Cognition sociale
Certaines personnes accèdent au « monde de l’AS » pour des motifs précis : elles deviennent alors perceptibles par le système, leurs expressions faciales et autres marqueurs étant identifiés, synthétisés et enregistrés.
D’autres, en revanche, n’y parviennent pas : il n’y a ni place, ni urgence, ni raison de les intégrer. Il ne s’agit pas d’un handicap à proprement parler, mais d’une sélection des informations jugées prioritaires. C’est aussi une question d’intimité : les données qu’un individu transmet peuvent être si intenses et personnelles qu’il n’existe ni espace ni ressources pour les décoder.
Combien d’informations une personne peut-elle véhiculer pour l’AS ? Et quelle quantité un groupe entier peut-il soutenir ?
Un excès d’informations devient un handicap : ce n’est pas le signe d’un dysfonctionnement cognitif, mais d’un mécanisme de protection.
L’âme et le soi (l’esprit) s’expriment à travers la personne et son « véhicule » : un corps d’origine animale doté de sa propre autonomie. L’interface dite « AS » est, pour sa part, conçue et opérée différemment, mais, du point de vue de l’âme ou de l’esprit, l’expression reste la même. Lorsqu’une interface fonctionne de façon altérée ou simplement différente, cela n’implique pas l’absence de l’âme ou de l’esprit. Cette question concerne aussi bien les personnes autistes que les personnes allistiques, et la manière dont on envisage cette interface varie selon le modèle du spectre autistique.