Articles et réflexions · Texte de julespeter dorval

Faibles fonctions exécutives : comment agir en classe

Manuscrit · pages 161–167

Faibles fonctions exécutives : comment agir en classe

Les fonctions exécutives jouent un rôle majeur dans la réussite scolaire. Lorsqu’un élève présente des difficultés à ce niveau, il est essentiel de lui offrir un soutien adapté. Beaucoup de pratiques pédagogiques contribuent déjà au développement de ces compétences ; comprendre leur utilité vous permettra d’en maximiser les effets.

1. Adapter la tâche et l’environnement

○ Proposez des exercices courts, explicites et dénués d’ambiguïté.

○ Donnez des consignes détaillées, accompagnez-les d’une présentation orale ou visuelle de la tâche, puis vérifiez rapidement la bonne compréhension.

○ Utilisez des « feuilles de route » ou des schémas pour appuyer le déroulement des activités.

2. Instaurer une structure stable

○ Mettez en place une routine fixe : emploi du temps visible, rituels clairs en début et en fin de séance.

○ Organisez la classe en rangées face au tableau ; cela limite les distractions et favorise l’attention (Barkley, 2013 ; Dovis et al., 2016 ; Gremmen et al., 2016).

3. Réduire les sources de distraction

○ Favorisez un cadre calme : moins de stimuli dans l’espace de travail aide les élèves à se concentrer (Schmeier & Horeweg, 2018).

4. Clarifier les objectifs

○ Exposez clairement le but de chaque leçon pour orienter l’attention des élèves vers ce qui doit être acquis.

5. Anticiper le comportement attendu

○ Discutez avec la classe, avant de commencer, des attitudes et règles de travail que vous souhaitez observer (Horeweg, 2020 ; 2021).

6. Activer les connaissances antérieures

○ Sollicitez ce que les élèves savent déjà sur le sujet pour mobiliser leur mémoire de travail (Didau & Rose, 2019).

7. Enseigner la planification

○ Initiez-les à la réflexion préalable en utilisant, par exemple, des listes de vérification : ces outils facilitent l’organisation et préviennent les oublis.

8. Analyser les erreurs et trouver des solutions.

○ Après un écueil (comme un devoir laissé à la maison), échangez pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné et co-construisez des stratégies d’évitement plutôt que de réprimander.

9. Utiliser des supports dédiés

○ Des « cartes de conversation » sur les fonctions exécutives peuvent guider les échanges et renforcer la métacognition.

En appliquant ces principes, vous offrez aux élèves à faibles fonctions exécutives un environnement favorable à leur développement et à leur réussite.

Le « bon » moment, c’est toujours celui où nous sommes en bonne disposition : il dépend entièrement de l’état présent de la personne autiste (AS). En effet, nous pouvons nous tromper en évaluant notre propre niveau de fonctionnement. Lors d’une période de dépression, d’anxiété, de déconcentration ou de fatigue, une personne AS peut être temporairement incapable de mobiliser ses fonctions exécutives. À l’avenir, forte de son expérience, elle apprendra à repérer et à choisir les moments où elle se sent vraiment bien pour engager ses ressources dans une activité.

Gestion de l’attention

Certaines personnes AS rencontrent des difficultés à passer d’une tâche à l’autre de façon fluide : elles peuvent rester bloquées sur un point au détriment d’autres éléments importants. Là où les cerveaux allistiques disposent d’un « bouton rotatif » pour ajuster finement leur niveau d’attention, les personnes autistes semblent parfois fonctionner sur un interrupteur marche/arrêt.

Organisation de l’information

D’autres personnes AS ont du mal à trier et à catégoriser les données, ce qui se traduit par des espaces de vie souvent désorganisés : portefeuille, sac à main ou à dos, voiture, bureau, voire une pièce entière de la maison peuvent en pâtir.

Cognition sociale

Les chercheurs en cognition sociale ont identifié quatre étapes pour un comportement social réussi :

1. Collecter les informations pertinentes

2. Analyser ces informations

3. Porter un jugement sur la conduite à tenir

4. Mettre en œuvre la réponse appropriée

Fonctionnement en « pilote manuel »

La personne AS réalise chacune de ces étapes en « pilote manuel ». Lorsqu’elle est aguerrie, elle peut entrer dans un léger état de transe pour réduire l’activité mentale et laisser davantage de place à l’intuition : l’hémisphère droit (intuitif) prend le pas sur l’hémisphère gauche (rationnel), grâce à une inhibition modérée du cortex frontal. Pour accéder à cet état de transe, il s’agit d’abord de retrouver un calme intérieur – ou, parfois, un état de réjouissance – similaire à celui que connaissent les personnes non autistes (allistiques) lorsqu’elles passent naturellement en pilote automatique intuitif.

La mauvaise interprétation des signaux et des propos est fréquente. Les personnes concernées (AS) savent qu’elles commettent des maladresses sociales car elles perçoivent les réactions défavorables de leur entourage et peinent à atteindre leurs objectifs sociaux personnels.

Parmi les indices les plus courants :

● Être ignoré.

● Recevoir des remarques vagues ou indirectes (par exemple : « Vous êtes insensible » ou « C’était inapproprié ») sans aucun détail concret.

● Essuyer des réactions régulières de colère ou d’hostilité.

On observe également un manque d’amitiés satisfaisantes et peu d’occasions de rencontres, alors même que ces retours constituent des signaux utiles pour identifier les erreurs sociales. Toutefois, ils n’apportent pas les informations nécessaires pour progresser et réussir socialement. L’amélioration est possible, mais nous restons des personnes AS.

Enfin, être ignoré demeure très difficile à vivre : obtenir des réponses et vérifier sa compréhension exige beaucoup d’énergie.