Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

La science cognitive selon Céline Alvarez

Manuscrit · pages 233–237

La science cognitive selon Céline Alvarez

Les quatre leviers de l’apprentissage et du développement de l’enfant (et de l’enfant “AS”)

1. L’attention

C’est avant tout le désir de porter son attention sur une tâche qui lance le processus d’apprentissage.

2. L’engagement actif

L’envie de s’impliquer concrètement permet à l’enfant de se confronter directement au défi proposé.

3. Le retour d’information immédiat

À chaque action, le cerveau émet une prédiction ; si celle-ci diffère de la réalité observée, un signal d’erreur est déclenché et corrigé sur-le-champ. Cette succession d’hypothèses, d’erreurs détectées et de corrections constitue la mécanique même de l’apprentissage.

4. La consolidation

Une fois attentif et engagé, et après avoir reçu un feedback, l’enfant a besoin de répéter l’exercice pour ancrer les acquis et automatiser les gestes. Les automatismes diminuent la charge cognitive et l’effort conscient.

Note JP : chez l’enfant autiste, les automatismes sont peu développés, et la sollicitation permanente de ses ressources mentales peut s’avérer très fatigante.

L’activité non imposée

Laisser l’enfant libre de choisir son activité suscite naturellement répétition, consolidation et progrès.

L’autonomie de l’enfant “précoce”

Les enfants précoces, souvent encouragés dans leur liberté d’action, bénéficient d’un développement encore plus rapide.

Objectif principal

Développer chez l’enfant ses compétences exécutives et son autonomie.

Comprendre les cycles corporels et neuronaux, le métabolisme et les conséquences d’un déséquilibre chez un enfant autiste, c’est comme observer les mouvements du soleil, des étoiles, des planètes, de la Lune et des marées : cela demande du temps et une longue phase d’observation.

L’enfant autiste cherche d’abord un équilibre intérieur avant de réagir socialement. Il traite chaque information séparément, sans automatismes : chaque événement, chaque sensation, chaque donnée requiert de nouvelles connexions neuronales pour être replacés dans un contexte. D’abord la gestion de l’information, puis la réponse adaptée.

Son mode de fonctionnement est différent : plutôt visuel, il parle un langage qui lui est propre. Inutile de chercher à le « normaliser » : chaque geste a un sens. Les personnes allistiques (neurotypiques) considèrent leur cerveau comme la norme et tout écart comme un problème, alors que l’autiste voit son fonctionnement atypique comme sa façon d’être.

Sur le plan de la gestion de l’information environnementale, on observe souvent :

● Une forte ponctualité chez l’autiste, alors que l’allistique vit plus « au fil de l’eau ».

● Une préférence visuelle : l’invisible lui échappe souvent.

● Des difficultés à traiter l’information en temps réel, ainsi qu’à gérer ses émotions.

● Des troubles de synchronisation neuronale, cognitive et psychologique, pouvant se traduire par une surconnexion ou une sous-connexion du cerveau.

Tandis que le cerveau allistique gère automatiquement ces processus, l’enfant autiste doit presque « piloter » manuellement la réception et le traitement de chaque donnée. Le neurodéveloppement, c’est justement cet apprentissage et cette organisation de l’information qui réduisent petit à petit le temps de traitement.

Les déclencheurs émotionnels sont souvent différents de ceux des neurotypiques, et l’autiste peut se retrouver vite en mode « survie », au risque de l’épuisement. Sa « bulle autistique » n’est pas une forme de repli affectif ou d’isolement social, mais le temps nécessaire à la gestion des informations reçues : quand celles-ci deviennent trop nombreuses ou complexes, c’est comme une panne de courant.

L’accompagnement neurodéveloppemental vise à lui apprendre à anticiper et gérer les situations et informations futures. Même une simple étiquette peut perturber sa concentration et son assimilation.

Pour le traitement sensoriel :

● Tout stimulus doit être visible pour faciliter la gestion de l’information. Le cerveau se connecte d’abord visuellement à l’événement avant d’en éprouver le ressenti.

● L’enfant autiste tient souvent un objet en main pour mieux se repérer dans l’espace : cet objet devient indispensable à l’équilibre de son cerveau. « Laissez-le, s’il vous plaît ! »

Enfin, les mouvements dits « autistiques » sont une manière de corriger un déséquilibre intérieur à l’aide de stimulations extérieures. En comprenant et en modulant ces stimuli, on peut limiter l’excès de mouvements et apporter un mieux-être à l’enfant.