53. Troubles de gestion d’information
Il faut beaucoup de temps à l’AS pour comprendre toutes sortes d’informations extérieures et sociales, et en pleine action, elles arrivent très vite, trop vite. Dans les rencontres, en ville, dans les transports, au travail, à l’école. La gestion de l’information chez les neurotypiques est automatique. Chez l'AS, tout est manuel. Rien n'est automatique, tout se prépare.
À l'image d'une voiture automatique, il te suffit d'appuyer sur l'accélérateur et ça roule ; les capteurs des véhicules modernes mesurent la distance, facilitent le stationnement sans effort et repèrent aussi les piétons qui nous surprennent en traversant. Voici la description de l'allestique.
« Et maintenant, l’AS, c’est la voiture manuelle vintage : tout doit être fait à la main — la boîte de vitesses, l’embrayage, une direction non assistée donc très lourde, un rétroviseur à gauche au lieu des trois que l'on trouve dans les voitures modernes, et un moteur qui démarre difficilement. »
Comprendre le monde social s’avère être une entreprise complexe qui, parfois, mobilise toute mon énergie et mes capacités en tant qu’AS. L’information sociale se présente souvent avec une intensité déconcertante, trop immédiate, presque trop intime : la faculté de déceler une multitude de détails personnels se révèle déroutante. Pour ma part, je me montre naturellement réservé et je n’ai guère envie de m’attarder sur tous ces éléments. Pourtant, détrompez-vous : la plupart d’entre nous possèdent l’aptitude à lire les expressions faciales, et bien au-delà, même si, instinctivement, nous choisissons de détourner le regard. Parce que décrypter un visage ne se limite pas à en saisir les traits, c’est explorer un univers entier, découvrir une histoire complète. Nous ne sommes pas des êtres impulsifs, avides de renifler chaque parcelle d’information qui nous parvient.