3. Hypersensibilité
L’hypersensibilité connaît différents niveaux chez l’AS.
Le niveau un :
La plus connue est celle des sens très développés. La description la plus facile est de parler d'une sensibilité “hors normes”. Il y a des conséquences positives et négatives. Vous pouvez vous l'imaginer. positifs : des observations intenses sont possibles, des sensations fortes et très fines, tous les sens sont tellement sensibles que ça nous amène à des dimensions inconnues, l’écoute des sons environnementaux avec tous ces sens. Le négatif : être bombardé et envahi par des sons, des odeurs, la lumière, des textures, des goûts trop forts. L’AS a souvent l’obligation de porter des protections, des lunettes, un casque antibruit, des habits doux, spéciaux, près du corps pour régulariser la température (un sujet très compliqué). Entendre des conversations très loin dans la maison, les suivre mot par mot, entendre des petits bruits, le craquement du plancher deux pièces plus loin, entendre tout micro-bruit que les autres font avec la bouche, ça peut terminer dans une « misophonie », s’énerver et sentir la haine et la colère monter, hors de proportion.
J'ai entendu le son de battements d'ailes d’une luciole et le crépitement des pattes d'une fourmi qui monte dans un arbre.
C’est la gestion d’information sonore et l'ultraconcentration, discerner des choses indétectables pour l’oreille normale, qui rendent l’AS exceptionnel.
« Un jour, quand il regardait le ciel étoilé, l’impression des profondeurs de l’univers dans toutes ses dimensions et mouvements rentrait en lui par tous ses sens et dans sa conscience et il se sentait un avec l'univers. » Il n'avait que 7 ans. »
Le deuxième niveau :
sentir les émotions des autres, être enveloppé et débordé par les émotions, désirs, frustrations, affects et humeurs des autres. Lire l’inconscient des autres, les strates des rêves des autres.
Il avait une façon plutôt scientifique de voir les choses ; au collège, c'était les mathématiques et les sciences d’ingénieur qui le branchaient vraiment. Que faire avec tous ces sentiments et émotions des autres qui lui rentraient dedans ? Ça n'avait pas trouvé sa place dans son univers. Il lisait les problématiques émotionnelles de presque tous ses profs sur leurs visages. Il les sentait sur sa peau et partout comme une pollution des sens. « Rien à faire avec ce bordel d’impressions et d’informations envahissantes », il préférait encore ne pas regarder du tout, ne rien savoir, ne pas les connaître et claquer la porte, s'enfuir, effacer, oublier, jeter toutes ces impressions dans le puits le plus profond. »
Le troisième niveau :
Le troisième niveau est mental, impliquant la capacité de lire et de sentir des pensées ainsi que des intentions.
Un foutu paquet d’informations qui occupe l’espace de vie de l’AS et qu’il n’arrive pas à gérer. Parce qu'il doit d’abord penser et sentir ses propres pensées et émotions avant de donner une place aux images et aux nuages mentaux des autres, d’en sortir des données correctes.
Les pensées des autres étaient troublantes pour lui, mettaient ses propres pensées en péril, un débordement d’opinions, de visions, d'idées floues. « Si simplement ils pouvaient penser un peu plus clair, plus organisé et précis, ça aurait causé moins de troubles, mais pas ce bouilli de pensées qui allait dans tous les sens, comme une discussion interrompue par des paroles sans raison… » Si difficile de se concentrer, d’avoir ses propres pensées au clair.