, un peu réservé, essaie de dissimuler ses émotions. Ses mots lui échappent, et il se retrouve dans une situation extrêmement gênante, submergé par un flot d’émotions et de pensées, avec une seule envie : s’enfuir en courant.

Bienvenue dans le monde de l’AS ! La fuite n’est pas une option : la seule issue est de comprendre ce qui se passe et de se sentir à nouveau à l’aise.

Traitement de la communication non verbale

Les personnes du spectre autistique disposent souvent de solides compétences verbales et s’appuient principalement sur les mots, parlés ou écrits. En revanche, elles ont plus de difficultés à décoder les indices non verbaux — ton de la voix, volume, inflexions (hauts et bas du ton) et prosodie (rythme, durée, mélodie).

Lire les autres

Les chercheurs en autisme ont identifié plusieurs types de problèmes pour « lire » autrui. Chacune de ces dimensions de la perception sociale a été étudiée :

1. Reconnaître et interpréter les signaux sociaux

2. Inférer les pensées d’autrui

3. Faire preuve d’empathie face aux signaux sociaux

Manque d’indices sociaux

Les indices sociaux relèvent de la cognition sociale. Pour analyser une scène sociale, il est crucial de prêter attention au cadre global, au discours, à la posture et aux expressions faciales des autres. Sans ces informations, il est impossible de formuler de bonnes inférences et de poser des jugements pertinents sur la conduite à tenir.

Les personnes du spectre autistique manquent souvent ces indices, de deux manières principales :

1. Cécité sélective (inattention) aux signaux : certains ne perçoivent pas un certain type d’indice, comme s’ils étaient aveugles à une expression faciale contrariée.

2. Sous-estimation de la pertinence : d’autres remarquent le signal (par exemple, un regard agacé) mais n’en considèrent pas l’importance pour l’interaction en cours.

En comprenant ces mécanismes, il devient possible d’apprendre à mieux décrypter et gérer les échanges sociaux, et ainsi de réduire l’anxiété et les erreurs liées à ces difficultés.

Lire dans les pensées

Tenter de deviner ce qu’une autre personne pense ou ressent s’appelle « lire dans les pensées », ou encore comprendre le point de vue d’autrui. Il ne s’agit pas de clairvoyance ni de perception extrasensorielle ; c’est simplement le processus par lequel on élabore une hypothèse sur ce que l’autre pense ou ressent, en se mettant à sa place.

Brutalement honnêtes

Les personnes sur le spectre sont souvent perçues par leur entourage comme « brutalement honnêtes » et manichéennes, car elles expriment leurs pensées sans mesurer l’impact de leurs mots.

Note psychiatrique

Lorsque notre corps libère de l’adrénaline, notre pensée devient plus binaire : on réagit au danger en mode « tout ou rien », avec moins de nuance et de réflexion.

Empathie

L’empathie, c’est la capacité de comprendre et de partager les émotions d’une autre personne, même si ces émotions diffèrent des nôtres.

Conseil pour les personnes AS

1. Mettez-vous à la place de l’autre : imaginez ce qu’il vit.

2. Identifiez l’émotion qu’il ressent et pourquoi.

3. Essayez de ressentir une part de cette émotion.

4. Exprimez votre compréhension en disant à l’autre que vous imaginez ce qu’il éprouve.

Note : certains AS sont d’excellents acteurs et savent reproduire les émotions de manière très intense.

Différences de perception sociale

Ma perception sociale

Cochez les affirmations qui vous parlent ; elles peuvent indiquer des difficultés dans la perception sociale :

Remarquer les signaux sociaux

Je peine à comprendre ce qui se passe quand j’intègre un groupe déjà en pleine conversation. J’ai l’impression que les autres perçoivent des choses que je ne vois pas. Les personnes autour de moi rient, mais je ne sais pas toujours pourquoi. Je ne remarque pas immédiatement quand quelqu’un essaie d’attirer mon attention.

On m’a dit que les regards transmettent des messages, mais je n’ai jamais su comment les décoder ni les utiliser.

Lire dans les pensées

J’ignore souvent pourquoi les gens s’énervent contre moi. Je suis déconcerté quand les autres ne disent pas clairement ce qu’ils pensent ; j’exècre qu’on s’attende à ce que je devine leurs pensées. J’ai du mal à concevoir que les autres puissent penser différemment de moi. Parfois, je ne comprends pas ce qu’on attend de moi.

Faire preuve d’empathie

On m’a souvent reproché d’être insensible ou indifférent. Je suis profondément touché quand quelqu’un d’autre souffre. Je réalise parfois trop tard qu’une personne avait besoin de mon aide. Quand un proche rencontre un problème, je souhaite l’aider, mais je ne sais pas comment m’y prendre. Je ne sais pas comment exprimer mes excuses quand il arrive quelque chose de grave à quelqu’un. Quand un être cher est bouleversé, je m’éloigne souvent parce que je me sens submergé.

L’engagement de la personne AS

Les personnes AS font preuve d’un fort sens des responsabilités dès qu’elles se lancent dans une tâche, qu’il s’agisse d’un projet personnel ou d’un poste salarié. Leur investissement est alors remarquable : elles travaillent avec acharnement pour atteindre leur objectif, et leur implication en milieu professionnel est souvent inégalable.

Différences sociales : des atouts

● Authenticité : elles s’expriment généralement sans filtre, avec une honnêteté désarmante.

● Empathie active : elles ressentent intensément la détresse d’autrui et éprouvent le besoin de l’atténuer.

● Sens aigu de la responsabilité : cette empathie les pousse à gérer l’information émotionnelle reçue et à s’engager pour résoudre le problème.

Ces particularités peuvent parfois compliquer les interactions sociales, car la façon dont les personnes autistes perçoivent et réagissent aux émotions diffère de celle des allistiques.

Un fonctionnement cérébral singulier

Le cerveau autiste se distingue par quatre grands domaines de différence :

1. Modes de pensée (logique, systémique, parfois très focalisée)

2. Interactions sociales (perception et traitement de l’information sociale)

3. Gestion émotionnelle (intensité et interprétation des émotions)

4. Perceptions sensorielles et motrices

(hypersensibilités, hyposensibilités, besoins de mouvement)

Ces traits sont à la fois des forces — qui peuvent mener à une grande créativité et persévérance — et des vulnérabilités, notamment face à la surcharge sensorielle et émotionnelle.

Vers une compréhension scientifique des émotions

Les chercheurs distinguent clairement les émotions des pensées et identifient quatre émotions de base :

1. La joie : énergie élevée et ressenti agréable.

2. La tristesse : énergie réduite et ressenti désagréable.

3. La colère : énergie élevée et ressenti désagréable.

4. La peur : énergie élevée et ressenti désagréable.

Chacune remplit une fonction vitale pour notre survie : signaler un besoin d’attention, préparer le corps à réagir et nous orienter vers ou contre une situation donnée.

Conscience et maîtrise de soi

Prendre conscience de ses émotions est une étape incontournable vers la maîtrise de soi. Au-delà des émotions primaires, notre âme et notre esprit véhiculent des énergies plus subtiles, fondamentales pour toute transformation intérieure. Or, les énergies de la peur, de la colère et du désir tendent à se cristalliser : tant que nous n’apprenons pas à les libérer, nous risquons de rester prisonniers de schémas bloquants.

Intensité et gestion des émotions chez la personne AS

Les émotions sont souvent particulièrement intenses pour la personne autiste. L’interprétation de ces ressentis peut être source de confusion, et leur “digestion” – c’est-à-dire le temps nécessaire pour les gérer – peut s’avérer longue. L’expression immédiate est fréquemment gardée en mémoire, pour être traitée ultérieurement dans un espace sécurisé.

Rôles et fonctions des émotions

● Émotions répulsives (peur, par exemple) : elles incitent à fuir ou à éviter un danger.

● Émotions d’attraction : elles nous motivent à agir, aimer ou investir de l’énergie positive.

● Émotions centrantes : elles façonnent notre identité, notre monde intérieur et notre “chez-soi”.

● Émotions protectrices (colère défensive) : elles constituent une force défensive face à une menace.

Les émotions primaires signalent qu’un aspect de notre environnement ou de notre vécu requiert notre attention, déclenchent des préparations physiques à l’action et s’estompent une fois la situation passée.

Vers une gestion émotionnelle adaptée

Pour la personne AS, le premier pas consiste à nommer chaque émotion et à lui attribuer une place précise. Avant de pouvoir partager ses ressentis, elle a souvent besoin d’un travail d’acceptation intime, dans un contexte de confiance. En cas de surcharge émotionnelle, elle peut chercher à se retirer ou à fuir ; si la fuite est impossible, une explosion émotionnelle peut survenir. Apprendre à reconnaître ces signaux et à adopter des stratégies d’apaisement est essentiel pour assurer un mieux-être durable.

La joie, la tristesse, la peur et la colère sont quatre émotions fondamentales.

Notre capacité de réflexion nous permet d’expérimenter et de mémoriser ces émotions de mille manières : nous pouvons mêler pensées et ressentis, et notre langue met à notre disposition un vocabulaire riche pour décrire tout le spectre des expériences humaines.

Lorsque pensées et émotions coexistent, elles peuvent se fondre en une expérience unique, que l’on pourrait comparer à un « cocktail pensée-émotion ». Penser à une émotion précise peut même déclencher l’apparition d’une autre, dite émotion secondaire.

L’être humain est devenu un véritable penseur émotionnel. Les médias modernes exploitent cette fonction mentale pour susciter et manipuler nos réactions affectives, jouant sur nous comme on joue sur les touches d’un synthétiseur.

Comme nous l’avons vu, les émotions sont une forme d’énergie, légère ou lourde ; notre esprit en dirige l’expression. Elles nous permettent de toucher et d’émouvoir autrui.

L’AS (trop sensible) peine à supporter ces assauts émotionnels. Parfois, l’être humain se transforme en un canon à émotions, difficile à protéger quand on est hypersensible.

Troubles de la personnalité et développement de la conscience

De nombreux troubles du développement prennent leur source dans le comportement des référents. Parmi les troubles de la personnalité, on retrouve par exemple : l’indifférence à l’égard du monde extérieur, l’égocentrisme, la cruauté ou l’obsession.

Qu’entend-on par « référents » ?

Les référents sont les modèles sur lesquels nous nous construisons — tant au niveau de la personnalité que de l’identité. Ils ne sont pas nécessairement les parents, qui ne sont pas toujours exemplaires ; grands-parents, oncles ou tantes peuvent tout aussi bien jouer ce rôle. Si un référent devient source de perturbation — en raison d’un divorce, d’une addiction, d’une agressivité, de difficultés financières, etc. — un véritable choc peut survenir chez l’enfant ou l’adolescent.

Déséquilibre psychologique des référents

L’AS (le sujet en développement) traverse alors de fréquents moments d’instabilité. En quête d’une identité, il subit une pression psychologique constante liée à l’état de ses référents. Les parents, contraints de gérer cette situation, peuvent eux-mêmes basculer dans un déséquilibre, entraînant un cercle de causes à effets qui se perpétue.

Face à ces difficultés, il est essentiel de tenir bon : l’instabilité psychologique des référents nuit gravement au développement de la conscience et peut avoir des répercussions durables tout au long de la vie.

L’AS et le besoin de liens sociaux

Les personnes AS cherchent souvent à tout prix à tisser des liens, mais leur cerveau, câblé différemment, interprète mal les codes sociaux. Leurs obsessions et passions intenses peuvent sembler ennuyeuses à leur entourage.

Solution : Préparer à l’avance des « scripts » ou scénarios adaptés à chaque contexte pour faciliter le changement de sujet et enrichir la communication.

Métaphore

« Un canard sans plumes ne peut pas voler. »

La misophonie

La misophonie — intolérance à certains sons ou à des propos désagréables — est un trouble d’association selon le Dr K.

Les bruits déclencheurs, enregistrés en lien avec irritation, mal-être ou anxiété, peuvent évoluer vers des troubles durables de la personnalité. Cela entraîne :

● Des comportements d’évitement

● Des explosions de colère pour soulager la tension

● Un risque accru de dépression

À ce jour, la psychiatrie ne propose pas de traitement efficace.

Médicaments et iatrogénie

Beaucoup de lésions et de troubles sont induits par un usage inadapté de médicaments : rares sont les thérapeutes qui les testent sur eux-mêmes. Le Dr K observe que peu de psychiatres maîtrisent les aspects physiques des traitements, tout comme beaucoup de médecins ignorent la dimension psychologique.

Éthique des thérapies comportementales

L’ABA (Applied Behavior Analysis) perd son éthique dès lors que le thérapeute fait preuve d’un manque d’empathie face à la douleur de la personne. Cette méthode ne doit pas devenir un dressage.

L’écoute véritable

« Apprendre à écouter ce que l’on nous dit vraiment est une nécessité. »

— Piero Ferrucci

Nous croyons souvent être à l’écoute, sans pour autant l’être réellement. Les thérapeutes gagneraient à maîtriser à la fois l’aspect physique et psychologique des problématiques pour offrir une écoute plus fine (Dr K).

Respect de l’espace personnel

Envahir l’espace d’une personne, et a fortiori d’une personne en situation de handicap, témoigne d’un manque d’éthique. Par exemple, se pencher au-dessus d’une personne en fauteuil roulant constitue une intrusion dans son intimité. Cet acte est indigne et doit être proscrit.

Reconnaître l’adulte AS

Il est essentiel de considérer les personnes AS comme des adultes intellectuellement matures. Les traiter comme des enfants est profondément honteux et dévalorisant. C’est une forme de capacitisme.

Critique de l’ABA (méthode)

Comparée à un entraînement canin, l’ABA récompense par des applaudissements ou des friandises lorsque le comportement désiré est atteint. Cette approche, sans empathie, réduit l’humain à un simple sujet d’expérimentation.

Capacitisme / Ableisme (terme anglais)

La discrimination envers les personnes en situation de handicap, appelée « capacitisme » ou « validisme », repose sur un système de valeurs oppressif qui fait de la personne dite « valide » (ou « alliste »), c’est-à-dire sans handicap, la norme sociale. Il se traduit par des stéréotypes, des préjugés ou des traitements défavorables à l’encontre de ceux et celles qui vivent avec des troubles comme l’autisme, l’hypersensibilité, la dyslexie, la dyspraxie ou le syndrome de Gilles de la Tourette. Les personnes handicapées sont ainsi perçues comme dépourvues de valeur, reléguées au second plan, voire exposées à une volonté de mise à l’écart, voire d’élimination.

La connexion immédiate avec autres personnes sur le spectre est une des caractéristiques de l’AS.

Un autre bon conseil est de faire du théâtre. Ça aide beaucoup à développer des capacités sociales.

Être AS n’est pas un problème, mais une véritable valeur.

Le rôle du thérapeute est de restaurer les capacités et de compenser les difficultés, afin de faciliter le fonctionnement en société.

Sur le TDAH

Pour les troubles de l’attention avec hyperactivité, le Dr K privilégie la structuration de l’environnement de la personne concernée. L’objectif n’est pas de l’obliger à rester assise huit heures d’affilée, mais de lui donner les clés pour fonctionner au quotidien.

Aucun médicament ne « répare » ces troubles : on apprend à les gérer. Dans la mesure du possible, on adapte l’environnement et les méthodes de travail.

« Les médicaments sont des béquilles temporaires qui ont toujours des conséquences. »

Notre mode de vie et l’organisation de la société ne sont pas conçus pour tous ; dans bien des cas, ils sont à l’origine de malaises et de perturbations.

S’adapter plutôt que se transformer.

Êtes-vous plus qu’un diagnostic (AS ou autre) ? Un individu doté d’une âme et d’un esprit, en perpétuelle évolution ?

Activation parasympathique (exercice respiratoire)

Pour prévenir un effondrement émotionnel (meltdown) :

1. Inspirez profondément, puis expirez rapidement 9 fois.

2. Marquez une pause pour vous détendre.

3. Renouvelez l’expiration rapide 15 fois, puis détendez-vous à nouveau.

4. Enfin, effectuez 20 expirations rapides.

Cette hyperventilation contrôlée déstresse immédiatement le système nerveux autonome. Après l’exercice, restez assis, immobile, pendant 60 secondes.

Observation du Dr K sur la détection de l’autisme

« Si tu éprouves tant de difficultés à accomplir des tâches qui paraissent si simples pour les autres, il convient de se demander si tu ne te situes pas sur le spectre autistique ».

Je crois que de nombreuses autres questions importantes restent à explorer. Le corps médical, les psychologues et les psychiatres disposent encore de trop peu d’informations et, surtout, ne vivent pas l’expérience AS. Ce n’est pas mon cas : je suis AS et j’interviens en tant que référent.

— JP

La prosopagnosie désigne un trouble de la reconnaissance des visages. Ce terme, forgé en 1947 par le médecin allemand Joachim Bodamer, repose sur deux racines grecques signifiant « visage » et « ne pas savoir » : bien que le nom soit récent, les difficultés à identifier un visage étaient déjà documentées auparavant.

« Si tu ne vois pas le visage, tu ne vois pas le cœur. »

Pour l’AS, percevoir un visage et déchiffrer une expression demande une dépense d’énergie importante. Il ne s’agit pas d’une incapacité : bien souvent, l’AS choisit de limiter cet effort pour préserver son énergie en vue d’autres activités.

L’éternité devient une part de nous-mêmes.

L’évolution spirituelle transcendantale élève notre conscience, jusqu’alors limitée et éphémère, vers une perception éternelle. Cette conscience singulière se vit entièrement dans l’instant présent.

La conscience restreinte, quant à elle, tente de prolonger et d’ajuster une vie brève : elle se projette avec force dans l’avenir en s’appuyant sur le passé. À l’inverse, la conscience éternelle nous envahit peu à peu, telle une lumière éblouissante et chaleureuse, dissipant ce qui est éphémère et douloureux, et que l’on doit laisser derrière nous.

Peu à peu, la conscience limitée découvre la fragilité de son existence en luttant pour prolonger un simple instant. L’esprit, lui, n’est pas assujetti au temps : il connaît déjà le scénario intégral de notre vie — passé, futur et éternel présent — alors que le corps reste borné dans sa perception.

Lorsque l’Esprit commence à pénétrer la conscience, tout change : la valeur des choses, nos priorités et nos objectifs se transforment. Pour accéder à l’éternité, il faut suivre son cœur jusqu’au bout.

Le chemin de transcendance est pour l’AS un remède et une solution pour trouver sa place dans la vie en tout instant et mettre un terme à la solitude perpétuelle.

Crescendo et cœur

Le crescendo en musique désigne une montée en intensité qui commence au « point crescendo ». Ce point marque l’émergence de l’exceptionnel : un son, un mouvement, une vibration, un rythme qui s’enflamment dès l’instant initial. C’est le cœur même du mouvement, notre propre cœur, qui transcende alors toutes les limites et barrières. Le début est calme, presque silencieux, puis cette vibration prend peu à peu de l’ampleur jusqu’à devenir puissante.

Le cœur fonctionne comme une centrale atomique, réservoir de biophotons capables de générer de puissantes ondes et de rayonner. Il doit être nourri de lumière et de beauté afin de préparer l’envoi de cette énergie de transformation et de guérison.

Un regard limpide

Un regard limpide est synonyme de clarté et d’innocence, dont rien ne vient troubler la pureté ni l’éclat. Nous choisissons d’ouvrir notre œil intérieur pour que l’Âme voie à travers notre regard, se réjouisse de ce qu’elle perçoit et diffuse sa joie. Un regard limpide est indispensable pour dessiner et créer l’Art sous toutes ses formes.

L’âme puisse exprimer amour et compassion à travers de la transparence, quand notre mental et nos émotions ne forment plus un obstacle.

Adénosine :

Adénosine, la diminution de dopamine, un effet secondaire négatif de la distraction.

Éviter la future réduction de la dopamine !

Moments de motivation

La nuit peut accroître la motivation (cette dernière est gratuite, libérée sous forme de dopamine). Par exemple, vous avez une idée pendant la nuit — « je vais écrire un livre ». Le lendemain, il faut se mettre au travail : cela demande de l’énergie, mais la motivation est alors plus forte.

Faire une activité simple, comme jouer à un jeu vidéo, paraît facile, et la motivation peut devenir exponentielle.

Les réflexions sous la douche sont particulièrement intéressantes, car l’absence de distractions favorise la concentration.

En présence de distractions — smartphone, gadgets, applications — la motivation s’effondre et la dopamine disparaît.

Quand la motivation peut-elle croître ?

Dans des situations de calme, comme au lit, sous la douche ou lors d’une promenade en pleine nature, la motivation peut croître. Ces instants induisent un état de conscience modifié, propice à la motivation et à un travail productif.

Toute source de distraction a un coût élevé en dopamine. L’accumulation d’adénosine diminue votre taux de dopamine : vous quittez alors le « train » de la dopamine et entrez dans un cercle de fatigue et de démotivation.

La méditation instaure un état où la consommation de dopamine s’allie à celle d’adénosine de façon équilibrée. Votre esprit devient libre de penser, de créer et de se révéler. Il peut alors explorer des idées profondes et laisser libre cours à son imagination.

Un ancrage physique et un équilibre corporel, sans dépense énergétique excessive, permettent à l’esprit de se libérer : les pensées circulent, puis la motivation apparaît.

Apprendre à éviter les pics d’adénosine et les chutes de dopamine vous offre un véritable espace mental, un moment pour vous retrouver.

« Durant la première heure de la journée, n’utilisez aucune technologie. »

Le changement de comportement naît de la compréhension, de l’observation et de l’expérience ; il ne se produit pas simplement par l’échange d’informations.

Lorsque vous dépendez des jeux et des gadgets, observez-vous : assez de cette dépendance ! Dès que votre réussite matérielle repose sur votre capital dopaminergique — via le circuit dopaminergique du noyau accumbens — vous vous exposez à l’échec.

Il est facile de s’endormir quand on est fatigué, mais rester éveillé, attentif et motivé est bien plus enrichissant.

Figure du manuscrit, page 191.
Figure originale · page 191

Le noyau accumbens est une région cérébrale centrale dans le circuit de la récompense et les mécanismes de dépendance aux drogues. Il s’agit d’une structure bilatérale, présente à la fois dans l’hémisphère droit et dans l’hémisphère gauche.

Appelés également « nucleus accumbens septi » (littéralement « noyau accolé au septum »), ces noyaux sont formés d’amas neuronaux nichés dans la partie rostrale du prosencéphale. Ils jouent un rôle majeur dans le système de récompense, l’assuétude (accoutumance et dépendance), ainsi que dans l’émergence du rire, du plaisir, de la peur et de l’effet placebo.

Chaque hémisphère possède son propre noyau accumbens, positionné à la jonction de la pointe du noyau caudé et de la portion antérieure du putamen, juste à l’extérieur du globus pallidus. Avec le tubercule olfactif, il constitue le striatum ventral, l’une des composantes des ganglions de la base.

On distingue deux sous-régions au sein du noyau accumbens : le « cœur » (ou « core »), correspondant à la partie dorsale, et la « coquille » (ou « shell »), correspondant à la partie ventrale. Ces deux zones diffèrent tant par leur morphologie que par leurs fonctions.

Le noyau accumbens joue un rôle essentiel dans la régulation de la dopamine dans le cerveau. Chez les personnes atteintes de TDA(H), l’un ou l’autre (voire les deux) de ces noyaux fonctionne de façon atypique, ce qui entraîne une distribution irrégulière de la dopamine.

Lorsqu’une pulsion vous pousse vers la dépendance — qu’il s’agisse d’un jeu, d’une habitude ou de toute autre fixation — c’est comme un serpent qui vous ensorcelle : il vous happe, vous serre, vous met sous pression, lutte contre votre volonté et vous force à céder à ce que vous ne souhaitez plus faire. C’est là l’emprise du besoin de dopamine, l’évidence du pouvoir de la dépendance.

La solution consiste d’abord à interrompre cette pression pendant au moins une heure. Prenez une douche, sortez marcher, détachez-vous de tout pour soulager la tension mentale : ne pensez pas à une longue liste de tâches, concentrez-vous uniquement sur l’heure qui arrive. Demandez-vous : « Que vais-je faire dans la prochaine heure ? « Quelle est la meilleure prochaine étape ? »

Posez-vous cette question encore et encore : « Quelle est la prochaine action la plus pertinente ? »

Ouvrez la porte, marchez jusqu’à la gare, prenez le train à pied ou à vélo. Dans ce mouvement, vous laissez derrière vous la dépendance et la pression mentale. L’acte de sortir suffit parfois à faire taire cette voix intérieure qui vous pousse vers l’addiction. Ce n’est pas compliqué, et aussitôt que vous avez choisi la meilleure action, poursuivez-la.

C’est là votre forme de méditation : interrogez-vous en continu sur la prochaine étape, la meilleure chose à faire, en vous appuyant sur vos capacités et votre volonté. La musique peut aussi vous aider à vous extraire de cette spirale et à vous plonger dans un état d’esprit plus apaisé.

Pour rompre avec le « train » de la dopamine, changez de cadre même dans votre environnement de travail ou de jeu. Passez en « mode travail » : éloignez-vous de tout ce qui crée une dépendance ou une distraction — Twitter, TikTok, Instagram et autres réseaux sociaux — et aménagez un espace de travail épuré. Servez-vous de votre motivation pour poser des limites claires. Nettoyez, cuisinez, rangez et organisez votre intérieur : un lieu ordonné participe à rompre le cycle de l’addiction à la dopamine.

L’inconscient collectif, les archétypes et la synchronicité :

Ces fameuses “coïncidences significatives” dessinent la pensée de Jung, à la fois vaste et ramifiée. Il distingue un monde éternel, immuable, et un monde éphémère, soumis au temps, et arpente tous les horizons de l’âme humaine avec une pensée circulaire, en arborescence.

D’abord centré sur les pathologies, Jung s’est très vite affranchit de cette seule perspective pour explorer la capacité de chacun à grandir, à s’améliorer, et à instaurer un vrai dialogue entre le conscient et l’inconscient, dans la quête d’une globalité de l’être. Fondateur de ce que l’on appellerait plus tard le développement personnel et la psychologie positive, il voit l’inconscient non pas comme un simple réceptacle de troubles, mais comme un vaste coffre de portes verrouillées, que nous portons en chacun de nous.

À l’intérieur de cet inconscient collectif se niche l’histoire de l’humanité, tissée d’archétypes, de symboles, de mythes et de rêves. L’analyse jungienne est un face-à-face — ou plutôt un face caché — destiné à faire émerger ce qui a été refoulé, prolongeant le dialogue amorcé avec Freud tout en s’en démarquant profondément.

Le psychisme se compose de trois niveaux :

1. Le Moi conscient, siège de notre identité immédiate.

2. L’inconscient personnel, réservoir de nos expériences individuelles oubliées ou refoulées.

3. L’inconscient collectif, monde symbolique où circulent archétypes et mythes universels.

Au-delà du Moi s’étend le Soi, principe d’unité et de totalité de la personnalité, intégrant toutes ces dimensions. L’individu, façonné par ses conditionnements, doit cheminer vers sa singularité pour réaliser le Soi : éliminer ce qu’il y a de détestable en lui et intégrer ce qu’il y a d’admirable.

La synchronicité désigne, quant à elle, des événements apparemment séparés mais connectés par une signification hors des lois de l’espace-temps, et qui se manifestent parfois de façon spectaculaire dans le monde physique. À l’instar de Viktor Frankl, Jung reconnaît que l’être humain a un besoin vital de sens ; ce besoin peut toutefois déraper sous l’effet de projections et d’illusions.

Enfin, nos limites ne sont que des frontières mentales que nous nous imposons : pour accéder à la vraie liberté, il nous faut d’abord apprendre à les reconnaître, puis à les dépasser, voire à les abolir.

Jouer les cordes de ton propre cœur.

On ne peut être pleinement nous-mêmes sans la somme de nos expériences et ce que recèle notre cœur. C’est à travers une expression authentique que la vie ne se contente pas de s’écouler, mais jaillit en un véritable flot.

En faisant vibrer nos propres cordes sensibles, nous touchons les autres par la musique de nos existences.

Au-delà de toute étiquette, je suis convaincu que c’est ainsi que nous avons été conçus : pour être pleinement qui nous sommes, embrasser ce que nous sommes, et, en évoluant, élever notre conscience vers un horizon supérieur, pour le bien de tous.

— Terry Hampton, Playing My Heartstrings

Hyperlexie

L’hyperlexie se manifeste par des compétences de lecture précoces et remarquablement supérieures au niveau de compréhension, acquises sans enseignement formel, ainsi qu’une forte attirance pour tout ce qui est écrit. Dans la plupart des cas, elle s’accompagne de troubles du spectre autistique.

Procrastination et autisme

Chez les personnes autistes, la procrastination peut avoir plusieurs origines : manque de confiance en soi, faible estime de soi, difficultés de concentration, peur de l’échec ou encore perfectionnisme. Ses conséquences peuvent être lourdes, menant parfois à l’anxiété et à la dépression.

Ce phénomène s’installe souvent sous la forme d’un cercle vicieux : on se heurte à des blocages, on subit la pression du temps qui passe, et l’anxiété et la dépression s’amplifient. On se met alors en quête d’une étincelle, d’une énergie capable de nous relancer.

Pour briser ce cercle, il faut se surprendre soi-même : accomplir une petite action simple, se pencher sans perdre l’équilibre, faire un pas puis un autre. Choisir une activité plaisante, se laisser immerger mentalement dans un jeu et ressentir du plaisir. L’objectif n’est plus de réfléchir indéfiniment, mais d’agir, encore et encore.

La clé réside dans la reprogrammation personnelle.

● Adoucir le perfectionnisme : « Je n’ai pas besoin d’être parfait. »

● Retrouver le plaisir : « Je peux m’amuser avec mes propres difficultés. Faire des erreurs n’est pas si grave. »

● Déplacer le curseur du temps : « Même si je dispose de peu de temps, j’envisage mon travail dans une autre temporalité : une minute peut devenir une heure, une journée une semaine. J’ai tout le temps nécessaire. »

Ainsi, il n’existe plus d’urgence insurmontable : je fais de mon mieux, et cela suffit.

Testament et promesse

J’ai entamé mon existence agenouillé, tel un bourgeon encore fermé prêt à s’ouvrir à la vie. Et lorsque viendra l’instant ultime de mon voyage, je retournerai à genoux, humble devant le mystère de l’existence, pour murmurer un seul mot : merci. Alors mon être s’élèvera et regagnera sa demeure secrète, quelque part, au cœur des étoiles. Je retrouverai mes ailes de lumière, qui m’ont tant manqué tout au long de ce périple, et, finalement, je rejoindrai mes sœurs stellaires dans l’infinie clarté céleste. JP

Nunchi

Nunchi est une notion fascinante de la culture coréenne. Elle consiste, comme le font beaucoup de personnes autistes, à observer attentivement pour saisir les codes sociaux et la dynamique d’un groupe. Pour survivre dans la sphère sociale, ces personnes analysent chaque interaction et tâchent de s’y adapter. C’est un processus lent, souvent semé de doutes, qui les rend prudentes et se manifeste parfois par une expression sociale appauvrie, manquant de spontanéité.

Je viens d’une lignée familiale de quatre générations sur le spectre autistique. Parfois, nos réactions, dictées par nos passions, peuvent nous échapper. Adopter la culture du nunchi pourrait grandement nous aider à mieux naviguer dans les interactions quotidiennes.

Un grand merci à Euny Hong !

Règles du nunchi

(Origine : Grèce antique, mouvement stoïcien)

● « Tu as deux oreilles et une bouche : écoute deux fois plus que tu ne parles. »

● Le nunchi n’est ni de l’empathie ni de la sympathie ; il s’agit simplement de percevoir ce qui se passe dans l’esprit et le cœur d’autrui, sans ressentir nécessairement leurs émotions.

● Vous n’avez pas à vous mettre à la place des autres, car vous risqueriez d’y perdre votre identité et de vous rendre vulnérable. L’objectif est de comprendre l’autre sans vous effacer.

● En Corée, l’empathie est souvent perçue de manière genrée : on considère les femmes plus empathiques que les hommes. Ce n’est pas une vérité universelle, mais plutôt une habitude culturelle discutable.

Reflexion

La vérité que je souhaite partager dans ce livre, c’est que la plupart des personnes autistes ou AS passent inaperçues : elles ne se distinguent pas par un signe spectaculaire, mais simplement par une intensité et une passion un peu plus marquées dans de nombreux domaines. Les rares cas que l’on remarque immédiatement ont servi de référence pour définir une norme clinique dans le DSM-5.

Je suis convaincu que la science « neurotypique » est, pour l’instant, incapable de saisir la richesse du spectre autistique, faute de disposer de capacités comparables. Le spectre de l’autisme représente une évolution génétique de l’humanité, mise à l’épreuve dans un monde pensé par et pour les personnes allistiques.

Ce monde, depuis des millénaires, n’a pas su reconnaître à leur juste valeur les femmes ; il continue d’exclure toute différence : cultures et apparences des Noires, des Blanches ou des personnes d’origine asiatique sont fréquemment rejetées, tandis que les valeurs du cœur sont ignorées. Par dessus tout, c’est un univers primitif, égocentré, presque animal, qui court à son autodestruction où les différentes qualités extrasensorielles sont moquées.

Dans un tel contexte, les personnes autistes comme nous choisissent souvent de vivre dans l’ombre, pour simplement survivre. JP.

Ne pense pas blanc, ne pense pas noir, ne pense pas blanc-noir, pense sans peur dans la couleur de ton cœur.’ Frank Boeijen +JP.

Solitude

La solitude est profondément ressentie par la personne AS : celle qui pense autrement, qui perçoit le monde différemment, dont la conscience affûtée décrypte sans le vouloir les traits cachés des autres, et qui évolue dans un univers déconcertant. Elle accompagne chaque jour l’individu concerné. L’« abandonné » se renie lui-même à plusieurs reprises, délaissant relations et situations complexes, et se retrouve isolé et seul.

La solitude, c’est aussi se retrouver seul face à une tâche, un travail ou une mission qui déborde et angoisse jour après jour. Impossible d’en parler à quiconque : il n’y a ni oreille attentive ni soutien chaleureux. On se sent abandonné, isolé, étranger rejeté par le monde.

J’ai vu mon frère sombrer dans cet état : abandonné par nos parents, il est devenu toxicomane et s’est progressivement cloîtré dans sa solitude.

L’un des objectifs de la psychiatrie est de découvrir l’histoire cachée derrière chaque individu. Pourquoi en est-il arrivé là ? Comment rétablir l’équilibre entre la psyché et la biochimie ? Les médicaments ne sont qu’une béquille à court terme : un véritable changement de comportement exige un engagement soutenu et du temps, au moins trois mois, souvent bien plus.

La restructuration du « véhicule » psychique s’opère à plusieurs niveaux pour retrouver :

● la beauté intérieure,

● la flexibilité,

● un sentiment de sécurité,

● la capacité à rebondir.

Réflexion de la thérapeute

J’écoute avec mon âme, attentivement, finement, les signes et expressions de mon client, et je m’efforce d’apporter à l’autre ce dont il a besoin pour avancer. Je suis imparfaite et je peux faire des erreurs, mais je donne toujours le meilleur de moi-même.

Responsabilités du thérapeute

La thérapie doit proposer des solutions et des méthodes pour résoudre les difficultés psychologiques, et, si nécessaire, physiologiques. Elle vise à développer l’autonomie, la gestion de soi et le coaching face aux aléas du quotidien, en fournissant des réponses à la fois immédiates et durables. La thérapeute accompagne également son client dans la recherche de sens.

La raison d’être thérapeute

La vie n’est pas une ligne droite, mais une succession d’événements : un tourbillon de surprises et de changements. Si nous n’apprenons pas à transmettre l’adaptation, la flexibilité, l’autonomie à notre client, à puiser dans ses ressources intérieures, à cultiver sa résilience et à trouver la paix, ni la thérapeute ni la thérapie n’ont de raison d’être.

Questionnaires pour les personnes autistes et les thérapeutes

Conseils de Valérie Gaus

1. Questions que se pose une personne autiste

● Quelles questions puis-je poser (ou éviter) lors d’une première rencontre ?

● Quels sujets dois-je proscrire ?

● Quels comportements devrais-je éviter en groupe ?

● Combien de questions est-il approprié de poser à la fois ?

● À quel moment est-il opportun (ou inopportun) d’engager la conversation ?

● Quelles erreurs dois-je éviter en discussion générale ?

● Quelles activités pourrais-je entreprendre pour me faire des amis ?

● Suis-je vraiment prêt·e à affronter tout ceci ?

Note : cette succession de critères peut devenir paralysante pour l’AS et nous empêcher d’agir.

2. Objectifs pour l’entretien avec une personne autiste

1. Préparation

○ Rassemblez des informations précises sur votre client : historique, symptômes, problématiques.

2. Établir la connexion

○ Créez un lien authentique dès les premiers instants.

3. Observer la communication

○ Repérez au plus tôt ses particularités verbales et non verbales.

4. Respecter l’espace personnel

○ Ne touchez pas ses mains, son épaule ou sa tête sans y être expressément invité·e.

5. Adapter votre langage

○ Tenez compte de son style : souvent très articulé, parfois très littéral.

○ Choisissez vos mots avec soin pour éviter tout malentendu.

3. Faciliter la fin de séance

Les personnes autistes (AS) rencontrent souvent des difficultés à percevoir la clôture d’un échange :

● Elles peuvent continuer à parler et rester assises, même lorsque le thérapeute se lève.

● Pour éviter une transition brutale, annoncez la fin de la séance 5 à 15 minutes à l’avance, par exemple :

« Il nous reste cinq minutes avant la fin de la séance. » « Préparons-nous à conclure. »

Fixer des limites claires aide également le thérapeute à accepter les éventuels comportements inhabituels, en réduisant l’anxiété du patient au cours des premières séances.

4. Limites des séances d’admission

● Pas d’enseignement actif de compétences sociales ni de rétroaction corrective, sauf en cas d’automutilation ou de comportement destructeur.

● Ne pas forcer le regard : de nombreux patients autistes n’établissent pas de contact visuel, et il est contre-productif de les y contraindre.

● Ne pas afficher d’autorité ou de marqueurs sociaux (parents, thérapeutes, proches) : la culture allistique peut être source de pression et d’incompréhension.

Vous voilà plongé·e dans une culture nouvelle, après des années de conditionnement à des codes qui ne vous correspondent pas. C’est un défi, mais pas un territoire inconnu : avec du soutien et de la bienveillance, il est tout à fait possible de trouver vos repères. JP.

Meilleure concentration

Pendant l’entretien, certains patients éprouvent le besoin de manipuler des objets ou de tripoter quelque chose en parlant ; ce comportement est non seulement toléré, mais il peut aussi les aider à rester concentrés. D’autres n’hésitent pas à se lever pour explorer la pièce, regarder les étagères ou observer les images accrochées aux murs. Là encore, cette attitude est tout à fait acceptable et n’entrave en rien la séance.

En revanche, les consignes du type « Fais pas ci, fais pas ça » ou « C’est comme ça qu’il faut faire » sont contre-productives avec une personne autiste.

Abandonner la posture autoritaire

Pour qui souhaite accompagner et soutenir une personne autiste, un point est essentiel : prenez conscience de votre tendance à imposer votre volonté ou votre point de vue, et à formuler des leçons. Abandonner rapidement cette posture — souvent perçue comme traumatisante et perturbante — constitue une étape décisive vers un accompagnement adapté. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à avoir des opinions ; au contraire, elles sont nécessaires pour bâtir un échange constructif.

La vraie question à se poser est : « La personne autiste m’a-t-elle accepté dans son univers ? » Si c’est le cas, elle pourra vous percevoir et communiquer avec vous ; sinon, vous resterez invisible à ses yeux, ce qui accroît inutilement son stress.

Important : ne pas toucher.

Ne touchez jamais un AS : ni ses mains, ni son épaule, ni sa tête, ni son dos. N’utilisez pas de gestes typiques des allistiques pour lui faire des compliments et ne lui imposez rien, ni verbalement ni physiquement. Évitez les louanges gestuelles, car vous ignorez son véritable niveau d’intelligence et de compréhension.

De nombreuses vidéos sur la méthode ABA montrent en chaîne des erreurs telles que des contacts inappropriés, l’imposition d’idées, des contraintes physiques ou une pression exercée sur les bras.

Il ne s’agit pas d’éduquer un chien (« Dog Training »), et l’on ne gâte pas un enfant AS avec des friandises ou de la malbouffe industrielle. Cet enfant est particulièrement sensible ; vous risqueriez de perturber son métabolisme. Un régime alimentaire spécifique est même recommandé.

Source : Paige Layle

Cognition sociale

Certaines personnes accèdent au « monde de l’AS » pour des motifs précis : elles deviennent alors perceptibles par le système, leurs expressions faciales et autres marqueurs étant identifiés, synthétisés et enregistrés.

D’autres, en revanche, n’y parviennent pas : il n’y a ni place, ni urgence, ni raison de les intégrer. Il ne s’agit pas d’un handicap à proprement parler, mais d’une sélection des informations jugées prioritaires. C’est aussi une question d’intimité : les données qu’un individu transmet peuvent être si intenses et personnelles qu’il n’existe ni espace ni ressources pour les décoder.

Combien d’informations une personne peut-elle véhiculer pour l’AS ? Et quelle quantité un groupe entier peut-il soutenir ?

Un excès d’informations devient un handicap : ce n’est pas le signe d’un dysfonctionnement cognitif, mais d’un mécanisme de protection.

L’âme et le soi (l’esprit) s’expriment à travers la personne et son « véhicule » : un corps d’origine animale doté de sa propre autonomie. L’interface dite « AS » est, pour sa part, conçue et opérée différemment, mais, du point de vue de l’âme ou de l’esprit, l’expression reste la même. Lorsqu’une interface fonctionne de façon altérée ou simplement différente, cela n’implique pas l’absence de l’âme ou de l’esprit. Cette question concerne aussi bien les personnes autistes que les personnes allistiques, et la manière dont on envisage cette interface varie selon le modèle du spectre autistique.

Bien-être – intégration – harmonie

L’intégration consiste à rassembler des éléments de façon fonctionnelle afin de créer de l’harmonie dans notre vie. C’est un concept essentiel, tant dans nos interactions sociales que dans notre réflexion sur notre monde intérieur.

Qui est Daniel Siegel ?

Neuropsychiatre et chercheur, Daniel Siegel a commencé sa carrière en biochimie avant de consacrer ses soirées à une ligne d’écoute pour personnes suicidaires. Cette expérience lui a montré qu’une douleur et une isolation extrêmes peuvent pousser un individu à envisager de mettre fin à ses jours. Pour Siegel, ce point critique est l’exact opposé du bien-être. Il a compris que la manière dont nous régulons nos émotions peut constituer un véritable basculement entre la vie et la mort.

Intégration et biochimie

Dans une cellule, les enzymes orchestrent différents éléments pour maintenir l’équilibre nécessaire à la croissance, à la reproduction, au développement et l’adaptation. Ce même principe d’interactivité fonctionne dans nos relations humaines : lorsque nous respectons les différences de chacun, naissent la compassion, la vitalité et, finalement, un sentiment de bien-être. On peut comparer cette harmonie cellulaire au cours d’une rivière dont les deux rives évoluent en parallèle : sans intégration, le chaos s’installe (modèle bien connu en mathématiques).

Liens entre trauma et rigidité

En psychothérapie, le trauma se manifeste souvent par une rigidité psychique ou par un déluge d’images, d’émotions et de pensées désordonnées. De la même façon, dans les troubles bipolaires, l’alternance entre dépression et phase maniaque illustre une incapacité à réguler et à intégrer ces deux pôles. Selon le DSM-5, presque tous les troubles psychiatriques découlent d’une dynamique de chaos ou de rigidité.

Le rôle de l’intégration dans le bien-être

La question se pose alors : le bien-être résulte-t-il d’une intégration réussie, et les troubles mentaux d’une incapacité à intégrer, menant au chaos ou à la rigidité ? Les désordres psychiques, qu’ils soient d’origine génétique, liés à des toxines ou induits par des perturbations environnementales (sans trauma direct), comme la schizophrénie, le trouble bipolaire ou l’autisme, sont autant d’exemples d’aires cérébrales mal connectées.

Neuroplasticité et changement

La bonne nouvelle, c’est que la neuroplasticité démontre notre capacité à remodeler le cerveau tout au long de la vie. Nous pouvons ainsi créer consciemment des « courants » d’énergie et d’information là où nous portons notre attention.

En différenciant et en reliant, par exemple, les hémisphères droit et gauche, nous générons de l’énergie, de la créativité et de la vitalité.

Mindfulness et créativité

La pleine conscience est une forme d’intégration méditative qui nous ouvre au « mindsight », c’est-à-dire la vision intérieure. En cultivant cette pratique, nous renforçons les connexions neuronales et faisons émerger la créativité. Rappelez-vous ces moments où vous étiez figé, fermé ou en proie au chaos émotionnel : si, à ces instants, vous aviez introduit consciemment l’idée d’intégration, combien votre vie en aurait-elle été transformée ?

Vers une ouverture du cœur

Apprendre à apprendre, c’est aussi apprendre à intégrer les idées et à lever les barrières qui entravent l’ouverture d’esprit. Notre cœur, véritable centrale photonique, alimente le changement et suscite de nouveaux courants de pensée intégrative et d’inspiration créative. En dirigeant nos intentions bienveillantes vers un objectif positif, nous créons des canaux tangibles entre le cœur et le cerveau.

Conclusion

En adoptant l’intégration comme posture, vous mobilisez toute la science du cerveau et du bien-être au service de votre vitalité. Vous ne ferez pas que rendre votre existence plus dynamique : vous stimulerez aussi la compassion, la gentillesse et la créativité autour de vous. C’est là l’essence du travail de Daniel Siegel depuis quinze ans, enrichi ici par les apports de JP.

Dans les enseignements bouddhistes de Yongey Mingyur Rimpoche, on trouve une série d’exercices de méditation et de respiration particulièrement bénéfiques pour AS.

Ces exercices permettent d’équilibrer le cerveau au niveau de distribution des neurotransmetteurs et des glandes endocrines.

Ça concerne l'hypersensibilité, l'autisme, la dyslexie, la dyspraxie, le syndrome de Gilles de la Tourette, la bipolarité, le TDAH (trouble d’attention avec hyperactivité).

Jeffrey Schwartz, neuropsychiatre à l’UCLA, affirme : « Vous êtes plus que votre cerveau. »

Dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les circuits cérébraux tournent en boucle : le cortex préfrontal, véritable « levier de vitesses », reste connecté à la structure de nos habitudes, logée dans le « centre d’habitudes ». Le comportement automatique, nécessaire à notre fonctionnement, peut pourtant devenir obsessionnel. Quant au cortex orbitofrontal – siège de la prise de décision –, il peut se bloquer, à l’image d’un mécanisme grippé.

L’une des solutions consiste en un entraînement thérapeutique visant à réinterpréter émotions et pensées : renommer et recadrer ces signaux obsessionnels, puis se dire : « Ce n’est pas nécessaire ; c’est un faux message de mon cerveau, je peux le changer. » Face aux TOC, la seule thérapie comportementale ne suffit pas : un vrai entraînement est indispensable pour réapprendre à reconsidérer ses émotions, ses pensées et ses comportements. Cet entraînement emprunte beaucoup aux méthodes d’éducation animale, mais nous sommes plus qu’un simple cerveau : un animal ne peut pas déclarer : « Ce n’est pas moi, je ne suis pas ces sentiments ni ces pensées. » C’est justement à ce moment-là que l’on trouve l’effet de levier : on comprend le mécanisme et l’on peut choisir de ne pas réagir aux prochains sentiments ou pensées.

L’Avocat Savant : la découverte de votre vrai Soi

Une personne ne se réduit pas aux seuls mécanismes de son cerveau.

Le soi intérieur se manifeste comme une voix narrative bienveillante qui vous guide à travers les épreuves, en focalisant votre attention sur le positif.

L’Avocat Savant est le fruit de la réponse de Jeffrey Schwartz après quarante ans de recherches sur la pleine conscience. Il agit comme un spectateur impartial : bien plus qu’une simple conscience, c’est un guide intérieur aimant, un récit intime et une perspective d’observateur.

Pour surmonter vos innombrables difficultés, l’Avocat Savant doit entrer en relation avec votre vrai Soi et communiquer avec lui.

Désidentification et détachement

Je ne suis pas mon corps, mes émotions, mes pensées ni mes angoisses. En neurosciences, on pratique souvent l’« observation de soi » de manière détachée : en examinant séparément les états émotionnels et les réactions qui en découlent, on parvient à reprendre le contrôle de la situation.

L’objectif n’est pas de devenir un automate, mais de se libérer de certaines émotions, pensées, sensations physiques ou dépendances afin de ne plus en être l’esclave. Il s’agit de rompre avec les réactions automatiques et obsessionnelles.

L’AS adopte une posture intrinsèquement détachée et désidentifiée : rien n’est figé, tout dépend de qui nous sommes et du contexte dans lequel nous nous trouvons. L’AS ne s’appuie pas sur une identité figée et, le plus souvent, elle reporte les réactions impulsives à plus tard.

Prendre du recul renforce notre maîtrise de soi : nous ne sommes plus à la merci de nos pulsions et de nos émotions, et nous pouvons apprendre à gérer notre psyché plutôt qu’à en rester victimes.

Daniel Siegel, de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), a introduit le concept de « mindsight » (litt. « vue de l’esprit »), c’est-à-dire la capacité à percevoir clairement ses propres émotions et processus mentaux. Il l’articule autour de trois principes : l’ouverture, l’observation et l’objectivité.

● Ouverture : accueillir son monde intérieur tel qu’il est, sans le déformer.

● Observation : constater, dans une perspective détachée, nos réactions émotionnelles et mentales fugitives, sans s’y identifier ni céder aux automatismes.

● Objectivité : prendre conscience que nos pensées et nos émotions ne nous définissent pas.

Chez la personne autiste (AS), certaines zones cérébrales impliquées dans la gestion du temps, la construction de l’identité, l’orientation spatiale et la communication fonctionnent différemment de celles d’une personne allistique. Contrairement au « centre d’intégration » des allistiques, l’AS développe des modes de traitement alternatifs.

Selon Siegel, le « mindsight » s’enracine dans le cortex préfrontal, en retrait du cerveau limbique : il permet une observation calme, libérée des pulsions et de l’anxiété. Chez l’AS, cette forme de « vue de l’esprit » peut prendre des allures de transe ; elle se manifeste souvent par des compétences extrasensorielles et une grande finesse intellectuelle.

Certains chercheurs, comme Jeffrey Schwartz de l’UCLA, considèrent le détachement intérieur comme un puissant levier de guérison : nommer nos états émotionnels en réduit l’emprise. Schwartz propose un protocole en quatre étapes :

1. Renommer : identifier et désigner clairement chaque état émotionnel ou mental.

2. Recadrer : se distancier en affirmant : « Ce n’est pas moi, c’est mon cerveau qui produit cette panique ».

3. Recentrer : détourner volontairement son attention vers une autre activité : sport, écriture, musique…

4. Réévaluer : dialoguer avec son « coach intérieur », adopter un point de vue plus sage et élargi sur la situation.

Ces méthodes, éprouvées dans la vie quotidienne, font partie intégrante de notre expérience : l’AS, en raison de ses particularités neurologiques, est souvent amené à les mettre en œuvre pour mieux fonctionner et survivre dans un monde adapté aux allistiques.

Siegel et Schwartz s’accordent sur l’importance de la désidentification : observer ses pensées et ses émotions sans s’y confondre, première étape vers une psychosynthèse – c’est-à-dire l’intégration harmonieuse de tous nos aspects. Si nous nous identifions à la maladie, à la douleur ou à l’âge, nous limitons nos possibles ; en nous détachant, nous découvrons que nous sommes bien plus que les états passagers de notre corps ou de notre esprit, et que le bien-être, la croissance, le travail et les relations s’ouvrent à de nouvelles perspectives.

Pour l’AS, apprendre à se détacher exige un effort particulier : mémoire exceptionnelle, idées fixées et perceptions spécifiques rendent l’exercice plus long et plus laborieux. Un travail en profondeur est nécessaire pour déconstruire les fausses croyances et effacer les obstacles intérieurs. Dans le cas d’angoisses envahissantes, par exemple, s’identifier à la peur enferme dans un monde émotionnel étroit : reconnaître que cette peur ne nous appartient pas, que notre Soi demeure immuable, permet de reprendre l’espace intérieur dont nous avons besoin pour vivre autrement que comme corps en souffrance.

Assurez-vous que la relation que vous entretenez avec votre enfant AS repose sur un amour véritable.

Un enfant AS doit non seulement gérer ses émotions intérieures, mais aussi celles liées à son environnement — relations avec le père et la mère, frères et sœurs, etc. Veillez à ce que votre lien soit fondé sur une affection sincère, et non sur des émotions envahissantes. Adoptez un certain recul dans vos réactions : c’est fondamental pour votre enfant comme pour vous-même, car de nombreuses relations difficiles avec un enfant AS naissent d’une submersion émotionnelle et finissent par mener à la rupture.

Selon moi, Freud a mal interprété la dynamique mère-enfant dans le cadre de l’autisme. La mère, sur le plan énergétique, peut apparaître plus envahissante : elle est souvent très connectée et sensible aux émotions de l’enfant AS. Or, colère et frustration, perçues avec une intensité accrue, déclenchent inévitablement un système défensif.

Libérez-vous des schémas traditionnels de la parentalité et devenez plutôt un accompagnateur ou une accompagnatrice ; cela n’enlève rien à l’amour que vous portez à votre enfant. Pour ma part, j’estime que tous les enfants du monde sont mes enfants : je me sens responsable de leur bien-être, même si mes moyens de soutien sont limités.

Quelques réflexions inspirées par Piero Ferrucci, psychothérapeute italien, sur nos désirs envahissants.

Le détachement — et plus encore le détachement vis-à-vis de nos désirs — est préconisé dans de nombreuses traditions spirituelles. Pourtant, refouler ou supprimer un désir est quasiment impossible : le désir est une force intrinsèque qui ne se laisse pas vaincre. En fait, c’est même un signe de vitalité quand nos désirs s’affirment avec intensité. Mais ils peuvent vite devenir excessifs, nous envahir à l’improviste et nous pousser à l’extrême.

Nous nous trouvons alors pris dans une frénésie : affamés de satisfactions, agités, impatients et souvent désespérés dans un monde où nos besoins sont parfois purement imaginaires. Si nous ne pouvons pas éradiquer ces élans, nous pouvons en revanche prendre de la distance : en observant nos désirs avec lucidité, ils perdent de leur emprise. Nous apprenons alors à distinguer ce qui relève d’un désir passager et ce qui correspond à une véritable nécessité.

Fixer des limites dès le plus jeune âge.

Il est crucial de fixer des limites dès le plus jeune âge, car une fois les comportements indésirables installés, il devient trop tard pour les modifier en profondeur. L’« AS » adopte parfois un comportement sans bornes et a réellement besoin que ses parents servent de modèle : il faut expliciter les règles et expliquer comment les appliquer. Dès l’enfance, ces cadres doivent être posés clairement, sinon les mauvais réflexes s’ancrent et sont imités.

Il existe par ailleurs des exemples emblématiques de personnalités AS influentes dépourvues de limites suffisantes : Elon Musk s'immisce dans le politique mondial, dans les élections, Mark Zuckerberg (Meta) est régulièrement critiqué pour l’exploitation abusive des données personnelles et pour les techniques de persuasion issues des neurosciences appliquées aux réseaux sociaux. Bill Gates (Microsoft) est accusé de s’approprier des idées, de recourir à l’espionnage industriel et d’adopter une stratégie commerciale écrasante. Dans leurs domaines respectifs, leurs désirs de puissance et de profit ont souvent eu des conséquences néfastes pour la société.

Ces exemples illustrent un manque de conscience des répercussions de certains actes. À une époque où l’on veut voir tous ses désirs exaucés, et de préférence sans délai, le recul fait souvent défaut, et un aveuglement moral devient manifeste.

Liberté et AS

Pour accéder à la liberté, il faut d’abord prendre conscience de sa prison. Nous aspirons tous à la liberté, quel que soit notre âge. L’AS, penseur indépendant, se bat constamment pour la sienne. Celle-ci est souvent entravée par des obstacles tant physiques que psychosociaux. Le mur de l’angoisse est immense, l’incompatibilité avec la société écrasante et les défis physiologiques exigent une discipline de chaque instant.

Voici quelques-unes des entraves à la liberté. Le meilleur moyen de s’en affranchir est d’abord de visualiser sa prison intérieure : se détacher, un à un, des barreaux émotionnels, des peurs et des préjugés sociaux. Prendre conscience de ces chaînes, exercer sa volonté pour s’en libérer progressivement, s’ancrer dans son centre de bien-être et de paix intérieure, s’identifier à son âme… voilà le chemin pour se fondre en soi-même et sortir de sa propre geôle.

Nos idées font partie intégrante de notre identité. Si je m’identifie entièrement à mes convictions, je redouterai en permanence qu’on me prouve qu’elles sont fausses ou contradictoires, et j’argumenterai sans cesse contre quiconque les remet en cause. Même si mes idées sont dépassées, incomplètes ou contredites par les faits, je m’y accrocherai et continuerai de les défendre — car mon appartenance au groupe, voire mon existence, en dépend !

Pour l’AS, c’est différent : il ou elle défend ses idées avec passion, mais sans les confondre avec son identité propre. Se distancier de nos pensées peut s’avérer d’un grand secours. Si nous nous identifions à 100 % à nos croyances, nous risquons de les figer. En revanche, abandonner nos idées préconçues et nos vieilles habitudes mentales peut stimuler notre imagination et élargir notre horizon. Savoir nous désidentifier ouvre notre champ de vision, nous rend plus libres et dynamiques, et nous libère de la tyrannie d’une seule façon de penser.

Nous revenons alors au pivot de notre être, cette part immuable en chacun de nous : le « moi », présent tout au long de notre vie. Qu’il s’agisse de joie ou de peine, d’enfance ou de vieillesse, de succès ou d’échec, ce même « moi » persiste. Découvrir ce noyau vital est essentiel, car c’est là que réside notre force intérieure.

Contrairement à l’alleste, l’AS n’a pas d’identité fixe, mais il ou elle peut trouver ce centre de force intérieure. Il ne cherche pas à construire une identité forte à l’extérieur, sauf peut-être lorsqu’il aime se mettre en scène comme acteur ou actrice — et il existe d’excellents acteurs AS.

Il n’y a rien de mal à vivre intensément tout ce que la vie offre, à condition de garder conscience que ce n’est pas tout ce qui existe. Trouvez votre centre ! Ce centre est aussi le meilleur remède contre le stress.

Nous pouvons agir sur le stress de deux manières :

1. Depuis l’intérieur : si je suis tendu, j’apprends à me détendre ; si je suis essoufflé, j’apprends à respirer profondément ; si mes pensées me tourmentent, je les remplace par des pensées apaisantes.

2. En prenant du recul : je vois que je ne suis pas mon stress et je rejoins cette partie de moi où règne la paix.

Le « centre » est ce lieu de calme, à l’écart des peurs et des turbulences. Le dimanche, nous pratiquons la désidentification — mais pas pour l’AS ! Pour lui, chaque jour est une quête d’unité avec le Soi et l’Âme, fondée sur un désir sincère du cœur. L’AS ne prend pas de congé : il court, à chaque instant, après l’harmonie et le bien-être.

Pourquoi l’AS éprouve-t-il des difficultés à gérer ses émotions et ses pensées ? Parce que son cortex préfrontal — ce grand gestionnaire de l’information — se développe plus lentement et requiert davantage de temps et de stimulation que la moyenne pour mûrir.

C’est là qu’interviennent certains parents, guidés par un véritable « amour intelligent » : dès la prime enfance, ils accompagnent leur enfant de façon dynamique. Cet investissement personnel — sacrifice en temps et en énergie, priorité et intention de bien faire — porte ses fruits mille fois plus.

Cet accompagnement revêt plusieurs formes :

● La connexion : répondre à l’invitation de l’enfant et entrer dans son univers ;

● La stimulation : proposer des options sans les imposer ;

● L’éveil sensitif : initier l’enfant à la musique, au chant et aux jeux sonores.

Figure du manuscrit, page 223.
Figure originale · page 223

Apprendre à utiliser « le cerveau dans la main » nous aide à mieux réguler nos réactions et à prendre du recul face aux processus envahissants de notre esprit. La neurobiologie interpersonnelle englobe l’ensemble des sciences du cerveau et du corps : elle nous rappelle que la technologie doit rester un outil à notre service, et non l’inverse. Ce sont avant tout les relations qui stimulent notre croissance et favorisent l’apprentissage !

Le tronc cérébral, structure ancienne et déjà formée in utero, nous maintient éveillés et alertes ; c’est lui qui déclenche les réactions de défense – combattre, fuir, se figer – ou parfois un effondrement total, comme c’est souvent le cas chez les personnes en situation de surcharge.

La zone limbique, également présente avant la naissance, collabore avec le tronc cérébral pour générer nos émotions et inscrire les souvenirs. C’est encore elle qui nous permet de ressentir un lien avec autrui.

Le cortex, quant à lui, se construit au fil de nos expériences. Sa partie postérieure cartographie le monde extérieur, tandis que le cortex frontal autorise la réflexion et la prise de décision. La face inférieure de ce cortex participe à la gestion et à l’évocation de nos émotions. C’est là que naît la conscience de soi : la capacité d’observer nos pensées et nos ressentis, et d’ajuster le flux d’informations qui circule en nous, y compris la façon dont nous communiquons.

Au cœur du cortex préfrontal, juste à côté de la zone limbique et en lien direct avec le tronc cérébral, la partie centrale traite très rapidement les informations émotionnelles. On y voit la proximité anatomique des trois grands systèmes : cortex, système limbique et tronc cérébral – d’où l’image du cerveau dans la main.

Le cortex frontal peut même percevoir les émotions d’autrui : le rougissement du visage en est un exemple. Cette capacité est l’une des clés de la relation. Dans le cas du trouble du spectre autistique, la question n’est pas tant la détection des informations que leur gestion dans un contexte donné. Il est possible que les personnes autistes perçoivent une multitude de signaux, mais rencontrent des difficultés pour les organiser et les interpréter.

Nos relations avec les autres

La partie frontale du cerveau intègre les informations qui proviennent de notre cœur, de chaque recoin de notre corps et du cerveau lui-même, et y ajoute celles issues de nos interactions. Lorsque vous pensez à une personne ou à la qualité de votre relation – communication, attention, lien –, vous mobilisez ce que l’on appelle la « relation intégrative ».

Entretenir des relations attentives et connectées renforce les « fibres intégratives » de votre cerveau, c’est-à-dire ces connexions neuronales qui vous rendent plus résilient face aux épreuves. Cette stimulation intégrative vous permet de penser au bien commun – y compris à l’avenir de la planète – de développer votre intuition, de situer votre passé, votre présent et votre avenir, et de vous relier aux autres.

Tout cela se construit en cultivant la réflexion intérieure et en apprenant à évoquer et gérer ses émotions. Les relations de soutien, comme celles qu’offrent parents et enseignants, jouent un rôle décisif dans ce développement ; elles font de la réflexion, de la relation et de la résilience – les trois « R » – les fondations d’un cortex frontal toujours actif et en pleine maturation, même chez l’enfant.

Les parents sont avant tout les premiers éducateurs de leurs enfants : il faut compter trois à quatre ans pour que les circuits de la gentillesse et de la bienveillance soient solidement ancrés. En sciences, on ne dispose pas encore d’une définition opérationnelle de l’esprit ; c’est pourquoi il est essentiel d’utiliser votre relation avec votre enfant pour recadrer et renforcer son esprit, afin qu’il s’adapte harmonieusement à son environnement.

Comprendre le fonctionnement du cerveau permet de le transformer : vous n’êtes pas votre cerveau, vous en êtes tellement plus ! La construction d’un lien solide avec votre enfant est, de loin, l’élément le plus important de la parentalité. Apprenez d’abord à vous connecter, puis seulement, une fois ce lien établi, vous pourrez raisonner ensemble.

L’esprit ne se réduit pas à l’activité cérébrale : grâce à votre intention, vous pouvez stimuler votre évolution culturelle. La pleine conscience (mindfulness) constitue une méthode d’intégration neuronale ; les relations entre l’esprit et le cerveau se bâtissent pas à pas.

Qu’est-ce que l’autorégulation ? C’est la capacité à rendre gérables les sentiments, les pensées et les émotions. Réflexion, relation et résilience forment le socle de l’intelligence sociale. Les enfants peuvent apprendre à nommer leurs émotions pour mieux les maîtriser : cette aptitude leur permet ensuite de comprendre les autres.

En développant d’abord la bienveillance et la compassion envers eux-mêmes, ils acquièrent les fondations nécessaires pour en faire preuve envers autrui. Lorsque l’on rend service aux autres, on sécrète de la dopamine et l’on ressent de la joie : si vous souhaitez être plus heureux, pensez aux autres.

Dans les moments où votre enfant traverse des troubles intérieurs, où émotions et pensées tourbillonnent, ne cédiez pas à l’autoritarisme en lui ordonnant de « se taire » ou de « calmer ses cris ». Ne cherchez pas immédiatement à raisonner ; optez d’abord pour le contact bienveillant : posez votre main, visible, sur son bras ou son épaule, avec l’intention sincère de le rassurer. Une fois qu’il sera apaisé, vous pourrez alors échanger et raisonner.

Cela dit, respectez toujours son espace : ne touchez jamais un enfant sans y avoir été invité. Votre rôle est d’accompagner cet enfant dans la structuration et la compréhension de son monde, en créant un climat d’ouverture et de calme. Une fois que cette approche deviendra votre seconde nature, vous aurez amplement mérité une médaille !

Exercice de respiration simple

Installez-vous confortablement, fermez les yeux et inspirez profondément par le nez, sans forcer. Lorsque votre esprit vagabonde, ramenez doucement votre attention sur votre souffle. Soyez pleinement conscient de chaque inspiration et expiration. « Dans la vie quotidienne, le bien-être n’est qu’à quelques respirations ! »

Ergothérapie et stimulation sensorielle

L’ergothérapie vise à solliciter et à réguler les différents sens pour favoriser un traitement cérébral adapté. Des « programmes sensoriels » sont proposés tout au long de la journée pour :

● Vous sensibiliser ou vous désensibiliser aux bruits et aux textures

● Harmoniser vos réactions face aux différentes situations

● Maîtriser votre respiration et affiner votre motricité fine

● Vous habituer progressivement aux stimuli auditifs L’objectif est de gagner en autonomie et de mieux gérer les réactions intenses engendrées par des impressions perturbantes.

Musicothérapie

La musicothérapie utilise la musique pour exprimer et explorer les émotions. On se familiarise avec :

● Les rythmes

● Les timbres et les sonorités

● Les mélodies afin de développer son langage émotionnel et sa capacité à communiquer par le son.

Diététique

Pour équilibrer la glycémie et favoriser le bien-être :

● Réduisez le blé, les glucides raffinés et la caséine

● Limitez les fruits en fin de journée et le lactose

● Privilégiez les légumes (bio de préférence) et des protéines de qualité

● Évitez les bonbons et les aliments industriels

● Préparez si possible vos repas vous-même Un « triangle alimentaire » équilibré légumes – protéines – féculents constitue une approche simplifiée pour garder le contrôle de votre alimentation (voir chapitre « Troubles diététiques » pour plus de détails).

Orthophonie

L’orthophonie permet de travailler :

● La prononciation et l’articulation

● La production de sons

● L’expression et la communication verbale

Approche par les réflexes archaïques

Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques présents dès la vie intra-utérine et actifs plusieurs mois après la naissance. Ils se développent en trois phases :

1. Émergence

2. Activation

3. Intégration

Si cette progression est perturbée, elle peut entraîner des troubles posturaux, d’apprentissage ou de comportement. Des techniques spécifiques permettent aujourd’hui de stimuler ou d’intégrer ces réflexes, contribuant ainsi au rééquilibrage cérébral, à la construction neuronale et à la réparation de la matrice cérébrale.

Extrait du site de Caroline Llonch, accompagnante certifiée en IMP et formée au RMT (Rhythmic Movement Training).

Le Brain Gym® — littéralement la « gymnastique du cerveau » — se compose de 26 mouvements de base, simples, précis et ludiques, conçus pour optimiser l’apprentissage et la performance dans tous les domaines. Issu de l’éducation kinesthésique®, ce programme s’appuie sur le lien étroit entre les mouvements du corps et les fonctions cérébrales impliquées dans le neurodéveloppement, l’apprentissage et la perception. En combinant geste et écoute corporelle, il offre à chacun la possibilité d’explorer et de développer pleinement son potentiel.

— Extrait du site de Caroline Llonch, accompagnante certifiée en Éducation Kinesthésique® et animatrice Brain Gym®

Retrouver la paix intérieure

Pour accéder à un état de calme, soulager son système nerveux et recharger ses batteries, plusieurs approches sont possibles : méditation, yoga, pleine conscience, activité physique, musique. L’expression artistique — que ce soit par les arts plastiques, le dessin ou la pratique musicale — favorise l’isolement bienfaisant dans sa propre bulle, tout comme l’écoute attentive d’une mélodie. En revanche, les jeux vidéo, bien qu’ils procurent un refuge temporaire, peuvent engendrer dépendance et résultats contre-productifs sur le long terme. Ainsi, l’un (l’art) se révèle constructif, tandis que l’autre (les écrans vidéo) tend à être destructeur et addictif.

Le sport, la marche, la danse et le chant restent des piliers essentiels pour libérer les tensions. Quelques exercices de yoga ou de taï-chi suffisent parfois à métamorphoser une journée : apprendre à décharger les nerfs, recharger les piles et à alléger l’esprit des impressions excessives, pour mieux s’adapter aux différents moments et situations.

Thérapie comportementale et cognitive (TCC)

Lorsqu’une personne autiste se sent menacée dans son intégrité et incapable de faire face à une situation, elle peut déclencher une réaction de panique extrême, voire un dysfonctionnement global de l’organisme (réaction de catastrophe). La TCC permet d’analyser les schémas de pensée et de réaction inadaptés, puis d’apprendre à adopter de nouvelles stratégies mentales et comportementales pour mieux gérer les crises.

Voici une proposition de réécriture en français soigné, en respectant le sens du texte :

Des mots-clés dans le monde du spectre autistique :

● vitesse de traitement et reconnaissance des émotions

● repères de communication

● interférence sociale

● empathie

● lecture et compréhension du langage corporel et facial non verbal

● « pré-messages » et « pré-définition » des informations disponibles

● messages verbaux qui échappent au radar

● gestion de l’expression

● cognition et compréhension dysfonctionnelles

● flexibilité linguistique nécessaire pour répondre aux exigences sociales

● attentes

● régulation des émotions

● contrôle des perceptions internes

La pensée allistique et l’organisation du système scolaire sont souvent à l’origine des crises.

« Je t’impose ma volonté pour que tu deviennes exactement ce que je souhaite. »

Un cadre imposé engendre crises, tensions, épuisement et dépression. À l’inverse, une activité choisie librement suscite l’attention et l’envie, encourage l’engagement actif de l’enfant, offre un retour immédiat (permettant un ajustement continu) et, grâce à la répétition, conduit à un véritable apprentissage.

La science cognitive selon Céline Alvarez

Les quatre leviers de l’apprentissage et du développement de l’enfant (et de l’enfant “AS”)

1. L’attention

C’est avant tout le désir de porter son attention sur une tâche qui lance le processus d’apprentissage.

2. L’engagement actif

L’envie de s’impliquer concrètement permet à l’enfant de se confronter directement au défi proposé.

3. Le retour d’information immédiat

À chaque action, le cerveau émet une prédiction ; si celle-ci diffère de la réalité observée, un signal d’erreur est déclenché et corrigé sur-le-champ. Cette succession d’hypothèses, d’erreurs détectées et de corrections constitue la mécanique même de l’apprentissage.

4. La consolidation

Une fois attentif et engagé, et après avoir reçu un feedback, l’enfant a besoin de répéter l’exercice pour ancrer les acquis et automatiser les gestes. Les automatismes diminuent la charge cognitive et l’effort conscient.

Note JP : chez l’enfant autiste, les automatismes sont peu développés, et la sollicitation permanente de ses ressources mentales peut s’avérer très fatigante.

L’activité non imposée

Laisser l’enfant libre de choisir son activité suscite naturellement répétition, consolidation et progrès.

L’autonomie de l’enfant “précoce”

Les enfants précoces, souvent encouragés dans leur liberté d’action, bénéficient d’un développement encore plus rapide.

Objectif principal

Développer chez l’enfant ses compétences exécutives et son autonomie.

Comprendre les cycles corporels et neuronaux, le métabolisme et les conséquences d’un déséquilibre chez un enfant autiste, c’est comme observer les mouvements du soleil, des étoiles, des planètes, de la Lune et des marées : cela demande du temps et une longue phase d’observation.

L’enfant autiste cherche d’abord un équilibre intérieur avant de réagir socialement. Il traite chaque information séparément, sans automatismes : chaque événement, chaque sensation, chaque donnée requiert de nouvelles connexions neuronales pour être replacés dans un contexte. D’abord la gestion de l’information, puis la réponse adaptée.

Son mode de fonctionnement est différent : plutôt visuel, il parle un langage qui lui est propre. Inutile de chercher à le « normaliser » : chaque geste a un sens. Les personnes allistiques (neurotypiques) considèrent leur cerveau comme la norme et tout écart comme un problème, alors que l’autiste voit son fonctionnement atypique comme sa façon d’être.

Sur le plan de la gestion de l’information environnementale, on observe souvent :

● Une forte ponctualité chez l’autiste, alors que l’allistique vit plus « au fil de l’eau ».

● Une préférence visuelle : l’invisible lui échappe souvent.

● Des difficultés à traiter l’information en temps réel, ainsi qu’à gérer ses émotions.

● Des troubles de synchronisation neuronale, cognitive et psychologique, pouvant se traduire par une surconnexion ou une sous-connexion du cerveau.

Tandis que le cerveau allistique gère automatiquement ces processus, l’enfant autiste doit presque « piloter » manuellement la réception et le traitement de chaque donnée. Le neurodéveloppement, c’est justement cet apprentissage et cette organisation de l’information qui réduisent petit à petit le temps de traitement.

Les déclencheurs émotionnels sont souvent différents de ceux des neurotypiques, et l’autiste peut se retrouver vite en mode « survie », au risque de l’épuisement. Sa « bulle autistique » n’est pas une forme de repli affectif ou d’isolement social, mais le temps nécessaire à la gestion des informations reçues : quand celles-ci deviennent trop nombreuses ou complexes, c’est comme une panne de courant.

L’accompagnement neurodéveloppemental vise à lui apprendre à anticiper et gérer les situations et informations futures. Même une simple étiquette peut perturber sa concentration et son assimilation.

Pour le traitement sensoriel :

● Tout stimulus doit être visible pour faciliter la gestion de l’information. Le cerveau se connecte d’abord visuellement à l’événement avant d’en éprouver le ressenti.

● L’enfant autiste tient souvent un objet en main pour mieux se repérer dans l’espace : cet objet devient indispensable à l’équilibre de son cerveau. « Laissez-le, s’il vous plaît ! »

Enfin, les mouvements dits « autistiques » sont une manière de corriger un déséquilibre intérieur à l’aide de stimulations extérieures. En comprenant et en modulant ces stimuli, on peut limiter l’excès de mouvements et apporter un mieux-être à l’enfant.

La personnalité anxieuse

L’anxiété est l’une des dimensions majeures du spectre des troubles « AS ». C’est pourquoi il me semble essentiel de nous appuyer sur les travaux de ceux qui ont su proposer des solutions efficaces pour apaiser ce mal-être. Les personnes concernées par le spectre AS ressentent souvent une anxiété profonde, parfois dissimulée à autrui… et même à elles-mêmes. Cette tension intérieure peut aussi se traduire par des troubles psychosomatiques : crises d’asthme, douleurs intestinales ou gastriques chroniques, etc.

Lorsque l’on affronte ses peurs, étape par étape, on gagne en confiance et en courage. On ne « guérit » pas l’anxiété au sens strict, mais on apprend à la dompter pour avancer malgré elle.

Pourquoi et d’où vient l’anxiété ?

● Fonction de protection

L’anxiété nous prépare à réagir face au danger.

● Racines cognitives et physiologiques

1. Côté mental : notre esprit anticipe l’avenir, imagine des scénarios négatifs et se met en boucle.

2. Côté corps : nous sécrétons des hormones (adrénaline, cortisol) qui maintiennent notre attention en alerte, parfois au détriment de notre bien-être.

Le rôle de l’adrénaline

En cas de stress, le corps libère de l’adrénaline pour nous faire réagir plus vite, avec une pensée « tout ou rien ». Cette vision binaire (danger = oui ou non) peut renforcer l’anxiété : soit tout va bien, soit tout va mal. Par exemple, on peut croire à tort que « ces gens se moquent de moi » dès qu’un regard s’attarde un instant de trop.

Le rôle du cortisol

Le cortisol, quant à lui, nous empêche de nous détendre et de dormir, nous maintenant dans un état d’hypervigilance.

Comment se forme la boucle anxieuse ?

1. Une première pensée (inquiétude, anticipation d’un problème)

2. D’autres pensées s’enchaînent pour évaluer le danger

3. La rumination s’installe : on tourne en rond mentalement

4. Le climat émotionnel s’alourdit, l’anxiété grandit

Ces pensées négatives peuvent nous paralyser : non seulement on s’inquiète de ce qui pourrait arriver, mais on anticipe aussi ce que les autres pourraient penser de nous.

Quelles sont les pistes pour s’en libérer ?

● Accepter un certain inconfort social

Pour sortir de la « prison » de l’anxiété, il faut parfois se détacher du regard d’autrui. Oser être soi-même, même si c’est inconfortable, crée de véritables bouffées de liberté.

● Pratiquer la méditation

En nous ramenant au moment présent, elle ralentit le flot de pensées liées au futur.

● Adopter une approche globale

○ Exercices de relaxation et techniques de respiration (physiologique)

○ Thérapies cognitives pour identifier et désamorcer les pensées irrationnelles (psychologique)

○ Compréhension des mécanismes cérébraux de l’anxiété (neuroscientifique)

« L’anxiété est notre capacité naturelle à anticiper les conséquences futures, afin de nous ajuster et de nous protéger. »

Quelques clés de compréhension

● Égocentrisme de l’anxiété

Elle puise sa force dans nos insécurités et notre sentiment d’identité.

● Intolérance à l’incertitude

Plus on rechigne à accepter l’imprévu, plus l’anxiété s’amplifie.

Références et lectures complémentaires

● Dr K. (Alok Kanojia), Boston, juin 2021

● Tyrer, P. (1999). Anxiété : une revue multidisciplinaire.

● Krugers H.J., Karst H. & Joëls M. (2012). « Interactions entre la noradrénaline et les corticostéroïdes dans le cerveau : de l’activité électrique aux performances cognitives ».

Les boucles de pensées

Les boucles de pensées, ou ruminations mentales, sont des enchaînements d’idées improductifs. Notre cerveau adore réfléchir et notre esprit ne veut jamais s’arrêter, même si cela finit par nous tourmenter. Pourquoi cette sensation de torture mentale ? Parce que l’esprit a pour rôle de rester actif : il fuit l’ennui à tout prix et se nourrit de ces pensées répétitives. L’anxiété, censée nous alerter d’un danger, devient alors un carburant supplémentaire pour ces scénarios catastrophes qui ne se produisent jamais. Plus on cherche à stopper ces boucles, plus on les renforce. Seule la prise de conscience de ce mécanisme, suivie d’un moment d’apaisement sans lutte, peut finalement briser la spirale. Car ces ruminations tournent toujours autour des mêmes insécurités : en identifiant ces thèmes récurrents, on en diminue progressivement l’emprise.

Ramener l’esprit au présent

L’anxiété naît souvent de la projection dans un futur perçu comme menaçant. Notre « moi anxieux » accumule les traumatismes passés et anticipe un monde hostile. Chacun traîne des cicatrices et des insécurités qu’il faut d’abord reconnaître pour les digérer.

Pour sortir de l’ego et revenir à un « soi » plus apaisé, on peut s’inspirer du concept d’**ahaṃkāra*¹ : il désigne l’ego, ce sentiment d’individualité attaché à nos peurs et à notre orgueil.

¹ Ahaṃkāra (sanskrit, अहंकार) : notion de l’ego comme obstacle à la liberté intérieure.

Les empreintes du passé : les samskaras²

Chaque expérience laisse dans notre inconscient des traces émotionnelles non digérées, appelées samskaras. Lorsqu’elles se réveillent, elles provoquent souffrance et anxiété dans le présent.

² Saṃskāra : dans les Yoga Sūtra de Patañjali, ce sont les empreintes mentales subtiles issues de nos actions passées, qui conditionnent les pensées (vṛttis).

Comprendre le trouble anxieux

● Anxiété = incertitude + manque de confiance

● Critères psychiatriques : on parle de trouble anxieux lorsque l’anxiété

○ vous empêche d’accomplir certaines activités,

○ vous pousse à éviter des situations de peur,

○ interfère avec votre vie personnelle, professionnelle ou scolaire,

○ se manifeste physiquement (palpitations, tensions musculaires, nausées, attaques de panique, boucles de pensées).

Lorsque ces symptômes perturbent significativement votre quotidien et votre santé, l’anxiété devient « clinique » et justifie une prise en charge.

Origines et formes de l’anxiété

● Tempérament et apprentissage : certaines personnes sont naturellement plus anxieuses, et un environnement familial ou social anxiogène peut renforcer cette tendance.

● Traumatismes : perte d’un proche, humiliation publique ou tout événement marquant peut laisser une empreinte durable.

● Anxiété sociale : elle s’installe progressivement, rongeant la confiance en soi sur le long terme.

L’attaque de panique

Une attaque de panique est un épisode bref mais intense d’anxiété, caractérisé par :

● une transpiration abondante (notamment dans les paumes),

● une sensation de nausée ou de boule dans la gorge,

● une montée rapide du rythme cardiaque,

● une peur paralysante.

Se soulager grâce à la respiration

En cas de crise, quelques exercices simples peuvent suffire à interrompre la spirale anxieuse :

● Respiration abdominale : inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre, puis expirez tranquillement par la bouche.

● Comptage : inspirez sur quatre temps, retenez deux temps, puis expirez sur six temps.

● Ancrage dans l’instant : concentrez-vous sur les sensations (l’air qui entre et sort, le contact de vos pieds au sol).

Avec de la pratique, ces techniques aident à ramener l’esprit dans le présent et à retrouver le calme.

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Solutions et traitements de l’anxiété

1. Approches nutritionnelles

Certaines adaptations diététiques peuvent favoriser une meilleure harmonie digestive et contribuer à rééquilibrer la biochimie de votre corps et de votre esprit.

2. Médicaments

● Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)

○ Créent progressivement de nouveaux équilibres cellulaires

○ Nécessitent généralement 4 à 8 semaines pour produire leurs pleins effets

○ Sont prescrits sur plusieurs semaines ou mois

○ Ne soignent pas la cause profonde de l’anxiété, mais peuvent stabiliser l’humeur

○ Attention aux interactions : notamment avec l’alcool et certains autres psychotropes (risque de complications)

○ En cas d’anxiété sévère, ils permettent de retrouver un fonctionnement mental plus « normal » de façon temporaire

● Benzodiazépines

○ Agissent très rapidement, en quelques heures

○ Effet comparable à une faible dose d’alcool : apaisant mais de courte durée

○ Fort potentiel addictif : les symptômes reviennent dès que le médicament s’élimine, ce qui pousse à augmenter les doses

○ Utiles uniquement pour gérer des crises aiguës ou des situations d’urgence

Note : aucun de ces traitements médicamenteux ne résout à lui seul les racines de l’anxiété. Ils doivent être utilisés sous contrôle médical, en particulier pour éviter les interactions dangereuses (par exemple ISRS + alcool).

3. Psychothérapies et méditation

● Psychothérapie

○ Demande du temps et de la persévérance

○ Les premiers effets apparaissent souvent après 8 semaines de travail régulier

○ L’engagement personnel est essentiel : la motivation naît souvent du désir de sortir de l’impasse

● Méditation

○ Pour être efficace, elle doit être pratiquée sérieusement et de façon continue

○ Les bénéfices significatifs se manifestent généralement après 8 semaines de pratique quotidienne

4. Stratégie combinée

Utiliser un traitement médicamenteux (ISRS ou benzodiazépines selon la situation) pendant 4 à 8 semaines peut offrir un « sas de respiration » :

● Soulagement rapide de l’anxiété ou des symptômes aigus

● Temps nécessaire pour mettre en place des habitudes plus durables (psychothérapie, méditation, ajustements alimentaires)

Certaines personnes, dont le fonctionnement cérébral et corporel est plus fragile, auront besoin d’un traitement médicamenteux prolongé. L’objectif reste de libérer progressivement la personne de la souffrance, de l’accompagner hors du traumatisme et de rétablir un équilibre durable.

Maintenant, intéressons-nous à la psychothérapie. On en distingue trois grandes approches :

1. Thérapie psychodynamique

Il s’agit de la forme classique de thérapie par la parole. Le thérapeute vous écoute avant tout et intervient peu. L’objectif est d’explorer votre passé et votre histoire personnelle. Ce travail, mené sur le long terme, permet d’accéder à des aspects plus profonds de votre personnalité. Comme cette approche repose sur de nombreuses théories, elle reste complexe à étudier et peut sembler assez nébuleuse.

2. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC), La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) est une méthode brève qui aide à remplacer progressivement pensées négatives et comportements inadaptés par des idées et des réactions plus en phase avec la réalité. Le patient et le thérapeute travaillent main dans la main pour repérer et analyser trois composantes clés :

1. Les émotions (ce que l’on ressent),

2. Les pensées qui accompagnent ces émotions,

3. Les comportements qui en résultent.

Cette approche se concentre sur les difficultés rencontrées ici et maintenant, et repose sur une compréhension commune du problème. Pas à pas, la TCC permet de réduire les symptômes qui entravent la vie quotidienne : rituels et vérifications répétitives, stress, comportements d’évitement, inhibition, réactions agressives, mauvaise estime de soi ou toute autre forme de détresse psychologique.

3. La thérapie comportementale dialectique (TCD), ou DBT en anglais, a été conçue par la professeure Marsha Linehan pour prendre en charge le trouble de la personnalité borderline. C’est une forme de thérapie dite « comportementale et cognitive de troisième vague », car elle conjugue plusieurs approches théoriques et propose un large éventail d’outils pratiques pour aider les patients au quotidien.

Au cœur de la TCD se trouve l’idée de dialectique : apprendre à accepter simultanément deux points de vue opposés, afin de trouver un juste équilibre entre des attitudes ou émotions extrêmes. Concrètement, cela favorise la flexibilité mentale et l’ouverture, essentielles pour mieux réguler ses réactions.

La prise en charge se structure autour de plusieurs modules complémentaires (par exemple : gestion des émotions, tolérance à la détresse, efficacité interpersonnelle, pleine conscience). Ces modules forment une « combinaison gagnante » : chacun apporte des compétences spécifiques, mais c’est leur intégration qui permet de progresser efficacement.

Les études montrent que la TCD est très efficace : plus de 60 % des personnes suivant ce programme constatent une amélioration rapide et significative de leurs symptômes borderline. Elle repose sur des principes clairs et un « contrat thérapeutique » établi avec le patient, qui inclut notamment un engagement à ne pas passer à l’acte suicidaire.

Le traitement se déroule généralement en deux grandes phases :

1. Renforcement de l’autocontrôle Le patient apprend à reconnaître et à prendre en charge ses comportements problématiques (impulsivité, automutilation, crises de colère), en reprenant progressivement la responsabilité de ses choix et de ses actes.

2. Réduction de la souffrance émotionnelle L’objectif est de diminuer l’intensité et la fréquence des émotions pénibles, puis de normaliser les relations avec soi-même et avec les autres.

Au-delà du trouble borderline, la TCD a démontré son intérêt dans d’autres pathologies : addictions, troubles du comportement alimentaire, trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), et même certains troubles de l’humeur chez des personnes du spectre de l’autisme.

Malgré sa fiabilité et sa pertinence, la TCD reste encore peu développée en France.

Les centres de contrôle et de protection de notre cerveau

Amygdale

L’amygdale déclenche des réponses rapides de peur et nous envoie des signaux d’alerte brutaux face à un danger immédiat.

Noyau du lit de la strie terminale (BNST)

Le BNST agit comme un centre d’intégration des informations émotionnelles. Souvent appelé « amygdale étendue », il est situé dans la partie la plus ancienne du cerveau et se compose de 12 à 18 sous-structures. Son rôle principal est de surveiller la « valence » émotionnelle (c’est-à-dire si une situation est perçue comme positive ou négative) et de nous protéger des menaces potentielles.

Cortex préfrontal médian (mPFC)

Le cortex préfrontal médian traite les informations, focalise notre attention et filtre les données qui nous parviennent. Il est capable de détecter des dangers plus diffus ou à long terme et de moduler nos réactions émotionnelles.

Le duel entre mPFC et BNST/amygdale

On peut voir l’anxiété comme une bataille entre le cortex préfrontal médian et le couple BNST-amygdale. Lorsque le mPFC perd ce « duel », les signaux d’alarme émotionnels prennent le dessus, et l’anxiété devient difficile à maîtriser. En revanche, quand le mPFC l’emporte, nous parvenons à réguler nos peurs et à garder notre calme : c’est ce qu’on appelle parfois la « zone bleue » de la maîtrise émotionnelle.

Figure du manuscrit, page 253.
Figure originale · page 253

Techniques de respiration

Lorsque nous restons immobiles ou stressés, de l’air vicié et appauvri en oxygène peut stagner dans la gorge et les poumons. Pour rester en bonne santé, il est essentiel de renouveler cet air régulièrement.

On parle de respiration triphasique, car l’air neuf emprunte trois voies successives :

1. Diaphragmatique (ventrale)

○ Inspirez lentement en gonflant votre ventre comme un ballon.

○ Expirez tout en rentrant le ventre.

2. Thoracique

○ Concentrez-vous sur l’expansion de la cage thoracique.

○ Légèrement, soulevez vos épaules en même temps que vous inspirez.

3. Claviculaire

○ Enfin, relevez doucement les clavicules pour compléter le remplissage pulmonaire.

Il est normal de ressentir un léger étourdissement lors des premières séances : c’est le signe que l’oxygénation se fait de façon optimale.

Le trouble panique

Le trouble panique se caractérise par des épisodes de peur intense, souvent perçus comme une catastrophe imminente.

● Prévalence : On estime qu’il touche 2 à 3 % de la population, avec deux fois plus de femmes que d’hommes.

● Symptômes : palpitations, tremblements, sensation d’étouffement, vertiges, bouffées de chaleur ou de froid, engourdissements, picotements, et parfois dépersonnalisation (se sentir étranger à soi-même) ou déréalisation (avoir l’impression que le monde n’est pas réel).

● Déroulement : en quelques secondes, la personne a l’impression de perdre le contrôle ou de mourir. Ces attaques peuvent survenir n’importe où — à la maison, dans un train, en avion, ou sans raison apparente. Leur fréquence varie d’une personne à l’autre.

● Isolement : la peur d’une nouvelle crise pousse souvent à éviter certaines situations et à se replier sur soi.

● Solutions : plusieurs traitements et thérapies sont efficaces, notamment des ajustements alimentaires, des exercices de respiration et la méditation.

La méditation pour mieux dormir

La méditation est un outil précieux pour apaiser l’esprit et faciliter l’endormissement :

1. Apprendre à détendre l’esprit : laissez vos pensées défiler sans les juger.

2. Revenir dans le passé : visualisez rapidement des souvenirs marquants (émotions, frustrations), reconnaissez-les, puis laissez-les s’estomper.

3. Exercice de comptage : comptez à rebours de 100 à 1 en marquant une pause de cinq secondes à chaque dizaine. Ralentissez progressivement votre rythme jusqu’à ce que le sommeil s’installe.

Méditation et états de conscience

Nous expérimentons plusieurs niveaux de conscience :

● Veille

● Sommeil profond

● Sommeil paradoxal (rêves)

Pour tirer profit de ces états :

● Attraper l’hypnagogie : ce moment entre veille et sommeil, où la conscience reste active juste assez pour enregistrer les images qui apparaissent.

● Lucidité onirique : entraînez-vous, même en plein jour, à remarquer les signes que vous êtes en train de rêver. Avec de la pratique, vous reconnaîtrez ces indices dans vos rêves.

● Transe consciente : un état plus profond où l’on se connecte à sa sagesse intérieure.

Troubles de l’anxiété sociale

L’anxiété sociale touche notre sentiment d’appartenance au groupe. Le rejet, physique ou virtuel, peut être très douloureux, surtout à l’adolescence (vers 13 ans). Avec l’âge, l’importance accordée au jugement des autres diminue, et l’anxiété se calme.

● Observation de soi : scruter ses pensées et ses automatisme sans jugement.

● Le cercle vicieux : plus on redoute un comportement maladroit, plus on risque de le produire.

● Peur disproportionnée : nos craintes sont souvent exagérées par rapport à la réalité.

● Centrer sa vie sur ses peurs : éviter systématiquement certaines situations renforce l’anxiété.

● Clé de la gestion : examiner minutieusement ses pensées et vérifier leur vraisemblance. L’esprit a tendance à supposer que les autres nous jugent toujours, ce qui est rarement le cas.

L’anxiété sociale commence tôt et peut façonner durablement notre façon de vivre. Si vous reconnaissez ces symptômes chez vous, n’hésitez pas à faire le point sur votre santé mentale et à consulter un professionnel.

LA DÉPRESSION

Maladie clinique ou simple état passager ?

La dépression traduit souvent un manque profond dans notre vie. Elle peut toucher notre corps, notre cerveau et notre mental. Comment agit-elle sur chacune de ces dimensions, et que peut-on faire pour agir à chaque niveau ?

Les principales formes de dépression

1. Dépression névrotique vs dépression psychotique

○ Névrotique : moins intense, le contact avec la réalité reste globalement préservé.

○ Psychotique : trouble grave où apparaissent des idées délirantes et une rupture avec la réalité.

2. Dépression psychogène vs dépression endogène

○ Psychogène : déclenchée par des facteurs psychologiques (stress, trauma, conflit intérieur).

○ Endogène : attribuée à des causes biologiques (déséquilibre chimique), sans facteur émotionnel déclencheur clair.

3. Dépression réactionnelle vs dépression autonome

○ Réactionnelle : survient en réaction à un événement précis (perte, rupture, échec).

○ Autonome : s’installe sans cause extérieure identifiable.

Approches complémentaires

En plus de la prise en charge médicale (antidépresseurs, anxiolytiques, etc.), on peut adopter une vision holistique, ayurvédique ou phytothérapeutique.

● Dépression « circulaire » :

Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement mental à proprement parler, mais d’un « état d’esprit » dans lequel on tourne en rond : culpabilité excessive, auto-accusation, idées fixes… Ces pensées entretiennent l’humeur dépressive et peuvent devenir délirantes (sans forcément tomber dans la psychose).

Les effets de la dépression

● Sur le cerveau et le corps : fatigue, manque de motivation, troubles du sommeil et de l’appétit.

● Sur l’esprit : vision pessimiste de l’avenir, sentiment de souffrance constante.

S’affranchir de la souffrance passe par le sens : trouver un but, une responsabilité à assumer, une direction claire. Dans la tradition indienne, le Dharma (faire son devoir au service des autres) est considéré comme un antidote universel à la souffrance.

Médicaments et dépendances

Les traitements psychotropes (neuroleptiques, somnifères, anxiolytiques) peuvent couper le système de récompense par la dopamine : plus d’effort, plus de plaisir, et une perte d’inspiration. Un sevrage long, de six mois à plusieurs années, sans substances addictives, peut être nécessaire pour rétablir l’équilibre. Des extraits de plantes (griffonia, millepertuis, etc.) peuvent accompagner ce sevrage, à condition d’avoir un projet de vie pour rester motivé.

Cinq mécanismes de pensée qui nourrissent la dépression

1. Amour conditionnel de soi

L’estime de soi dépend de la performance : le simple fait de douter de ses capacités fait chuter l’estime et déclenche un sentiment de dévalorisation.

2. Désespoir mal compris

Toucher le fond devrait nous protéger et nous inciter à rebondir. Mais on y voit souvent un problème en soi, alors que c’est parfois un moteur pour trouver des solutions et redécouvrir l’espoir.

3. Projections incessantes

Imaginer que « demain tout ira mieux » ou remâcher sans cesse le passé nous fait gaspiller une énergie cognitive précieuse, nous enfermant dans un schéma répétitif.

4. Incapacité à pardonner

Colère contre soi-même et rancune envers les autres créent un état de frustration et d’agressivité intérieur, propice à la dépression.

5. Accumulation du retard

Face à une liste de tâches qui s’allonge, on se sent écrasé et impuissant. L’idée de ne jamais rattraper son retard paralyse l’action et plonge dans l’inaction.

Sortir de la dépression : construire une feuille de route personnelle

1. Méditation et respiration : trouver un point d’ancrage intérieur.

2. Connaissance de soi : explorer ses motivations, ses valeurs et donner un sens à sa vie.

3. Neurosciences et microbiote : combiner apprentissages scientifiques et pratiques corporelles pour renforcer le lien cerveau-intestin.

4. Objectifs et projet de vie : définir des petites étapes, un plan d’action réaliste et motivant.

Si la dépression provient d’une vie insatisfaisante (manque de sens, blocages, routine étouffante), elle peut se perpétuer indéfiniment. Vous n’êtes pas « malade » au sens strict, mais dysfonctionnel face à votre existence. C’est à vous, par votre volonté et votre action, de rompre ce cercle : la psychiatrie peut aider à soulager les symptômes, mais le véritable changement vient de vous.

Nadi Śodhana

(respiration alternée en fermant une narine à la fois) permet de « nettoyer » vos canaux d’énergie et d’équilibrer votre système énergétique.

Effets des narines

● Narines gauche : stimule le système nerveux parasympathique, renforce le Yin (l’aspect lunaire), et induit le calme.

● Narines droite : stimule le système nerveux sympathique, active le Yang (l’aspect solaire), et prépare à l’action (combat ou fuite).

Objectif

Faire circuler pleinement l’air entre les deux narines pour harmoniser vos énergies Yin et Yang.

Comment pratiquer

1. Position de la main droite

○ Posez l’index et le majeur sur le front, entre les sourcils.

○ Utilisez le pouce pour boucher la narine droite, et l’annulaire pour boucher la narine gauche.

2. Cycle respiratoire

○ Bouchez la narine droite (pouce) et inspirez lentement par la narine gauche.

○ Relâchez la narine droite, bouchez la narine gauche (annulaire) et expirez par la narine droite.

○ Inspirez par la narine droite, bouchez-la à nouveau, puis relâchez la narine gauche et expirez par la narine gauche.

○ Poursuivez ce va-et-vient en alternant inspiration et expiration par la narine opposée à chaque fois.

3. Variante : avant de changer de côté, vous pouvez faire plusieurs cycles complets (inspiration + expiration) dans la même narine pour approfondir la sensation de circulation de l’air.

4. Clôture de l’exercice

○ Laissez vos mains se détendre sur vos genoux ou vos cuisses.

○ Gardez les yeux ouverts, respirez profondément et prenez conscience du calme intérieur.

○ Restez assis quelques instants dans cette tranquillité avant de reprendre vos activités.

Cette pratique, simple et accessible à tous, vous aidera à calmer l’esprit, à stimuler votre vitalité et à retrouver un équilibre énergétique durable.

Troubles bipolaires

1. Labilité de l’humeur et bipolarité

– La labilité de l’humeur désigne des changements d’humeur brefs et passagers. Contrairement aux troubles bipolaires, ces fluctuations durent peu de temps et ne constituent pas une pathologie bipolaire.

2. Caractéristiques des troubles bipolaires

– Les troubles bipolaires se traduisent par des épisodes d’humeur très élevés (maniaques ou hypomaniaques) et des épisodes dépressifs, qui s’enchaînent sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) propose des critères précis pour les identifier.

3. Type I

– Épisode maniaque :

○ Les périodes maniaques peuvent durer plusieurs jours.

○ Certains patients dorment très peu, voire pas du tout, pendant plusieurs jours, tandis que d’autres présentent une somnolence excessive.

○ Les symptômes comprennent un discours ininterrompu, des idées qui fusent sans suite logique, une attention distraite et un sentiment de toute-puissance.

○ Ils lancent de nombreux projets, parfois risqués, convaincus de leur réussite.

– Après la manie : vient souvent un épisode dépressif prolongé.

4. – Difficultés de diagnostic :

chez les personnes qui consomment drogue ou stimulants, il peut être difficile pour le clinicien de distinguer un véritable épisode maniaque d’une simple réaction liée à la substance.

5. Type II (hypomanie)

– Les épisodes hypomaniaques sont moins intenses que les phases maniaques du type I :

○ L’énergie augmente, le besoin de sommeil diminue (parfois seulement 2 heures par nuit).

○ Les patients restent hyper-productifs, créatifs et concentrés pendant plusieurs jours.

– Ce « boost » paraît séduisant, mais il est suivi, le plus souvent, d’une longue dépression. On observe fréquemment ce profil chez des artistes.

6. Cyclothymie

– Il s’agit d’oscillations rapides de l’humeur, sur quelques jours seulement : alternance d’un court état dépressif puis d’une période d’activité stimulée sans retour au calme. Ces variations trop rapides empêchent tout équilibre.

7. Prise en charge et prévention

– Objectif : stabiliser les humeurs et prévenir les épisodes dépressifs.

– Approche positive : dialoguer, proposer des solutions concrètes et encourager les routines régulières (sommeil, activité, alimentation).

Anhédonie

1. Définition

– L’anhédonie est la perte de la capacité à ressentir du plaisir. Elle est fréquente dans la dépression majeure, la schizophrénie et d’autres troubles. Le terme a été introduit en 1896 par le psychologue français Théodule Ribot pour décrire l’équivalent psychique de l’insensibilité à la douleur.

2. Signes cliniques

– Indifférence dans les relations sociales

– Absence d’émotion, même face à la famille ou aux amis

– Perte de satisfaction dans les activités habituelles

3. Médicaments : atout ou piège ?

– Les psychotropes (antidépresseurs, stimulants de la concentration, anxiolytiques) peuvent favoriser l’anhédonie en modifiant l’équilibre psychique. Chaque traitement influe sur l’âme et, mal ajusté, peut créer un cercle vicieux de nouveaux troubles.

– Les médicaments peuvent apporter un soulagement rapide, mais ils ne règlent pas toujours le problème sur le long terme.

4. Approches complémentaires

– Méditation et exercices de respiration : plus lents à agir, ces accompagnements aident pourtant à rétablir un équilibre durable.

Note de l’auteur : la méditation et la respiration consciente offrent souvent une solution pérenne, même si le chemin est plus progressif.