Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

Analyse du cerveau autistique en neurosciences

Manuscrit · pages 137–139

Analyse du cerveau autistique en neurosciences

En neurosciences, on sait que le cerveau est fonctionnel dès la naissance : un vaste réseau neuronal est déjà en place, incluant des « algorithmes » dédiés à la reconnaissance faciale, à la navigation, à la perception spatio‑temporelle, à la discrimination des sons et des syllabes de toutes les langues, ainsi qu’à la distinction des couleurs, et ce, durant au moins les six premiers mois de la vie de l’enfant.

Après la naissance, les expériences multiplient le nombre de fibres neuronales, renforcent le câblage et augmentent les connexions entre le corps et les différentes zones cérébrales. L’enfant initie alors des mouvements archaïques — reptation, rampement, etc. — qui sont les fondements de son développement moteur et de la coordination interne du cerveau.

Les couches corticales s’épaississent progressivement. Un réseau d’artères fines irrigue le cerveau en glucose, source principale d’énergie, tandis que le système lymphatique assure la nutrition, l’entretien et l’élimination des toxines. Dans chaque secteur cérébral, le traitement de l’information se met en place et de nouveaux « algorithmes cérébraux » se créent.

L’équilibre entre neurotransmetteurs et inhibiteurs s’établit lentement, et différents « processeurs » cérébraux organisent les données de façon toujours plus élaborée. Pour renforcer le lien cerveau‑corps, la glande thyroïde joue un rôle central : elle régule la production d’énergie, l’équilibre des glandes et des organes, ainsi que celui des neurotransmetteurs et des inhibiteurs.

Quels sont les éléments susceptibles de perturber ces processus de développement ?

Le cerveau est donc prêt avant la naissance. Chez la personne autiste dite « savant », ce cerveau représente en quelque sorte l’apogée de l’évolution génétique et physique : il est d’une finesse et d’une puissance considérables, mais aussi très fragile et extraordinairement gourmand en énergie. Grâce à ses connexions neuronales et à ses sens hyperdéveloppés, il peut accéder à de multiples niveaux d’information : un fonctionnement conçu pour un univers différent de celui du allistique. Ses « processeurs » ultra-rapides traitent les données en microsecondes, selon un mode arborescent et associatif : toute information déclenche la mobilisation d’un large éventail de données préstockées et présynthétisées. Cette complexité demande une énergie considérable, et l’intégration de ces informations multicouches requiert un apprentissage rigoureux.