Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

Questionnaires pour les personnes autistes et les thérapeutes

Manuscrit · pages 203–206

Questionnaires pour les personnes autistes et les thérapeutes

Conseils de Valérie Gaus

1. Questions que se pose une personne autiste

● Quelles questions puis-je poser (ou éviter) lors d’une première rencontre ?

● Quels sujets dois-je proscrire ?

● Quels comportements devrais-je éviter en groupe ?

● Combien de questions est-il approprié de poser à la fois ?

● À quel moment est-il opportun (ou inopportun) d’engager la conversation ?

● Quelles erreurs dois-je éviter en discussion générale ?

● Quelles activités pourrais-je entreprendre pour me faire des amis ?

● Suis-je vraiment prêt·e à affronter tout ceci ?

Note : cette succession de critères peut devenir paralysante pour l’AS et nous empêcher d’agir.

2. Objectifs pour l’entretien avec une personne autiste

1. Préparation

○ Rassemblez des informations précises sur votre client : historique, symptômes, problématiques.

2. Établir la connexion

○ Créez un lien authentique dès les premiers instants.

3. Observer la communication

○ Repérez au plus tôt ses particularités verbales et non verbales.

4. Respecter l’espace personnel

○ Ne touchez pas ses mains, son épaule ou sa tête sans y être expressément invité·e.

5. Adapter votre langage

○ Tenez compte de son style : souvent très articulé, parfois très littéral.

○ Choisissez vos mots avec soin pour éviter tout malentendu.

3. Faciliter la fin de séance

Les personnes autistes (AS) rencontrent souvent des difficultés à percevoir la clôture d’un échange :

● Elles peuvent continuer à parler et rester assises, même lorsque le thérapeute se lève.

● Pour éviter une transition brutale, annoncez la fin de la séance 5 à 15 minutes à l’avance, par exemple :

« Il nous reste cinq minutes avant la fin de la séance. » « Préparons-nous à conclure. »

Fixer des limites claires aide également le thérapeute à accepter les éventuels comportements inhabituels, en réduisant l’anxiété du patient au cours des premières séances.

4. Limites des séances d’admission

● Pas d’enseignement actif de compétences sociales ni de rétroaction corrective, sauf en cas d’automutilation ou de comportement destructeur.

● Ne pas forcer le regard : de nombreux patients autistes n’établissent pas de contact visuel, et il est contre-productif de les y contraindre.

● Ne pas afficher d’autorité ou de marqueurs sociaux (parents, thérapeutes, proches) : la culture allistique peut être source de pression et d’incompréhension.

Vous voilà plongé·e dans une culture nouvelle, après des années de conditionnement à des codes qui ne vous correspondent pas. C’est un défi, mais pas un territoire inconnu : avec du soutien et de la bienveillance, il est tout à fait possible de trouver vos repères. JP.