La personnalité anxieuse
L’anxiété est l’une des dimensions majeures du spectre des troubles « AS ». C’est pourquoi il me semble essentiel de nous appuyer sur les travaux de ceux qui ont su proposer des solutions efficaces pour apaiser ce mal-être. Les personnes concernées par le spectre AS ressentent souvent une anxiété profonde, parfois dissimulée à autrui… et même à elles-mêmes. Cette tension intérieure peut aussi se traduire par des troubles psychosomatiques : crises d’asthme, douleurs intestinales ou gastriques chroniques, etc.
Lorsque l’on affronte ses peurs, étape par étape, on gagne en confiance et en courage. On ne « guérit » pas l’anxiété au sens strict, mais on apprend à la dompter pour avancer malgré elle.
Pourquoi et d’où vient l’anxiété ?
● Fonction de protection
L’anxiété nous prépare à réagir face au danger.
● Racines cognitives et physiologiques
1. Côté mental : notre esprit anticipe l’avenir, imagine des scénarios négatifs et se met en boucle.
2. Côté corps : nous sécrétons des hormones (adrénaline, cortisol) qui maintiennent notre attention en alerte, parfois au détriment de notre bien-être.
Le rôle de l’adrénaline
En cas de stress, le corps libère de l’adrénaline pour nous faire réagir plus vite, avec une pensée « tout ou rien ». Cette vision binaire (danger = oui ou non) peut renforcer l’anxiété : soit tout va bien, soit tout va mal. Par exemple, on peut croire à tort que « ces gens se moquent de moi » dès qu’un regard s’attarde un instant de trop.
Le rôle du cortisol
Le cortisol, quant à lui, nous empêche de nous détendre et de dormir, nous maintenant dans un état d’hypervigilance.
Comment se forme la boucle anxieuse ?
1. Une première pensée (inquiétude, anticipation d’un problème)
2. D’autres pensées s’enchaînent pour évaluer le danger
3. La rumination s’installe : on tourne en rond mentalement
4. Le climat émotionnel s’alourdit, l’anxiété grandit
Ces pensées négatives peuvent nous paralyser : non seulement on s’inquiète de ce qui pourrait arriver, mais on anticipe aussi ce que les autres pourraient penser de nous.
Quelles sont les pistes pour s’en libérer ?
● Accepter un certain inconfort social
Pour sortir de la « prison » de l’anxiété, il faut parfois se détacher du regard d’autrui. Oser être soi-même, même si c’est inconfortable, crée de véritables bouffées de liberté.
● Pratiquer la méditation
En nous ramenant au moment présent, elle ralentit le flot de pensées liées au futur.
● Adopter une approche globale
○ Exercices de relaxation et techniques de respiration (physiologique)
○ Thérapies cognitives pour identifier et désamorcer les pensées irrationnelles (psychologique)
○ Compréhension des mécanismes cérébraux de l’anxiété (neuroscientifique)
« L’anxiété est notre capacité naturelle à anticiper les conséquences futures, afin de nous ajuster et de nous protéger. »
Quelques clés de compréhension
● Égocentrisme de l’anxiété
Elle puise sa force dans nos insécurités et notre sentiment d’identité.
● Intolérance à l’incertitude
Plus on rechigne à accepter l’imprévu, plus l’anxiété s’amplifie.
Références et lectures complémentaires
● Dr K. (Alok Kanojia), Boston, juin 2021
● Tyrer, P. (1999). Anxiété : une revue multidisciplinaire.
● Krugers H.J., Karst H. & Joëls M. (2012). « Interactions entre la noradrénaline et les corticostéroïdes dans le cerveau : de l’activité électrique aux performances cognitives ».