Pourquoi la psychanalyse ne peut-elle pas fonctionner pour les personnes autistes ?
Même la thérapeute la plus avisée se retrouve face à l'inconnu lorsqu'elle travaille avec une personne sur le spectre AS. En effet, les dogmes et mécanismes traditionnels de la psychanalyse reposent sur des suppositions erronées et des interprétations dénuées de références solides, qui ne correspondent guère à la réalité de ces individus. Les générations AS, avec leur terrain génétique distinct, ne réagissent pas comme les allistiques, et de telles interprétations ou jugements peuvent causer de grands dommages.
Par ailleurs, l'histoire familiale et l'influence parentale constituent un récit à part, transmis de génération en génération. Il ne s'agit pas d'une histoire unique, mais de milliers d'histoires différentes, chacune façonnée par les caractéristiques propres à chaque individu.
Perpétuelle évolution
Une personne autiste est un être en perpétuelle évolution, changeant chaque jour de sa vie. Pour communiquer véritablement avec elle, il faut dialoguer avec son âme, ce qui nécessite de développer une conscience profonde de celle-ci. Pourtant, une fois cette conscience acquise, l'envie de pratiquer la psychanalyse disparaît, constituant ainsi un obstacle majeur.
Il ne s'agit pas de psychanalyse, mais bien de psychosynthèse pour l’AS. Explorer l'inconscient à travers diverses techniques revient à relier l'inconscient à l'identité.
Cette dernière se présente comme un ensemble de répétitions et d'automatismes mobilisant différentes zones cérébrales et nécessitant une énergie considérable. Comme le chante Nadila dans « Parle à ta tête », c’est la boucle identitaire.
Cultiver une identité est normal pour un individu allistique.
Progressivement, les allistiques cultivent une identité façonnée par leurs ancêtres, leur expérience de vie, leurs choix, leurs goûts et leurs sentiments. L’investissement énergétique dans le « moi » est considérable : le look, les pensées, les convictions et la culture personnelle constituent une routine quotidienne.
L’AS détient également toutes ces informations, mais il ne les organise pas ni ne les relie en permanence aux enregistrements stockés dans certaines parties de son cerveau. Il y accède rarement, car cela se révèle trop énergivore et trop intime. Absorbé par ses passions, il peine à explorer son inconscient et évolue dans un monde, une conscience parallèles, où les informations parviennent autrement. Vous n’êtes pas véritablement présent pour lui, sauf lorsqu’il s’agit de l’instant présent, car votre rôle diffère de celui que vous incarnez habituellement.
Les allistiques éprouvent des difficultés à adopter une pensée autonome. En effet, ils associent leurs idées à leur identité ainsi qu’aux groupes de pensées collectives, se laissant inévitablement influencer par ces derniers, partageant ces idées et veillant à ne pas dévier de leur identité. Et qui, alors, oriente le monde vers une autre direction, voire vers un renouveau ? Ceux qui possèdent la liberté de penser en dehors des cadres habituels.
Le travail thérapeutique à effectuer avec les AS
L’AS est un penseur libre, et même son inconscient exerce moins d'influence sur lui. Mais d'où proviennent alors toutes ses peurs et angoisses ? Nombreuses sont celles des AS qui émanent directement de l'inconscient récent, c'est-à-dire du présent, des enregistrements dans l'inconscient moyen, et la limite entre le présent et l'inconscient étant infiniment ténue, elles se font d'autant plus proches. Le travail à effectuer avec les AS consiste ainsi à maîtriser l'inconscient moyen par la volonté et la visualisation dans le présent, afin de corriger l'image angoissante.
ACIM thérapie
« Je ne vois rien de réel actuellement. » « Il existe une autre façon d’observer le monde. » « Je pourrais percevoir la paix à la place. »