Questionnaires pour les personnes autistes et les thérapeutes
Conseils de Valérie Gaus
1. Questions que se pose une personne autiste
● Quelles questions puis-je poser (ou éviter) lors d’une première rencontre ?
● Quels sujets dois-je proscrire ?
● Quels comportements devrais-je éviter en groupe ?
● Combien de questions est-il approprié de poser à la fois ?
● À quel moment est-il opportun (ou inopportun) d’engager la conversation ?
● Quelles erreurs dois-je éviter en discussion générale ?
● Quelles activités pourrais-je entreprendre pour me faire des amis ?
● Suis-je vraiment prêt·e à affronter tout ceci ?
Note : cette succession de critères peut devenir paralysante pour l’AS et nous empêcher d’agir.
2. Objectifs pour l’entretien avec une personne autiste
1. Préparation
○ Rassemblez des informations précises sur votre client : historique, symptômes, problématiques.
2. Établir la connexion
○ Créez un lien authentique dès les premiers instants.
3. Observer la communication
○ Repérez au plus tôt ses particularités verbales et non verbales.
4. Respecter l’espace personnel
○ Ne touchez pas ses mains, son épaule ou sa tête sans y être expressément invité·e.
5. Adapter votre langage
○ Tenez compte de son style : souvent très articulé, parfois très littéral.
○ Choisissez vos mots avec soin pour éviter tout malentendu.
3. Faciliter la fin de séance
Les personnes autistes (AS) rencontrent souvent des difficultés à percevoir la clôture d’un échange :
● Elles peuvent continuer à parler et rester assises, même lorsque le thérapeute se lève.
● Pour éviter une transition brutale, annoncez la fin de la séance 5 à 15 minutes à l’avance, par exemple :
« Il nous reste cinq minutes avant la fin de la séance. » « Préparons-nous à conclure. »
Fixer des limites claires aide également le thérapeute à accepter les éventuels comportements inhabituels, en réduisant l’anxiété du patient au cours des premières séances.
4. Limites des séances d’admission
● Pas d’enseignement actif de compétences sociales ni de rétroaction corrective, sauf en cas d’automutilation ou de comportement destructeur.
● Ne pas forcer le regard : de nombreux patients autistes n’établissent pas de contact visuel, et il est contre-productif de les y contraindre.
● Ne pas afficher d’autorité ou de marqueurs sociaux (parents, thérapeutes, proches) : la culture allistique peut être source de pression et d’incompréhension.
Vous voilà plongé·e dans une culture nouvelle, après des années de conditionnement à des codes qui ne vous correspondent pas. C’est un défi, mais pas un territoire inconnu : avec du soutien et de la bienveillance, il est tout à fait possible de trouver vos repères. JP.