ASD Description des troubles du spectre autistique
1. Dépression
L’enfant est parfait, mais son parcours dans le monde est difficile.
Je pars du principe qu’un enfant AS venu au monde est parfait, mais différent de la norme. Théoriquement, dit-il, “si l’environnement réagit bien et l’accompagne bien”, au bout de 18 ans un être humain complet et harmonieux est prêt pour la vie. Il y a un compas incorporé en lui qui l’amène au bon port ; seul le mauvais temps et trop d’obstacles le font dériver de plus en plus loin de ce cap d’un bel être plein de potentiel. Un bel exemple d’un parcours qui fonctionne est Iris Grace : “La petite fille qui s'ouvre au monde grâce à un chat”. Les parents ont trouvé la meilleure manière de l’accompagner. Un livre à lire pour les parents des AS.
Quand notre "enfant autiste de cœur" déprime
(AS = autisme spectre)
L'environnement sociétal n'est pas conçu pour accueillir les personnes atteintes d'autisme, les parents se retrouvent souvent démunis quant à la manière de gérer la situation, le système éducatif n'est pas ajusté et le cadre environnant peut générer du stress chez l'enfant.
Dans de nombreux cas, l'enfant est traumatisé et isolé. Je ne dis pas que le système est responsable, simplement que la manière de faire actuelle n'est pas adaptée pour les personnes autistes et que le résultat est souvent désastreux. Des mots un peu forts peut-être pour vous, mais vous allez progressivement prendre conscience d'une réalité différente et trouver des solutions pour changer cela.
Selon le schéma Figure 1.1.01 de Valérie Gaus, Ph. D. (et psychologue clinicienne à New York), une série d'éléments amènent l'enfant et aussi l'adulte étape par étape vers l'anxiété et la dépression.

figure 1.1.01 Cognitive-Behavioral Therapy for Adults with Autism Spectrum Valerie Gaus, PhD, novembre 2018.
Ce jour-là, il rentra chez lui, le cœur lourd et l'esprit embrouillé. En classe, il se sentait mal à l'aise, incapable de répondre avec justesse aux questions du professeur, tandis que les rires fusaient autour de lui. Dans sa tête, il errait ailleurs, et sa réponse s’avérait complètement décalée, malgré une parfaite connaissance du sujet. Un voile gris sembla s’abattre sur lui, étouffant toute envie, dans le cadre d’un quotidien où cette situation se répétait inlassablement. Les moqueries et les brimades de ses camarades devenaient insupportables, tandis que le vacarme, les odeurs et la multitude d’impressions l’empêchaient de se concentrer. Chaque matin, il se rendait en classe avec une boule au ventre. Depuis bien trop longtemps, il ne parvenait plus à trouver le sommeil ni à éclaircir ses pensées. Se réfugier dans sa bulle devenait un combat, et il n’aspirait qu’à fuir, à échapper à ce sentiment d’impuissance, à courir sans jamais se retourner, à mettre un terme définitif à cette souffrance.
Le schéma de Valérie Gaus illustre globalement le dysfonctionnement dans la gestion et l’interprétation des informations, c’est-à-dire un processus qui déraille. À chaque étape de la vie, l’impact sur l’AS varie, mais au final, le résultat reste identique : la dépression et l’anxiété s’installent.
On observe également l’influence de facteurs physiologiques et génétiques. Ainsi, je distingue plusieurs formes de dépression : la dépression sociale, la dépression physiologique, la dépression digestive, ainsi que la dépression innée et génétique.
On retrouve par ailleurs la dépression liée au métabolisme et à la digestion, la dépression cyclique résultant de l’épuisement et d’un manque d’exposition à la lumière, et enfin la dépression sociale associée aux circonstances. Les facteurs étant multiples, nous allons définir les principes de base et proposer quelques solutions.
La comorbidité
La combinaison de troubles génère des réactions spécifiques qui s'exacerbent mutuellement. De multiples manifestations apparaissent, nécessitant des soins et une attention particulière. La classification des symptômes en psychiatrie et en psychologie s'avère parfois complexe.
Le besoin de notre AS de rester dans sa bulle est souvent associé à un comportement obsessionnel. Celui-ci se traduit par un engouement pour les jeux vidéo, des activités répétitives, une lecture excessive et diverses addictions, menant à l'épuisement. Par ailleurs, la surconsommation de nourriture, de sucre et de produits industriels, le manque de sommeil, les problèmes de concentration et l'irritabilité dans les interactions sociales peuvent conduire à la dépression.
Il est essentiel de noter que la comorbidité – c’est-à-dire la présence simultanée de plusieurs troubles mentaux ou physiques – peut rendre plus complexes le diagnostic et le traitement des troubles psychiques.
Dans le cas de l'autisme, il n'est pas rare que se manifestent des troubles tels que la dépression, l'anxiété et des comportements obsessionnels.
Selon le Dr Bruno Donatini, spécialiste reconnu de l’intestin, la dépression et l'anxiété peuvent altérer la flore digestive, entraînant ainsi une malabsorption intestinale et des dysbioses, c'est-à-dire un déséquilibre de la biodiversité de la flore intestinale. Ce déséquilibre se traduit par une diminution des bactéries bénéfiques et une prolifération de celles qui sont nuisibles, ce qui peut favoriser l'apparition de syndromes dépressifs. Il apparaît donc primordial que les personnes autistes apprennent à gérer et à maîtriser leur dépression ainsi que leur anxiété afin d'améliorer leur qualité de vie.
Méthodes
Développer la volonté dans tous ses aspects (psychosynthèse, Roberto Assagioli et Piero Ferrucci) pour tenir bon et s'en sortir.
Apprendre
La méditation pour se connecter à son intuition, pour trouver le calme. La respiration technique (pranayama) pour stabiliser le flux d’énergie dans son corps. Le yoga, la salutation au soleil, pour trouver des repères dans son mental et son corps.
Fixer des buts dans la vie
Apprendre à assumer toute forme d'obstacles, même les plus difficiles, se transformer au service des autres et des proches, et trouver ainsi le Dharma, tout en organisant des buts dans la vie et en créant une chaîne de valeurs. Source : Dr K. (Alok Kanojia), Healthy Gamer, psychiatre et addictologue. Travaillant dans Harvard Medical School, McLean Hospital and Massachusetts General Hospital et aussi directement en ligne sur Twitch channel, son projet de santé mentale touche actuellement plus de 200 000 personnes.
Plantes médicinales : le safran et le millepertuis (prudence avec l’interférence avec d’autres médicaments), l’ashwagandha et la curcumine. Le dosage adapté à la personne et au moment est la clé du succès.
Dans les pays où c’est légal, la psilocybine en microdose est un bon remède de choc pour la dépression grave (aussi un bon remède contre diverses addictions), car « l'abus des substances est très connu chez les AS » pour échapper à la dépression et à l'anxiété.