Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

Nunchi

Manuscrit · pages 198–199

Nunchi

Nunchi est une notion fascinante de la culture coréenne. Elle consiste, comme le font beaucoup de personnes autistes, à observer attentivement pour saisir les codes sociaux et la dynamique d’un groupe. Pour survivre dans la sphère sociale, ces personnes analysent chaque interaction et tâchent de s’y adapter. C’est un processus lent, souvent semé de doutes, qui les rend prudentes et se manifeste parfois par une expression sociale appauvrie, manquant de spontanéité.

Je viens d’une lignée familiale de quatre générations sur le spectre autistique. Parfois, nos réactions, dictées par nos passions, peuvent nous échapper. Adopter la culture du nunchi pourrait grandement nous aider à mieux naviguer dans les interactions quotidiennes.

Un grand merci à Euny Hong !

Règles du nunchi

(Origine : Grèce antique, mouvement stoïcien)

● « Tu as deux oreilles et une bouche : écoute deux fois plus que tu ne parles. »

● Le nunchi n’est ni de l’empathie ni de la sympathie ; il s’agit simplement de percevoir ce qui se passe dans l’esprit et le cœur d’autrui, sans ressentir nécessairement leurs émotions.

● Vous n’avez pas à vous mettre à la place des autres, car vous risqueriez d’y perdre votre identité et de vous rendre vulnérable. L’objectif est de comprendre l’autre sans vous effacer.

● En Corée, l’empathie est souvent perçue de manière genrée : on considère les femmes plus empathiques que les hommes. Ce n’est pas une vérité universelle, mais plutôt une habitude culturelle discutable.