Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

La personnalité anxieuse

Manuscrit · pages 237–241

La personnalité anxieuse

L’anxiété est l’une des dimensions majeures du spectre des troubles « AS ». C’est pourquoi il me semble essentiel de nous appuyer sur les travaux de ceux qui ont su proposer des solutions efficaces pour apaiser ce mal-être. Les personnes concernées par le spectre AS ressentent souvent une anxiété profonde, parfois dissimulée à autrui… et même à elles-mêmes. Cette tension intérieure peut aussi se traduire par des troubles psychosomatiques : crises d’asthme, douleurs intestinales ou gastriques chroniques, etc.

Lorsque l’on affronte ses peurs, étape par étape, on gagne en confiance et en courage. On ne « guérit » pas l’anxiété au sens strict, mais on apprend à la dompter pour avancer malgré elle.

Pourquoi et d’où vient l’anxiété ?

● Fonction de protection

L’anxiété nous prépare à réagir face au danger.

● Racines cognitives et physiologiques

1. Côté mental : notre esprit anticipe l’avenir, imagine des scénarios négatifs et se met en boucle.

2. Côté corps : nous sécrétons des hormones (adrénaline, cortisol) qui maintiennent notre attention en alerte, parfois au détriment de notre bien-être.

Le rôle de l’adrénaline

En cas de stress, le corps libère de l’adrénaline pour nous faire réagir plus vite, avec une pensée « tout ou rien ». Cette vision binaire (danger = oui ou non) peut renforcer l’anxiété : soit tout va bien, soit tout va mal. Par exemple, on peut croire à tort que « ces gens se moquent de moi » dès qu’un regard s’attarde un instant de trop.

Le rôle du cortisol

Le cortisol, quant à lui, nous empêche de nous détendre et de dormir, nous maintenant dans un état d’hypervigilance.

Comment se forme la boucle anxieuse ?

1. Une première pensée (inquiétude, anticipation d’un problème)

2. D’autres pensées s’enchaînent pour évaluer le danger

3. La rumination s’installe : on tourne en rond mentalement

4. Le climat émotionnel s’alourdit, l’anxiété grandit

Ces pensées négatives peuvent nous paralyser : non seulement on s’inquiète de ce qui pourrait arriver, mais on anticipe aussi ce que les autres pourraient penser de nous.

Quelles sont les pistes pour s’en libérer ?

● Accepter un certain inconfort social

Pour sortir de la « prison » de l’anxiété, il faut parfois se détacher du regard d’autrui. Oser être soi-même, même si c’est inconfortable, crée de véritables bouffées de liberté.

● Pratiquer la méditation

En nous ramenant au moment présent, elle ralentit le flot de pensées liées au futur.

● Adopter une approche globale

○ Exercices de relaxation et techniques de respiration (physiologique)

○ Thérapies cognitives pour identifier et désamorcer les pensées irrationnelles (psychologique)

○ Compréhension des mécanismes cérébraux de l’anxiété (neuroscientifique)

« L’anxiété est notre capacité naturelle à anticiper les conséquences futures, afin de nous ajuster et de nous protéger. »

Quelques clés de compréhension

● Égocentrisme de l’anxiété

Elle puise sa force dans nos insécurités et notre sentiment d’identité.

● Intolérance à l’incertitude

Plus on rechigne à accepter l’imprévu, plus l’anxiété s’amplifie.

Références et lectures complémentaires

● Dr K. (Alok Kanojia), Boston, juin 2021

● Tyrer, P. (1999). Anxiété : une revue multidisciplinaire.

● Krugers H.J., Karst H. & Joëls M. (2012). « Interactions entre la noradrénaline et les corticostéroïdes dans le cerveau : de l’activité électrique aux performances cognitives ».