Appréhender intensément la beauté
La beauté exerce une influence profonde sur notre psyché et notre âme. Observer la beauté a un impact sur chacun d’entre nous. Il est essentiel de respecter la perception de l’autre, car la beauté est une notion variable et subjective.
Son influence sur notre être est remarquable : selon ce que nous contemplons, nous pouvons instantanément accéder à la paix, au calme et à la joie.
«Nous nourrissons notre corps avec des nutriments, mais notre âme se nourrit de beauté, et en retour, elle nous embrasse et nous berce dans l’amour et la paix. » L’âme est notre meilleure thérapeute.
Il est primordial de prendre conscience que savoir observer, écouter et ressentir la joie est fondamental pour nourrir son âme, apprendre à vivre en harmonie avec elle et lui réserver une place dans notre vie. Appréhender intensément la beauté, la boire avec tous ses sens, n’est pas toujours aisé. J’ai rencontré à plusieurs reprises des personnes vivant dans des lieux splendides – au bord de la mer, près d’une forêt ou à la montagne – qui prenaient rarement le temps d’admirer leur environnement.
La beauté quand nous vivons en ville
En ville, une multitude d’expressions artistiques et artisanales s’offre à nous : œuvres d’art, architecture remarquable, spectacles, danse ou musique, autant d’occasions d’apprécier la beauté au quotidien. Qui se rend compte que prendre le temps d’observer tout cela est une clé pour atteindre le bien-être et nourrir son âme ? Vivre consciemment avec cette beauté, si proche de nous, guérit nos blessures, répare nos fissures et nous restitue la splendeur.
Dans chaque scène de la vie se cache la beauté, et votre âme vous aidera à la découvrir toujours plus aisément. Attiré par ce nectar, vous volerez de fleur en fleur et partagerez votre bonheur avec autrui.
« La beauté n'est pas un caprice, mais un besoin vital. » (Piero Ferrucci)
La vie contemporaine, avec ses stimuli technologiques, sa communication incessante et ses divers moyens de transport, a rendu le monde plus petit et accessible. Nous sommes constamment bombardés d’informations, de manière intense et répétitive. Nous sommes devenus des esclaves d’une course effrénée, pris au piège dans le trafic étouffant des villes ; tels des zombies, nous errons dans des centres commerciaux déserts, devenant des fantômes dans nos relations, submergés par un flot de stimuli qui finit par nous distraire au point de nous rendre absents.
« C'est la pauvreté des riches : le douloureux manque de sens, de valeurs, de beauté. C'est le terrain vague de l’exclusion de l'âme.
« Nous pensons pouvoir tout avoir, mais, en fin de compte, nous sentons que nous ne sommes rien. » (Piero Ferrucci)
L’une des clés de l’harmonie et du bonheur réside dans l’art de percevoir la beauté qui nous entoure et dans la transmission, à nos enfants, de cette attitude d’observer toutes les formes de beauté : la lumière, la nature, mais aussi les gestes, les paroles, la musique… Tant de beautés à découvrir.
Et vous, savez-vous vous imprégner du nectar de la beauté pour nourrir votre âme ?
Apprendre à observer la beauté, à la laisser pénétrer en soi et à lui faire de la place est tout un art, c’est intégrer intensément cette beauté pour, ensuite, pouvoir la transmettre à nos enfants. La beauté représente une porte dans la conscience qu’il faut ouvrir chaque jour, dès que l’on le peut, bien que nous soyons trop souvent absorbés par mille préoccupations.
Mal conditionné
Nous ne sommes pas conditionnés à contempler la beauté : l’enfant, naturellement tourné vers un monde restreint et adulte, semble ne pas avoir le droit de rêver ou de regarder par la fenêtre, sauf exception, lorsqu’il est guidé par des adultes éclairés dans la quête de la beauté. L’enfant d’aujourd’hui n’a pas appris à honorer la beauté ni à en exprimer sa gratitude, et celle-ci est souvent considérée comme superflue.
La beauté et le nombre d’or
L'architecture de la nature se construit selon le nombre d’or, ce principe parfait et immaculé qui offre repos et apprentissage à l’œil et au cerveau. L’âme y trouve la paix grâce à une structure apaisante, tandis que les couleurs et les sons de la nature détendent l'esprit. Rendre hommage à la beauté, c’est se connecter à la structure presque invisible de notre univers et réparer nos miasmes, fissures et perturbations. La beauté nous relie à la matrice de notre être, à la mathématique de l’univers dont nous avons été séparés, mais qui demeure une part essentielle de l’architecture de notre corps et de notre esprit.
La beauté est thérapeutique.
La beauté agit jusqu’au niveau de notre ADN et peut réorienter un système perturbé. Il est vrai qu’elle suscite des émotions, souvent tellement intenses qu’elles deviennent addictives. À l’inverse, la laideur nous trouble profondément. De la même manière que la beauté soigne, la laideur perturbe, détruit et défait notre structure intérieure, entraînant disharmonie et déséquilibre. Elle s’exprime fréquemment à travers des actes de domination, d’agressivité, par l’usage de la force, la violence sexuelle ou la manipulation, plongeant ainsi l’individu dans la dépression et brisant son identité et son intimité.
La reconnaissance de la beauté constitue une forme d'intelligence qui s'est développée au fil des siècles.
Plus loin, je décris la pyramide de Maslow à l'envers. Un désir nous élève vers des valeurs et vers la beauté, ouvrant notre conscience et nous reliant à notre âme. Le cerveau est en effet programmé pour reconnaître l'esthétique parfaite. Des études en neurosciences, réalisées à l'université de Londres, ont démontré que contempler des objets et des images conçus selon le nombre d'or déclenche une activation neuronale plus intense que lorsqu’on observe les mêmes images légèrement déformées. Il existe ainsi une forte corrélation entre ce que nous percevons et notre réaction face à la beauté ou à la laideur, l’ensemble de notre système nerveux réagissant en conséquence.
La personne sensible (AS) peut trouver calme et structure en se référant à la beauté esthétique comme forme de thérapie, que ce soit en visualisant des images, en se remémorant des odeurs ou en appréciant des couleurs, entre autres. La neuroesthétique, nouvelle branche de la neuroscience, montre que l'empathie ressentie face à un objet de beauté s'explique par l'activation de nos neurones miroirs.
Comment notre intelligence esthétique s’éveille en nous ?
L'empathie se manifeste lorsque nous ressentons une affinité pour l'objet ou l'action observée. Par exemple, lors d’un match de tennis, les gestes des joueurs peuvent nous émouvoir et nous faire vivre la beauté du mouvement comme une expérience intérieure. De même, le ballet ou la musique nous fait vibrer en harmonie avec la beauté de l’instant présent. Une fois que notre intelligence esthétique s’éveille en nous, elle se déploie, nous permettant de vivre quotidiennement des moments de beauté.
Restructurants et réparateurs
Chacun de ces instants intenses peut puiser ses origines dans des sources diverses, selon nos goûts personnels. Pour l'AS, ces moments sont restructurants et réparateurs. Selon notre progression dans la pyramide de Maslow (jp 2020), nous sommes attirés par différentes expressions de beauté ou de laideur : l’objet de notre admiration peut nous élever ou nous abaisser. Les expériences, inhérentes à la vie humaine, expliquent souvent notre désir de nous rapprocher de la beauté en réaction à des épisodes sombres et négatifs. La solution réside dans l’harmonisation avec ce qui est lumineux et léger.
Rencontrer son côté obscur fait partie de la vie, tout comme en appréhender les conséquences.
La pyramide des désirs obscurs
La pyramide inversée nous relie à la laideur et à l’impuissance d’achever notre destinée dans la beauté. Nous nous engageons sur une voie autodestructrice, parfois en entraînant autrui, pour effacer les douleurs et frustrations accumulées au fil des expériences de la vie. La laideur et la négativité se muent alors en un besoin, une insatiable soif d’actes ignobles. Cette quête destructrice trouve souvent son origine dans la violence et les blessures subies dès la jeunesse – ou plus tard – ou encore dans l’inaccessibilité de désirs ardents.
Nous connaissons tous, à un moment ou à un autre, des expériences négatives ; elles font partie intégrante de l’humanité et du monde dans lequel nous évoluons. Ces épreuves, presque inévitables, nous confrontent à notre propre obscurité, nous renforcent, nous complètent et, en fin de compte, nous orientent vers un discernement qui nous permet de distinguer ce qui est véritablement lumineux et positif.