Travailler à son propre rythme
L’AS exerce souvent une certaine pression lors d’un échange ou d’une discussion. « Restez dans votre rythme. » Ne vous laissez pas déstabiliser ! Pour obtenir des résultats, il faut parfois prendre plus de temps. Le « temps de l’AS » peut sembler lent et vous mettre sous pression, car la réponse n’arrive pas immédiatement. Soyez patient : une fois les bases établies, la gestion et la transformation peuvent s’accélérer considérablement. C’est pour cela que l’on parle du temps de l’AS !
L'idiosyncrasie
L’idiosyncrasie (c’est-à-dire un tempérament particulier) est l’un des marqueurs de l’AS. La manière de parler, de penser et de s’exprimer y est unique et sort de l’ordinaire.
La narration intérieure
De nombreuses recherches démontrent que le discours intérieur (parfois appelé « discours privé » ou « discours secret intérieur ») est essentiel pour accomplir des tâches cognitives complexes telles que la réflexion, la planification, la mémoire et la résolution de problèmes, tant chez les enfants en développement que chez les adultes. Les enfants d'âge préscolaire sont souvent observés (et entendus) se parler à haute voix, surtout lorsqu'ils sont confrontés à une tâche difficile ou tentent de résoudre un problème. Cette narration facilite l’exécution de la tâche ou la résolution du problème. On pense que ce « discours privé ouvert » est progressivement intériorisé et se transforme en discours intérieur vers l'âge de 7 ans
Source : Williams, Happé et Jarrold, 2008.
Parfois, lorsque des enfants plus âgés sont confrontés à une tâche de résolution de problèmes particulièrement complexe, ils peuvent murmurer, tirer la langue ou bouger les lèvres comme s’ils parlaient. Ce comportement disparaît en grande partie avec l’âge, bien que certaines études indiquent que le discours privé ouvert persiste chez certains adultes, notamment lors d’activités difficiles. Souvent, ils ne se rendent même pas compte qu’ils le font.
Source : Duncan et Cheyne, 2002.
Je n’ai jamais trouvé de preuve longitudinale démontrant précisément comment et quand la parole intérieure se développe chez les enfants AS. Pourtant, il apparaît clairement que ces enfants – et, par extension, les adultes AS – n’utilisent pas la parole intérieure pour exécuter des tâches cognitives avec la même aisance que leurs pairs allistiques. Ce constat m’a d’ailleurs été confirmé par diverses études (Whitehouse, Maybery & Durkin, 2006 ; Wallace et al., 2012 ; Williams, Bowler & Jarrold, 2012), et j’ai pu observer que, par conséquent, leurs performances lors de ces tâches en pâtissent. De surcroît, ceux dont les compétences verbales et de communication sont moins développées semblent être encore plus désavantagés que ceux qui maîtrisent mieux ces aptitudes.
La schizophrénie a des points communs avec l'AS.
Au fil de mes expériences, j’ai constaté que les patients atteints de schizophrénie partagent, à bien des égards, des similitudes surprenantes avec ceux présentant l’AS. J’ai notamment observé que ces deux profils rencontrent des difficultés dans le domaine de la cognition sociale, ce qui influence leur manière d’interagir. Par ailleurs, leur usage idiosyncrasique de la langue témoigne d’un tempérament à la fois particulier et unique. Enfin, leurs croyances et modes de pensée se distinguent par une originalité qui leur est propre.
La tendance à comparer les comportements liés aux troubles bipolaires ou à la schizophrénie
On observe souvent une tendance à comparer les comportements liés aux troubles bipolaires ou à la schizophrénie avec les troubles observés chez les personnes AS. Il convient de préciser que le trouble bipolaire se caractérise par de longs cycles d’une durée de deux à trois mois, durant lesquels la personne traverse soit une phase euphorique, soit une phase dépressive. La schizophrénie, quant à elle, s’installe de manière définitive chez l’individu. En revanche, l’AS peut entraîner des périodes d’oscillations émotionnelles dues à un déséquilibre dans la répartition des neurotransmetteurs et des hormones, mais ces fluctuations restent toujours de courte durée.
Information sur la bipolarité et ses cycles : Dr Alok Kanojia, psychiatre-addictologue américain (Healthy Gamer).
Je tiens à préciser que le spectre génétique de l'AS n'est pas une affection que l'on contracte ; nous sommes AS, car il s'agit d'une condition définie génétiquement. L'expression des gènes confère à la personne AS une différence par rapport à la norme allistique, avec un spectre de variations très large.
Une rencontre avec un(e) AS peut s'avérer brève.
En effet, la durée d’un échange, la quantité d’informations partagées et l’énergie investie sont limitées, ce qui explique pourquoi ces rencontres sont souvent de courte durée et rend difficile l’établissement d’amitiés durables. Les activités communes peuvent ainsi se terminer de manière assez abrupte.
Je me souviens des sorties de mon fils à vélo avec des amis qui s’interrompaient soudainement : il disait « Je rentre », avant de s’éclipser sans explication. C’est ainsi qu’il faut s’y habituer : il n’y a pas de raison particulière, et les amitiés ne se consolident pas toujours. Comme on dit : « Si tu tiens à cette personne, il faut persévérer, ce n’est pas fait exprès et cela n’a rien de personnel. »