Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

Les référents, fondements de l’enfance

Manuscrit · pages 146–149

Les référents, fondements de l’enfance

Toute forme de disharmonie pousse l’enfant à développer des réflexes protecteurs qui l’éloignent de son modèle originel, parfait et harmonieux. À côté de ce modèle de base existe une version adaptée et déformée : les agressions et micro-agressions, par leur accumulation, font basculer très facilement le système neurobiologique de ce petit être sensible.

Les référents – notamment les parents – occupent alors une place cruciale : ils sont les piliers d’un champ protecteur stable et constant. En formant, avec eux, un microcosme familial, chaque membre trouve sa juste place et contribue à maintenir l’équilibre global. Ces figures de référence nous servent de modèle pour devenir ce que nous sommes.

Le cerveau, le corps et les émotions de l’enfant réclament un accompagnement intensif et précieux. Il suffit de penser à certaines réalités de notre société actuelle, souvent loin d’être idéales, pour mesurer à quel point elles peuvent perturber l’équilibre prénatal et postnatal.

C’est le rôle du thérapeute de remonter à l’origine de ces déséquilibres. Face aux menaces et perturbations, le métabolisme de l’enfant s’ajuste pour faire face au danger, et sa psyché se module pour prévenir le pire.

D’un côté, il y a le terrain génétique associé au spectre autistique ; de l’autre, un environnement et une société parfois devenus fous et toxiques pour un enfant hypersensible. Est-il étonnant que cela entraîne des conséquences durables ?

Pourtant, un parcours de restauration thérapeutique reste possible. Long et laborieux, il devient néanmoins réalisable grâce à l’engagement et aux méthodes appropriées. Avec les bonnes informations et un accompagnement adapté, on peut véritablement avancer.

Pas de guide des bonnes pratiques.

Je l’avoue : j’ai moi-même commis de nombreuses erreurs, faute d’informations et d’accompagnement adéquats. Aucun manuel ne détaille les gestes et le timing justes, adaptés à chaque âge et à chaque situation, alors qu’ils sont essentiels. Aussi, si j’ai aujourd’hui l’impression d’être précis dans mes explications, la réalité est tout autre : c’est par la pratique et l’observation directe que j’ai acquis cette expérience.

Ma femme me rappelle régulièrement : « Comment peux-tu enseigner ces principes aux autres alors que tu n’as pas réussi à décrocher ton propre fils de son écran de jeux vidéo ? » Une mise en garde qui me rappelle que le chemin vers l’équilibre reste un travail de tous les instants.

Voici une proposition de réécriture en français soigné, tout en conservant le sens initial :

Ce que nous percevons n’est pas le monde tel qu’il est, mais un modèle du monde élaboré par notre cerveau.

— Corine Sombrun, sur le fonctionnement cérébral

Le cerveau des personnes autistes construit des représentations qui ne correspondent pas toujours à la réalité. Ces constructions ont pour fonction de produire un effet positif. Le cerveau aime analyser et imaginer un univers à partir d’une combinaison d’algorithmes, d’images et de concepts. Une fois cette synthèse effectuée, il peut en mémoriser l’ensemble.

Selon la stabilité de ce fonctionnement cérébral, la synthèse et les conclusions peuvent être complètement erronées. Cela concerne chacun d’entre nous. De plus, nous sommes influençables par des idées extérieures. Chez certaines personnes autistes, cette propension peut pousser ces concepts très loin, même si beaucoup recherchent une vérité absolue, noire ou blanche, dans les moindres détails.

Sur le spectre autistique, on observe de grandes différences entre ceux dont le cerveau est très analytique, presque scientifique, et ceux dont l’esprit créatif est capable de projeter des images très détaillées, voire d’entrevoir l’avenir. Le développement de l’intuition devient alors un atout majeur.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le fonctionnement biochimique du cerveau autiste peut conférer des capacités exceptionnelles, mais aussi engendrer des troubles particulièrement handicapants. Dans tous les cas, il est essentiel de retrouver rapidement son cadre de repères et de sortir de cet état « hors norme » de manière pragmatique et apaisante. Carl Jung appelait cela « trouver son point de référence ».

Enfin, la transe — un état de grande réceptivité cérébrale — est également facilement accessible pour la plupart des personnes autistes.